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CAMÉRA
MEURTRE
(EPIC)

Steed
catches a falling star – Emma makes a movie
Tournage
: Terminé le 27 février 1967
Diffusion
: ITV, 1er avril 1967 – 2e Chaîne
ORTF, 6 août 1968
Scénario
: Brian Clemens
Réalisation
: James Hill
Peter Wyngarde (Stewart Kirby), Isa Miranda (Damita
Syn), Kenneth J. Warren (Z. Z. von Schnerk), David
Lodge (Policeman), Anthony Dawes (Actor).
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Résumé
Mrs
Peel est retenue prisonnière dans des studios de
cinéma désaffectés. Un producteur, aidé de deux
acteurs sur le déclin, veut relancer sa carrière
en tournant la destruction de Mrs Peel. Steed arrivera-t-il
à temps pour sauver sa partenaire ?
Épilogue
Steed et Mrs Peel se refusent à aller voir un film
avec Stewart Kirby et préfèrent passer la soirée
"à la maison". Emma pousse alors le mur
de son "appartement" et le spectateur
se rend compte que les Avengers sont encore dans
le studio.
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Critiques
Denis
Chauvet

Avis
: Aimé ou détesté,
Epic est un incontournable de la cinquième
saison ; Mrs Peel est confrontée à
un trio infernal magistralement interprété
qui nous permet, de surcroît, de visiter l’envers
du décor des Avengers. Brian Clemens
prouve à cette occasion qu’il est le
moteur de la série et James Hill démontre
qu’il en est bien le meilleur réalisateur.
De la pure satire à prendre au second degré.
La tenue vert pomme de Mrs Peel renforce le côté
irréel de cette aventure loufoque qui a une
place controversée parmi les fans. Les différents
tableaux caractérisant le cinéma accentuent
le côté satirique et soulignent l’aspect
inclassable de la série. La scène
du mariage enterrement est inoubliable, agrémentée
par la réplique de Peter Wyngarde : "Mrs
Peel, we’re waiting for you !".
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Critiques
Steed3003
2 février 2005
   
Autant Brian Clemens est d'ordinaire un scénariste
inégal, autant quand il s'agit de faire passer à
ses héroïnes un sale moment, il est brillant. Ne
vous retournez pas, L'héritage diabolique
ou Le joker sont autant de chefs-d'œuvre.
Mais qu'en est-il de Caméra meurtre ?
Autant
rompre le suspense tout de suite : Brian Clemens
a tout simplement écrit ici son meilleur scénario.
Les superlatifs manquent pour le qualifier. Tout
d'abord, comme très souvent chez les Avengers,
il se montre remarquablement moderne, Brian Clemens
abordant indirectement le sujet de la téléréalité.
Le réalisateur Z.Z. von Schnerk ne veut-il pas faire
de Mrs Peel une "star", recherchant en elle des
réactions les plus spontanées, allant jusqu'à entraîner
sa mort en direct pour "parachever son chef-d'œuvre".
Cette critique, très sous-jacente il est vrai, des
dérives de la télévision et du cinéma est des plus
pertinentes : jusqu'à quelle folie peut aller l'humain
au nom de l'art et du divertissement ? Si Brian
Clemens n'apporte pas de réponse, la question a
au moins le mérite d'être posée. D'autres symboles
du même type émaillent l'épisode : comme mettre
en parallèle le mariage et l'enterrement de Mrs
Peel ? Brian Clemens, qui n'a jamais lui-même été
marié, nous donne là une vision bien pessimiste
du mariage, signifiant la mort de l'individu ! Mais
bon, ne faisons pas passer la série pour du Prisonnier
bis, ce qu'elle n'a jamais été, mais nous remarquerons
néanmoins que la série a différents niveaux de lecture
et se révèle parfois bien plus fine qu'elle n'y
paraît. Mais, Caméra meurtre, ce n'est
pas seulement ça, c'est aussi de la gaudriole vivifiante.
En effet, cet épisode est de toutes les outrances.
