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SAISON
3
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BALLES COSTUMÉES
( DRESSED TO KILL)

Tournage
: décembre 1963
Diffusion
: ITV, 28 décembre 1963 – 13ème
Rue, 4 juin 1998
Scénario
: Brian Clemens
Réalisation
: Bill Bain
Leonard Rossiter (Robin Hood), Alexander Davion
(Napoleon), Richard Leech (Policeman), John Junkin
(Sheriff), Anneke Wills (Pussy Cat), Anthea Wyndham
(Highwaywoman), Leon Eagles (Newman), Frank Maher
(Barman), Peter Fontaine (1st officer). |
| Résumé
À travers tout le pays, des dysfonctionnements
répétés apparaissent dans les
dispositifs de détection de missiles. Parallèlement,
de mystérieuses acquisitions de terrains
se déroulent autour de ces bases militaires.
Steed se porte candidat à l’achat d’une
parcelle, avant de répondre à l’invitation
d’un de ses amis à un réveillon
du Nouvel An se déroulant dans un train.
Les différents invités découvrent
à un moment que le wagon a été
détaché du train et qu’ils se
retrouvent isolés dans une gare abandonnée.
En fait ce sont tous des acquéreurs de parcelles
que le gang adverse veut empêcher de participer
à la vente du lendemain. Ils subissent des
agressions de la part de la bande, qui de plus a
infiltré l’un de ses membres parmi
eux. Steed avait heureusement anticipé le
piège et Cathy Gale s’était
discrètement introduite dans le train. À
eux deux ils découvrent qui est l’espion
et mettent ses complices hors d’état
de nuire. |
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Critiques
Estuaire44
12 juin 2008
   
