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SAISON
2
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| L’ÉCOLE
DES TRAÎTRES
( SCHOOL FOR TRAITORS)

Tournage
: février 1963
Diffusion
: ITV, 9 février 1963 – 13ème
Rue, 12 mars 1998
Scénario
: James Mitchell
Réalisation
: Jonathan Alwyn
Julie
Stevens (Venus Smith), Melissa Stribling (Claire
Summers), Anthony Nicholls (Dr. Shanklin), John
Standing (East), Richard Thorp (Roberts), Reginald
Marsh (Higby), Frank Shelley (Pr. Aubyn), Frederik
Farley (One-Seven), Terence Woodfield (Green), Ronald
Mayer (Proctor), Barmaid (Jane Butlin), The Kenny
Powell Trio.
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| Résumé
À l'université où Venus Smith
a été invitée pour chanter
dans une fête, un universitaire est retrouvé
mort ! Venus l'ayant découvert prévient
la police et très vite Steed accourt... La
police pense qu'il s'agit d'un suicide. Steed, ayant
des soupçons, découvre que l'homme
mort était sous la menace d'une personne
qui travaillait avec lui.
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Critiques
Estuaire44
9 juillet 2007

Après
une excellente Boîte à trucs,
on tombe de haut, car au meilleur épisode
de Vénus Smith succède le plus mauvais
!
Vénus
elle-même se trouve à nouveau confinée
au simple rôle d’utilité, son
impact sur l’action se trouvant réduit
au minimum. Sa seule véritable intervention
sur l’intrigue est en fait passive, servant
sans le savoir de piège à espions
par un diabolique stratagème de son partenaire.
Julie Stevens apparaît heureusement aussi
pleine d’entrain qu’à l’accoutumée,
mais le nombre de scènes où elle peut
s’exprimer se réduit en peau de chagrin.
Son nouvel orchestre, le Kenny Powell Trio, semble
également moins performant, on reste notamment
nostalgique de la virtuosité du pianiste
du David Lee Trio. Heureusement, Vénus continue
à jouer plaisamment avec la caméra
lors de ses prestations, qui ne sont pas sans rappeler
le style des émissions de variété
de l’époque ! Ces chansons sont autant
de moments de joyeuse énergie, tranchant
agréablement avec la chape de plomb de l’épisode.
Vénus a vraiment de quoi apporter à
une histoire, encore faut-il que l’écriture
lui en laisse un minimum la possibilité.
Néanmoins
c’est surtout concernant Steed que l’épisode
se révèle particulièrement
calamiteux. On y retrouve en effet, de manière
exacerbée, tous les mauvais aspects des premiers
temps du personnage dont heureusement il se débarrassera
progressivement. Ici nous sommes face à un
individu assez sinistre, franchissant clairement
la ligne blanche envers sa collaboratrice. Il l’utilise
en effet comme une « chèvre »
pour attirer à elle ses adversaires et les
forcer à se révéler, sans même
lui en faire part, alors qu’elle a les capacités
de défense que l’on sait (celles-ci
culminent avec un vase brandi d’une manière
particulièrement menaçante…).
Ces cachotteries nous privent de plus de la scène
toujours très amusante d’embobinage
de la crédule Vénus. Steed s’autorise
également des gestes particulièrement
déplacés concernant l’état
mental de sa collaboratrice, indignes du gentleman
qu’il n’est décidemment pas encore
devenu ! À cet aspect particulièrement
cynique vient se rajouter un manque quasi-total
d’humour et de fantaisie. On a vraiment eu
rarement affaire à un Steed aussi quelconque
! Une fois de plus Macnee se voit privé de
toutes possibilités de faire briller sons
beau talent, tant son personnage demeure terne.
Sa couverture sert uniquement de prétexte,
sans mise en scène des morceaux de bravoure
qui triompheront dans les saisons ultérieures.