Ainsi, si la série se moque souvent d'un genre en
particulier (le whodunnit avec Le dernier
des sept, le film d'horreur avec Le mort
vivant, le western avec Je vous tuerai
à midi... ), Brian Clemens se moque de tous
ces films pompeux qui se prennent trop souvent au
sérieux, passant ainsi à la moulinette quasiment
tous les genres : horreur, western, policier, historique,
drame... Ceux qui font ce cinéma sont aussi
passés à la moulinette : les gloires
déchues, les réalisateurs mégalomanes, les figurants
naïfs... L'épisode n'épargne rien ni personne avec
un plaisir évident et des plus communicatifs. Pourtant,
cet épisode totalement délirant et à la trame inhabituelle
(la série réussit à se renouveler, c'est tout à
son honneur) est extrêmement bien structuré, avec
un rythme qui ne faillit pas et un enchaînement
tout à fait logique. Chapeau l'artiste ! Il s'amuse
même avec les codes du genre : les nombreux
faux-semblants inhérents au monde du cinéma (les
pistolets tirent à blanc, les policiers s'avèrent
être des figurants...) sont parfois vrais (le meurtre
du teaser, Mrs Peel assommant Steed avec
une chaise qu'elle croyait en toc... ) Tous les
personnages de l'épisode sont autant de personnages
inoubliables : Z.Z. Von Schnerk, Stewart Kirby et
Isa Miranda sont les meilleurs méchants de cette
saison. Des méchants outranciers, caractériels et
mégalomanes, mais terriblement attachants et désabusés
; ils possèdent une épaisseur, malgré leur aspect
ultra stéréotypé. Enfin, que dire du tag
final, superbe clin d'œil au téléspectateur (la
série si proche des Avengers, Clair de Lune,
réutilisera souvent le même principe) et prouvant
au passage que la série, elle, ne s'est jamais prise
au sérieux. Et c'est bien là une de ses principales
qualités. En bref, voilà une mise en abyme de la
série très intelligente ; bourrée d'humour et de
second degré, un scénario d'une rare richesse, avec
une scène finale haletante. Une incontestable réussite
!
Pour un scénario pareil, le choix de James Hill,
l'un des meilleurs réalisateurs de la série (Le
fantôme du château De'Ath ou Clowneries)
s'avérait des plus judicieux. L'épisode est visuellement
très riche, des plus colorés. Tout à fait, dans
le ton excessif du scénario. La qualité artistique
est énorme, la série est à son apogée. C'est simple,
chaque plan est un régal. Non seulement le travail
est soigné, mais le très inspiré James Hill réussit
à nous faire pénétrer dans le monde du cinéma, et
ses différents univers, avec un rare bonheur. Tant
dans les scènes d'action que de comédie et de suspense,
James Hill s'avère excellent. Il y a même quelques
scènes quasiment oniriques (l'enterrement de Mrs
Peel, par exemple) vraiment stylisées. Comme souvent
chez lui (cf Pour attraper un rat, Clowneries),
la direction d'acteurs est excellente : avec des
rôles sur mesure, Peter Wyngarde, Isa Miranda et
Kenneth J. Warren (particulièrement bien doublé
en VF) se révèlent impériaux, leur jeu outrancier
collant parfaitement au ton de l'épisode. Diana
Rigg offre elle aussi une très belle performance.
En bref, une réalisation digne du cinéma (pour un
épisode qui s'en moque, c'est déjà pas mal !), rehaussant
encore plus la qualité du scénario. La meilleure
réalisation de James Hill pour la série, sans aucun
doute.
Emma
Peel est soumise, pour la deuxième fois dans la
série après L'héritage diabolique, à rude
épreuve dans cet épisode, où Steed n'est que très
peu présent. Elle garde néanmoins tout son humour
et sa nonchalance habituelle (il faut voir sa réaction
tout juste amusée quand elle apprend qu'elle va
se faire tuer, c'est extraordinaire !). Son personnage
s'affirme ici comme un personnage féminin fort ;
prenant même parfois des airs de macho (voir ce
geste des plus masculins à 30'56" ou quand elle
parodie le lion de la MGM). Mais, c'est tout de
même ce bon vieux Steed qui lui sauve la vie !
Les
extérieurs de campagne au début de l'épisode (quand
Stuart Kirby, déguisé en vieille dame, filme Mrs
Peel sur une bicyclette) sont des plus verts et
ensoleillés. Bref, des campagnes anglaises comme
on en voit que dans la série ! On ne s'étonnera
pas que les extérieurs et les intérieurs du studio
soient des plus réalistes, puisqu'il s'agit de ceux
de la série. Quant aux autres décors, reflétant
chacun une ambiance bien distincte, leur aspect
un peu cheap (le saloon, la chambre de
tortures... ) ne fait que renforcer l'aspect savoureux
de l'épisode.