Balles
costumées présente le vif intérêt
de contenir en germe les idées reprises par
plusieurs autres histoires de Brian Clemens (Les
fossoyeurs, Une petite gare désaffectée...)
ce qui donne beaucoup de plaisir ludique à
sa vision. Mais la principale filiation se distingue
dans Le dernier des sept (saison 5), à
la progression dramatique très similaire.
Autant
le dire d'emblée, d'une manière encore
plus évidente que pour Ne vous retournez
pas/Le joker, l'avantage paraît clairement
revenir à la première version. En
effet, là où Le dernier des sept
se contentait de poser une situation, puis d'aligner
des assassinats répétitifs, Balles
costumées développe une véritable
intrigue, beaucoup plus dense et sophistiquée.
Les rebondissements et coups de théâtre
divers paraissent bien plus inattendus et variés
ici. Au lieu d'un enchaînement mécanique
et prévisible des meurtres, c'est un véritable
suspense de haute volée qui se met en place.
L'épisode
conquiert également car il abandonne totalement
les récits parfois statiques et verbeux de
l'époque Cathy Gale pour introduire nettement
plus de dynamisme et d'action. Cet habile glissement
d'une joyeuse fête à un huis clos oppressant
s'effectue avec l'habileté consommée
et le grand talent de conteur coutumiers chez Clemens.
L'étrangeté de la situation finit
également par flirter avec le Fantastique,
avec un ton similaire à de nombreux épisodes
de La Quatrième Dimension, ce qui
ne saurait déplaire ! Le rythme soutenu de
l'intrigue se teinte également d'un humour
souvent réjouissant, bien dans la veine
Avengers.
Certes
ce brillant récit ne va pas sans invraisemblances.
Si les adversaires veulent tuer tous les convives,
qu'attendent-ils ? On se demande pourquoi au juste
le chef de la bande prend le risque de s'insérer
parmi les invités. Qu'en retire-t-il exactement
? Et puis tout de même on s'étonne
de ne voir personne se rendre compte de la substitution
opérée par Cathy Gale ! Mais tout
ceci demeure acceptable au moment où la série
embrasse pleinement la fantaisie et n'entrave en
rien le plaisir éprouvé à suivre
le cours si imaginatif de la plume de Brian Clemens.
Le
succès de l'épisode ne serait certes
pas aussi complet sans l'admirable travail de mise
en scène accompli par Bill Bain, dont on
assiste ici à la meilleure réalisation.
En alternant habilement les vues et les angles de
caméra les plus astucieux, il parvient à
insuffler une vie étonnante à cette
action se déroulant dans un espace très
limité. Les scènes d'action montrent
une vraie efficacité et un panache certain,
tandis que le duel final de Western laisse loin
derrière les fusillades parfois approximatives
de l'époque. À ce propos, Johnny Dankworth,
dont la musique a parfois été taxée
de répétitive, apporte ici un solide
démenti, avec une musique hollywoodienne
de Western plus vraie que nature ! Elle appuie très
efficacement l'amusante apparition de Steed en cow-boy
et le duel final. Les décors restent convaincants
à défaut d'enthousiasmants et ne viennent
pas entacher la belle mise en scène de l'épisode.
En comparaison avec ce dynamisme constant, le tag
final s'avère par contre bien terne et convenu.
Cette seule petite fausse note de l'épisode
demeure toutefois bien secondaire !
Les
convives constituent un atout majeur de Balles
costumées. Ils apparaissent en effet
bien plus construits que les abstractions schématiques
du Dernier des sept (hormis Hana Wilde).
Ces personnages bénéficient tous ici
d'une véritable et savoureuse personnalité,
conférant nettement plus de force et d'intensité
à l'épisode. Ces caractères
vont d'ailleurs élégamment de pair
avec les costumes, soit d'une manière directe
pour le policier ou Pussy Cat, soit plus ironiquement
avec l'homme d'affaires vulgaire et égoïste
grimé en Robin des Bois. Le vil adversaire
est, lui, bien entendu déguisé en...
Napoléon ! Le casting est lui aussi très
relevé, chacune des célébrités
présentes prenant visiblement à cœur
de défendre au mieux son personnage !
De cet excellent ensemble se détache l'espiègle
Pussy Cat, dont le caractère déluré
nous vaut des scènes particulièrement
amusantes avec Steed ! La ravissante Anneke Wills,
au charme si délicieusement Sixties,
crève vraiment l'écran et apporte
beaucoup de vie et fantaisie à l'histoire.
Elle se montre beaucoup plus aguichante envers Steed
que ne le sera jamais Polly avec le Docteur !
Le
duo d'Avengers nous régale également
d'un véritable festival tout au long de l'épisode.
Leurs scènes communes apparaissant véritablement
hilarantes, que cela soit dans l'appartement dévasté
de Steed ou lors de sa tentative de séduction
avortée de Pussy Cat, sous l'œil finalement
plus amusé qu'agacé de Cathy. L'entrée
en scène de cette dernière s'effectue
de manière beaucoup plus claire et structurée
que l'intervention miraculeuse de Mrs Peel dans
Le dernier des sept. On remarque par ailleurs
qu'elle a considérablement rentré
ses griffes, avec des remarques certes critiques,
mais beaucoup moins acides qu'elles ne l'auraient
été jadis dans des circonstances similaires.
Brian Clemens montre visiblement de l'inclination
pour un couple de héros très complices...
Steed assure magnifiquement le spectacle, pétillant
d'esprit en toutes circonstances et troquant superbement
le chapeau melon pour celui de cow-boy !! Clemens
a admirablement appréhendé toute la
dimension du personnage, encore magnifié
par Patrick Macnee, que l'on sent porté par
un plaisir de jouer réellement palpable.
EN
BREF : Suspense, action, humour,
tout concourt à l’étonnant succès
de l’épisode, bien supérieur
à sa copie de la période Emma Peel.
Les seconds rôles s’avèrent particulièrement
savoureux, au premier rang desquels la féline
Pussy Cat ! |
| Vidéo
Steed
tente de séduire Pussy Cat !
Informations
complémentaires
Tournage
Continuité
o La même jeune femme en tenue des Mille
et Une Nuits monte à deux reprises dans
le train ! (7’10’’ et 11’10’’)
o
Les attaches collantes du postiche du faux contrôleur
paraissent particulièrement évidentes.
Un morceau dépasse même sur les lèvres
! (11’14’’)

o
Quand Steed proclame qu’il est minuit, on
s’aperçoit sur sa montre qu’il
manque à peu près 50 secondes (17’14’’)
:

Détails
o
Toujours grande voyageuse, Cathy revient de Marrakech
au début de l’épisode.
o L’ours en peluche dans l’appartement
de Steed (5’03’’) est très
probablement le même que celui vu dans l’antre
de Monsieur Nounours (saison 2).
o Diffusé le 28 décembre 1963, cet
épisode correspond effectivement aux fêtes
de fin d’année. Le thème de
Noël apparaît également dans Faites
de beaux rêves (saison 4, diffusé
le 25 décembre 1965), ainsi que, d’une
manière décalée, dans Noël
en Février (saison 6, diffusé
cette fois en avril 1969 !).
o Les villes de Smallwood et Paddy n’existent
pas. On peut remarquer que Paddy est un diminutif
souvent utilisé pour Patrick.
o Le train démarre de la gare de Paddington,
pour ensuite passer par : Banbury, Wolverhampton,
Wellington, Shrovesbury, Wrexham et Chester. Le
wagon des invités est par contre détaché
dans la gare abandonnée de Badger's Mount.
o Steed se montrera plus habile pour ouvrir une
paire de menottes dans Un dangereux marché
(saison 6) où il bat largement le record
enregistré à l’entraînement,
soit 32 secondes !
o Bexhill-on-sea, pour laquelle on aperçoit
une grande publicité, est une petite ville
située sur la côte sud-est de l’Angleterre,
dans le Sussex de l’Est. Depuis 1890 sa station
balnéaire est très réputée,
pour son climat et sa plage, mais aussi pour son
hôtel constituant le premier exemple anglais
d’Architecture Moderne. Sa Promenade ornementée
sur le front de mer est également très
connue. Bexhill-on-sea a vu se dérouler les
premières courses automobiles relevées
en Grande-Bretagne (1902). Desmond Llewelyn, interprétant
Q dans la plupart des James Bond, y vécut
jusqu’à sa mort en 1999.
  
o
Paddington et Waterloo : Steed
débute son voyage à la gare de Paddington,
dont on aperçoit le toit à verrières
caractéristique (1854). Cette gare très
importante (1838), située près de
Westminster, dessert l’ouest de l’Angleterre,
le sud du Pays de Galles et Heathrow. Elle fut le
point de départ du premier métro londonien
(1863), dont elle demeure aujourd’hui un point
névralgique. Elle donne son nom au fameux
Ours Paddington, qui y fut trouvé en provenance
du Pérou ! Une statue de cette figure de
la littérature enfantine se trouve d’ailleurs
dans le hall principal. Les Avengers rentrent à
Londres par Waterloo Station (clin d’œil
à Napoléon !). Ce vaste ensemble,
desservant le sud-ouest de l’Angleterre, fut
inauguré en 1848 et totalement reconstruit
de 1900 à 1922, pour faire face à
l’explosion du trafic. La splendide gare internationale
(1990), destinée aux Eurostars, fut fermée
en novembre 2007, suite à son remplacement
par celle de Saint-Pancras. Son emploi futur demeure
indéterminé. London Necropolis, annexe
du bâtiment principal détruite durant
la Guerre, transportait les cercueils jusqu’à
l’immense cimetière de Brookwood !
 