L’intrigue
part d’une idée astucieuse, mais son
déroulement ne tient pas la route. En effet
comment croire que ces étudiants, supposés
intelligents et instruits, se laissent manipuler
sur des années par la fausse signature d’un
chèque qui n’est même pas à
leur nom ? Comment pourrait-on prouver que ce sont
eux les signataires ? Dans un épisode ultérieur
où régneraient fantaisie et excentricité
cela ne poserait que peu problème, mais dans
une histoire d’espionnage classique, présentée
comme à peu près réaliste,
cela apparaît inacceptable. C’est l’un
ou l’autre, il faut choisir. Le ridicule culmine
quand les maîtres chanteurs exercent leur
escroquerie de pacotille (on se croirait chez les
Pieds Nickelés) envers l’étudiant
le plus dégourdi de tous, alors qu’ils
devraient normalement rechercher les plus fragiles.
Et c’est cela qui fait capoter leur affaire,
bien plus que les efforts de Steed… Surtout,
l’intrigue se voit délayée dans
de multiples scènes de bavardage, dépourvues
du moindre intérêt, où l’on
recherche vainement la moindre répartie amusante.
Après avoir subi cette purge, on pique une
sainte colère à voir l’épisode
se conclure d’une manière absurdement
simpliste et précipitée. Tout ça
pour ça !
Ces
ennuyeuses discussions sont de plus filmées
au kilomètre, sans aucun soupçon d’inventivité,
avec une accumulation de gros plans sur les visages
qui devient vite étouffante. Saturé
par ce grésillement ininterrompu, le spectateur
perd rapidement tout intérêt pour cette
histoire, d’autant que celle-ci s’insère
dans des décors peu convaincants, l’impression
d’enfermement se voyant renforcée par
l’absence totale de vues extérieures.
Les
personnages secondaires s’avèrent inégaux
mais, si certains revêtent un réel
intérêt, aucun n’a la flamme
suffisante pour pallier aux criantes insuffisances
du couple principal. Néanmoins East, nettement
le plus intéressant de tous, n’est
pas loin de voler la vedette (un comble !) à
un Steed en très petite forme !
Le
doyen félon (superbe Anthony Nicholls) paraît
très convaincant, la scène où
il jette le masque demeurant la meilleure de l’épisode.
On observe qu’elle se déroule sans
Steed ni Vénus… Melissa Stribling campe
une femme fatale réussie, dont la cruauté
apporte un peu de piment à la soupe fadasse
qu’est cet épisode. Par contre Higby
et Roberts (stupidement envoyé au casse-pipes
par un Steed décidément peu inspiré)
ne présentent aucun intérêt,
à part une transparence assez remarquable
et une active participation à ces scènes
de bavardage insupportables qui remplissent à
ras bord l’épisode.
Il
en va de même pour le Pr. Aubyn, à
l’humour pesant et répétitif,
qui aurait pu au moins servir à susciter
une fausse piste, mais cela aurait demandé
un minimum de travail d’écriture. One-Seven
se révèle un piètre interlocuteur
pour Steed, avec qui aucun lien particulier n’est
créé. Leur discussion ne sert qu’à
mettre platement en place le décor. Il précise
inutilement où il réside, puisque
nous ne le verrons plus par la suite, sans que cela
nous manque vraiment.
East,
interprété avec panache par John Standing,
se montre aussi intelligent qu’observateur,
même si sans scrupules excessifs et coureur
de jupons invétéré. Il fait
un peu penser à un Simon Templar qui n’aurait
pas encore achevé sa formation ! On se surprend
à constater qu’il a régulièrement
de l’avance sur un Steed décidemment
en panne d’inspiration. Avec un petit effort
il aurait pu résoudre l’affaire tout
seul, faisant ainsi gagner du temps à Steed,
et surtout au spectateur…
EN
BREF : À cette école c’est
principalement Steed qui apprend à être
trahi, par ses auteurs ! Devant cet épisode
singulièrement ennuyeux et bavard, au lieu
de tant citer le Dr Johnson ces derniers auraient
dû le méditer : « Un Français
doit toujours parler, qu'il soit au courant de ce
dont il parle ou non ; un Anglais est content de
ne rien dire quand il n'a rien à dire ». |
| Vidéo
Steed
au secours de Vénus !