Mrs
Peel nous fait toujours rêver avec une tenue mauve
des plus affriolantes, une veste verte et un pull
violet qui la mettent très bien en valeur et qui n'ont
pas vieilli d'un pouce. Dans cet épisode, Steed porte
des gants ; c'est plutôt rare et pourtant du plus
bel effet.
La
musique de Laurie Johnson suit tout à fait l'aspect
délirant de l'épisode et, comme dans Clowneries,
c'est excellent.
EN
BREF : Un
chef-d'œuvre baroque et jubilatoire ! De loin, le
meilleur épisode de la saison et, de peu, juste
après Clowneries, de la série toute entière.
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Vidéo
Un
ultime élan artistique ! (VF)
Un
ultime élan artistique ! (VO)
L'enterrement
de Mrs Peel
Informations
complémentaires
Tournage
o
Le décor utilisé est principalement
le studio de tournage de la série vu sous
tous les angles. Les studios d’Elstree furent
fondés en 1925 par... un Américain,
J. G. Williams, qui rêvait de fonder un Hollywood
anglais. Les premiers films créés
étaient encore muets. Repris par des entrepreneurs
anglais après une faillite rapide, les studios
donnèrent naissance à l'un des tous
premiers films d’Hitchcock, encore dans sa
période anglaise (Blackmail, 1929).
Fermés durant la guerre, ils furent repris
par la Warner qui y réalisa d’importants
investissements, tout en assurant la distribution
aux États-Unis des films produits. Les années
50 furent ainsi une période de prospérité
et de création intense, tandis que les studios
s’ouvraient progressivement aux séries
télé (ITV, ABC). Les années
60 virent le couronnement de cette évolution,
avec outre les Avengers, le tournage de
nombreuses séries prestigieuses (Le Saint,
Les Champions, Jason King, Le Baron…),
tandis que la Hammer y prenait ses quartiers. En
1968 EMI racheta le studio, avant de les fusionner
avec ceux, voisins, de la MGM. Malgré de
beaux succès durant les années 70
(Le Crime de l’Orient-Express, 1974),
la MGM se retire et le studio commence un déclin
progressif. Malgré de nombreux succès
durant les années 80 (la trilogie des Indiana
Jones) la fermeture est envisagée. Malgré
une mobilisation du public, les deux tiers des studios
sont détruits en 1991 pour laisser place
à un immense hypermarché, activité
beaucoup plus rentable... Après une période
de conflit juridique, les studios subsistants rouvrirent
en 1999, et, avec l’aide d’importants
investissements publics, produisent encore aujourd’hui
de belles réussites populaires (Revenge
of the Sith, 2005).
o
La scène en extérieur où Mrs Peel est dans le taxi
de Kirby en route pour les studios fut tournée à
côté du studio de tournage (Shenley Road, Borehamwood).
Continuité
o Mrs Peel pose le pistolet chargé à blanc juste
avant de rencontrer le faux policier, mais l'a de
nouveau en main quand elle le mène à l'endroit où
elle a trouvé le corps.
o
Dans la scène finale où Mrs Peel est attachée sur
une planche et se dirige dangereusement vers une
scie, on peut voir qu'elle s'en approche, puis recule,
et ainsi de suite (particulièrement visible à 41'59"
puis 42'00").
o
Il est impossible que Mrs Peel ne remarque pas Z.
Z. von Schnerk et Damita Syn sur les marches de
l’escalier après le duel dans le "saloon".
Détails
o
Stewart Kirby a onze déguisements dans cet épisode.
o
Sur la Rolls Royce décorée pour le
mariage, on peut lire sur le carton : "Wedding
invitation – You are invited to the wedding
of Emma Peel.".
o Sur le premier
plan de l’introduction, la statuette a une
inscription : "Ollingham Award presented to
Z. Z. von Schnerk for the Best Cinematography of
1953".
o
Le taxi pénètre dans les studios,
stage 4 : lieu de tournage des Avengers.
o À
l’entrée de Kirby en Alexandre le Grand,
on peut voir une pancarte qui, elle, n’a pas
dû servir à la série ;
on y lit : "Police Department, city of San
Francisco".
o
Steed s’assoit sur une caisse estampillée
"props" [accesssoires] pour lire le script
The Destruction of Emma Peel.
o
La scène finale, la séquence de la
mort d’Emma Peel, est une référence
au Puits et le pendule d’Edgar Allan
Poe.
o Dans la scène du péplum, on reconnaît le fauteuil
qui a servi lors d'une séance photo de promotion
pour la série.
o
Cet épisode est une référence
au film de Billy Wilder, Sunset Boulevard –
Boulevard du crépuscule (1950). Damita
Syn est censée être une caricature
de Gloria Swanson et Z.Z. von Schnerk d'Erich von
Stroheim. (Das Konzept Emma Peel, Lars Baumgart.
p 121-122). Les deux acteurs, stars de films muets,
ne tournaient en effet plus beaucoup avant ce film.