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| Acteurs
– Actrices
o Richard Leech (1922-2004) a joué
dans trois autres épisodes : Un traître
à Zébra (saison 2), Mission
très improbable (saison 5) et Visages
(Saison 7, The New Avengers). Médecin
et auteur régulier dans la revue internationale
World Medecine avant de faire ses débuts
de comédien, il se spécialisera dans
les rôles de docteur ou de militaires durant
une brillante carrière s’étendant
sur un demi-siècle. Il a connu une véritable
notoriété tant au cinéma (Young
Winston, 1977 ; Gandhi 1982) qu’à
la télévision (Destination Danger,
Le Saint, Dr Who…). Alec Guiness est
le parrain de l’un de ses enfants.
o Alexander Davion (1929) était
indiqué pour jouer Napoléon, car il
naquit en France ! Figure régulière
des séries britanniques et américaines
(Le Saint, Thriller, Perry Mason…),
il demeure surtout connu pour son rôle récurrent
du Chef Inspecteur David Keen, le collègue
de George Gideon (Gideon’s Way, 1965-1966).
o John Junkin (1930-2006) conut
une carrière aux multiples facettes : radio,
théâtre, télévision,
cinéma. Il écrivit également
de nombreux scénarios de comédies
(The army game, The world of Beachcomber…).
Il connut une grande popularité dans des
rôles humoristiques durant les années
60 et 70 (Coronation Street, Softly Softly,
Up Pompéï…)
o
Frank Maher est également
présent dans les épisodes, Le
cinq novembre, Les petits miracles (saison
3) et Meurtre par épisodes (saison
5). Il est la doublure de Patrick MacGoohan dans
Le Prisonnier. Il a joué aussi dans
Destination Danger, L'Homme à la Valise,
Le Saint, Amicalement Vôtre, Cosmos 1999.
o Leonard Rossiter (1926-1984)
fut d’abord un employé d’assurances,
avant de devenir comédien à 27 ans.
Il connut un grand succès au théâtre
ainsi qu’au cinéma, où il tourna
notamment dans deux films de Kubrick : 2001,
Odyssée de l’Espace (1968) et
Barry Lindon (1975). Il connu la consécration
au petit écran avec Rising damp
(1974-1978) et The fall and rise of Reginald
Perrin (1976-1979). Il mourut soudainement
d’un arrêt cardiaque juste avant de
monter sur la scène du Lyric Theatre.
o Anneke Wills (1941) apparaît
également dans l’épisode Un
petit déjeuner trop lourd (saison 5).
Elle débute très jeune sa carrière
dans des séries pour enfants (The Railway
Children, 1957), avant de beaucoup tourner
durant les années 60 (Le Saint, Strange
Report, No hiding place…). Elle demeure
avant tout dans les mémoires pour le rôle
de Polly, un des plus importants Compagnons des
premières saisons de Doctor Who.
Elle abandonne sa carrière pour une retraite
spirituelle aux Indes et de nombreux voyages. De
retour en Angleterre elle connaît la réussite
en tant que décoratrice d’appartements.
Toujours très populaire parmi les admirateurs
du Docteur, elle participe régulièrement
aux conventions et événements consacrés
à la série. Parue en 2007, la première
partie des mémoires de cette proche de Mary
Quant et de nombreuses personnalités de l’époque,
connaît un grand succès pour sa vivante
description du Swinging London. De 1962 jusqu’à
leur divorce en 1979, elle fut l’épouse
de Michael Gough, l’interprète du Dr
Amstrong (Les Cybernautes, saison 4).

À
noter que…
o Brian Clemens
recyclera des idées contenues dans Balles
costumées lors de plusieurs épisodes
: le sujet principal (Le dernier des sept,
saison 5), la gare abandonnée au nom dissimulé
par une fausse pancarte (Une petite gare désaffectée,
saison 6), l’installation de dispositifs autours
des bases militaires britanniques (Les fossoyeurs,
saison 4), et le duel de Western (Je vous tuerai
à midi, saison 6).
o Le gag du pistolet à drapeau connaît
visiblement une grande popularité auprès
des auteurs de la série car il apparaît
dans pas moins de trois épisodes : Mort
d’un grand danois (saison 2), Balles
costumées et Clowneries (saison
6). C’est d’ailleurs à chaque
fois le même objet qui est utilisé
!
 

o
D’autres imitations de cow-boys apparaissent
dans la série : Hana Wilde, incarnée
par Charlotte Rampling dans Le dernier des sept
(saison 5), Mrs Peel lors de l’hallucination
de Steed dans La poussière qui tue
(saison 4), un client de l’agence QQF (Du
miel pour le prince, saison 4), Mrs Peel et
Stewart Kirby s’affrontant dans un décor
de saloon (Caméra meurtre, saison
5) et Maxie, qui se déguisera ainsi (entre
autres !) lors de la bagarre finale avec Steed dans
Clowneries (saison 6).
o Bill Bain (1930-1982) réalisa
pas moins de sept épisodes des Avengers
: Les fossoyeurs, Le cinq novembre, La cage
dorée, Mandrake, Les charmeurs (saison
3) et Les espions font le service (saison
4). Il participa régulièrement à
plusieurs séries à succès :
Armchair Theatre, Tne Duchess of Duke Street, Upstairs,
Downstairs… Pour cette dernière
série, il remporta l’Emmy Award de
la meilleure mise en scène, en 1975.
o Frank Maher est également
présent dans les épisodes, Le
5 novembre, Les petits miracles (saison 3)
et Meurtre par épisodes (saison
5). Il est la doublure de Patrick MacGoohan dans
Le Prisonnier. Il a joué aussi dans
Destination Danger, L'Homme à la Valise,
Le Saint, Amicalement Vôtre, Cosmos 1999.
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| Fiche
des Balles costumées des sites étrangers
:
En
anglais
http://theavengers.tv/forever/gale2-14.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/gale/318.html
http://deadline.theavengers.tv/GaleS2-14-DressedToKill.htm
En
flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/gale41.htm
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