Informations
complémentaires
Tournage
Continuité
o
L’ombre d’un micro passe sur la tête
de Steed lors de sa toute première rencontre
avec Vénus (06’37’’) :

o Claire
caresse un petit crocodile (22'56’’)
qui a tout l’air d’un jouet en plastique
! :

o
Julie Stevens se trompe dans son texte et en bafouille
(28’58’’). Surpris, Patrick Macnee
se met à oublier lui aussi son texte, avant
de se reprendre magistralement au bout de quelques
secondes ! Les conditions d’enregistrement
en quasi direct de l’époque nous offrent
ainsi, de très loin, la scène la plus
amusante de l’épisode !
o
Quelque chose passe très rapidement devant
la caméra, au moment où Higby va pénétrer
dans l’appartement de Claire où Steed
et Vénus sont dissimulés (46’13’’).
Détails
o Le générique a évolué
pour s’accorder à la nouvelle coupe
de Vénus Smith.
o Omniprésent durant tout l’épisode,
Samuel Johnson se voit cité à de multiples
reprises : « Monsieur, je vous ai trouvé
une controverse, je ne suis pas obligé de
vous trouver un accord », « Les céréales
qui en Angleterre sont données aux chevaux,
font en Écosse vivre les gens », «
La plus noble ambition dans la vie d’un homme,
c’est la grande route vers Londres »,
« La canne à pêche est un bâton
avec un crochet à un bout, et un imbécile
à l’autre ». De plus Shanklin
a dissimulé la liste de ses recrues dans
un exemplaire de la fameuse biographie écrite
par Boswell !
o Vénus interprète pas moins de trois
chansons ! En plus de son répertoire habituel
de grands succès du jazz (Varsity drag,
Put on an happy face), elle danse également
un cha-cha-cha endiablé avec East. Importé
en Europe dans les années 50 par l’Anglais
Pierre Lavelle, cette danse connaît encore
un vif succès lors du tournage de l’épisode.
Yellow Bird, avec de nouveau le persévérant
East qui l’accompagne à la guitare,
est un calypso traditionnel Jamaïcain.
o À plusieurs reprises Steed reprend Vénus
pour qu’elle utilise un terme poli concernant
le renvoi de Green. On peut y voir un clin d’œil,
Macnee lui-même ayant été expulsé
d’Eton !
o Steed doit retirer prestement son chapeau melon
et son parapluie pour aider Vénus dans une
tâche domestique. Au vu de l’épisode,
on ne peut s’empêcher de penser que
leur apparition était effectivement prématurée…
Ils refont toutefois apparition pour le tag
final.
o Samuel Johnson (1709-1784) :
Souvent appelé le Docteur Johnson, il est
un des écrivains anglais les plus prestigieux.
Après avoir publié un nombre considérable
d’écrits en tous genres (dont des comptes-rendus
de séance parlementaire et des catalogues
de vente !) il accède à la gloire
par son livre le plus célèbre, A
dictionnary of the English language, paru en
1755 après une rédaction s’étendant
sur presque toute une décennie. Établissant
les canons de la langue anglaise avec un retentissement
se prolongeant encore de nos jours, il est confirmé
par l’autorité royale qui lui versera
par la suite une pension. Plus tard, le Dr. Johnson
écrira de nombreux ouvrages littéraires
ou philosophiques, cet esprit puissant et érudit
s’affirmant comme l’un des plus grands
défenseurs de l’esprit des Lumières.
On lui doit également de nombreuses citations
brillantes et acides demeurées fameuses.
Sa vie nous est contée par son ami et disciple
Boswell, cette biographie demeurant considérée
comme l’une des meilleures jamais écrites.
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| Acteurs
– Actrices
o
Melissa Stribling (1927-1992) a
joué dans deux autres épisodes : Hunt
the man down (saison 1), et Les anges de
la mort (saison 8, The New Avengers).
Elle a participé à plusieurs séries
des années 60 et 70 (Benny Hill, Crossroads..).