Le thème du film de B Wilder : un scénariste
écrit une histoire pour une star du film
muet tombée dans l'oubli. Sunset Boulevard
montre le monde sans pitié du cinéma
qui détruit ses ressources par la révolution
de ses techniques. Z.Z. von Schnerk joue d'ailleurs
au piano une partition souvent utilisée dans
les films muets à la fin de l'épisode.
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Acteurs
– Actrices
o
Peter Wyngarde (1933) est également l'inoubliable
John Cartney du Club de l'enfer, saison
quatre. Il est né à Marseille. Enfant, il fut détenu
dans le camp de Lung-Hai en Chine après l'invasion
japonaise en 1941. Le rôle de Jason King dans les
séries Département S (1969-70), puis Jason
King (1971-72) centrées sur son seul personnage,
l'a rendu célèbre, notamment pour sa moustache et
ses cravates flamboyantes. Auparavant, il avait
tourné dans Le Saint (deux épisodes) et
Le Prisonnier (Numéro 2 dans Échec
et mat). Sa dernière apparition à l'écran remonte
à 1994 dans un épisode des Mémoires de Sherlock
Holmes. En 1970 il réalisa un album
de chansons pour RCA Victor, édité
depuis en CD sous le titre When Sex Leers Its
Inquisitive Head.
o Isa Miranda (1905-1982) était une actrice
italienne très connue en Europe des années 30 à
50, que ce soit au cinéma ou au théâtre. Dans les
années 60, elle a surtout tourné pour la télévision
britannique avant de sombrer dans l'oubli. Elle
a joué notamment dans Au-delà
des grilles avec Jean Gabin (Oscar du meilleur
film étranger en 1950 et pour lequel elle
fut primée au Festival de Cannes), Hôtel
imperial, La Ronde et The yellow Rolls
Royce. À la télévision, elle est apparue
dans Le Baron, Sherlock Holmes, Paul Temple.
o Kenneth J. Warren (1929-1973) a joué dans
trois autres épisodes de la série : Le trapéziste,
saison 1 ; Intercrime, saison 2 ; Les
petits miracles, saison 3. Cet acteur australien
a également joué dans des séries à succès comme
Destination Danger, Le Baron, Les Champions,
Le Saint, Amicalement Vôtre.
À
noter que…
o Commentaire
de Patrick Macnee pour cet épisode : "Caméra
meurtre, c'est du grand Brian Clemens. Dans
un style très Avengers, il se moque du
monde du cinéma et parodie les stéréotypes que sont
les bagarres, les films historiques ou d'horreur,
et tout cet univers complètement fou !" –
(source : bonus DVD)
o
La musique style film muet jouée par ZZ von Schnerk
durant la scène finale est la même que celle utilisée
dans le final de l'épisode Les fossoyeurs
de la saison 1965/1966.
o Deux éléments de décor déjà vus : la peinture
abstraite dans Bons baisers de Vénus et
l'écriteau "Simon Roberts and son" dans Le vengeur
volant.
o
Erreur sur le dos de la jaquette du DVD kiosque,
le réalisateur et le scénariste de cet épisode ne
sont pas respectivement Robert Day et Philip Levene
comme indiqués, mais bien James Hill et Brian Clemens.
o
Le fauteuil roulant découvert par les complices
de Z.Z. von Schnerk pour transporter le "corps"
de Steed ressemble étrangement à celui
d’Horatio Kane (Mort en magasin,
saison 4).
o
Coupures de presse lors de la 1re diffusion française.
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Fiche de Caméra
meurtre des
sites étrangers :
En
anglais
http://theavengers.alexia.us/ep115.shtml
http://theavengers.tv/forever/peel2-11.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/emmacol/511.html
http://deadline.theavengers.tv/PeelS2-11-Epic.htm
En
flamand
http://home.scarlet.be/~pvandew1/avengers/peel38.htm
En
italien
http://www.avengers.it/11col.htm
En
espagnol
http://losvengadores.theavengers.tv/peel_epic.htm
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