Au cinéma, son film le plus connu est Le
Cauchemar de Dracula, où elle fait face
à deux illustres invités des Avengers,
Peter Cushing et Christopher Lee, mais aussi à
Michel Cough, le futur Dr Amstrong, père
des cybernautes !
o
Anthony Nicolls (1902-1977) apparaît
également dans l’épisode Georges
et Fred (saison 6). Acteur reconnu du théâtre
shakespearien, il a participé à de
nombreuses séries (Le Saint, Cosmos 1999…)
mais demeure avant tout célèbre pour
son rôle du supérieur des Champions,
le Commandeur W. L. Tremayne.
o
Sir John Standing (1934) est un
acteur très populaire en Angleterre, à
l’écran comme sur les planches. Il
appartient à une famille anoblie de comédiens
prestigieux. Sa carrière, encore active,
comporte de nombreuses apparitions dans des séries
(Le Saint, Destination Danger, Lexx…)
comme au cinéma (Elephant Man, Chaplin,
V pour Vendetta…).
o
Richard Thorp (1932). Acteur régulier
des séries britanniques, son rôle le
plus connu demeure Alan Turner qu’il incarne
depuis… 1982 (!) dans le soap Emmerdale.
Linda Thorson, qui y participe également
depuis 2006, a de beaux jours devant elle !
o
Reginald Marsh (1926-2001) a connu
une longue carrière (Le Baron, Les Champions,
Coronation Street…) avant de se retirer
pour participer activement à des œuvres
de charité luttant contre les handicaps,
son fils étant trisomique.
o
Frank Shelley (1912-2004) a fait
quelques apparitions à l’écran
(Les Vestiges du jour, 1993), mais l’essentiel
de sa carrière s’est déroulée
au théâtre, où il était
notamment réputé pour le timbre effectivement
très particulier de sa voix ! Il connaît
bien le monde à part des universités
anglaises, étant diplômé d’Oxford.
o Julie Stevens (1936) a suivi
des études d’infirmière puis
fait du théâtre avant de se lancer
à la télévision. Malgré
ses apparitions dans d’autres séries
télévisées (Z Cars, Girls
about town…), son rôle le plus
important demeure celui de Vénus Smith :
une chanteuse de music-hall, collaboratrice occasionnelle,
et parfois involontaire, de Steed. Elle apparaîtra
dans six épisodes de la saison 2 : Le
décapode, Tueurs à gage, La boîte
à trucs, L’école des traîtres,
L’homme dans le miroir et Le clan
des grenouilles, où elle interprète
à chaque fois au moins un numéro musical.
Une grossesse et le succès de Cathy Gale
entraîneront son départ. Julie Stevens
demeure principalement connue comme animatrice d’émissions
de télévision pour la jeunesse. Elle
a ainsi animé, au début des années
60, The Sunday breaks (ABC), un programme
religieux pour adolescents, puis, durant les années
70, Play school (BBC), destiné à
la petite enfance. En 1989, elle crée même
de nouvelles chansons pour l’émission
enfantine de la BBC Look and Read !
À
noter que…
o On peut véritablement
s’interroger sur ce choix de la saison 2 de
multiplier ainsi les supérieurs de Steed.
Outre le fait de donner un air d’armée
mexicaine au Ministère, cela empêche
d’approfondir les relations entre les personnages.
La saison 6 choisira judicieusement l’option
radicalement contraire grâce à l’irrésistible
personnage de Mère-Grand, avec le succès
que l’on sait. Seul One-Ten émerge
quelque peu du lot, en se rapprochant d’ailleurs
de son illustre successeur.
o L’épisode fait penser à
L’économe et le sens de l’histoire
(saison 4), se déroulant également
dans le milieu universitaire. La comparaison n’est
guère flatteuse pour L’école
des traîtres…
o James Mitchell (1926-2002) a
écrit cinq épisodes : Death on
the sleepway, Kill the King (saison 1), L’argile
immortelle, L’école des traîtres
(saison 2) et L’homme aux deux visages
(saison 3). Il a également participé
à d’autres séries (Z Cars,
Callan…)
o Jonathan Alwyn (1940) a dirigé
sept épisodes : Missive de mort, Combustible
23, Festin de pierres, Inter-Crime, L’école
des traîtres (saison 2), Le marchand
de secret, Le retour du traître (saison
3). Sa carrière de réalisateur (Armchair
Theatre, The rivals of Sherlock Holmes…)
et de producteur (Maigret, the rivals of Sherlock
Holmes…) s’est prolongée
jusque dans les années 90.
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Fiche de L'école des traîtres
des sites étrangers :
En
anglais
http://theavengers.tv/forever/gale1-20.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/season2/220.html
http://deadline.theavengers.tv/GaleS1-20-SchoolForTraitors.htm
En
flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/gale21.htm
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