CIBLE
TARGET!
TOURNAGE :
JUILLET 1976
DIFFUSION : ITV, 23 NOVEMBRE
1976 – TF1, 25 DÉCEMBRE 1976
Scénario :
Dennis Spooner
Réalisation : Ray Austin
Keith
Barron (Draker), Robert Beatty (Ilenko), Roy Boyd
(Bradshaw), Frederick Jaeger (Jones), Malcolm Stoddard
(Myers), Deep Roy (Klokoe), John Paul (Kendrick),
Bruce Purchase (Lopez), Dennis Blanche (Talmadge),
Robert Tayman (Palmer).
Résumé
Dans un centre
d'entraînement, des agents britanniques meurent
les uns après les autres alors qu'ils allaient
partir en vacances. Deux hommes dans un bureau
se félicitent de ces morts. Mais un intrus vient
troubler leur discussion ; il s'agit de Dick Palmer,
la prochaine victime. Alors qu'il s'enfuit, l'homme
dit qu'il est déjà mort. Mais Palmer, avant de
succomber, a le temps de prévenir Steed que Myers
est sur la liste. Un agent russe arrive alors
pour observer la machine à tuer de Draker et Klokoe.
Myers, à son tour, s'écroule, mort, devant Steed,
Gambit et Purdey. Cette dernière est la prochaine
victime alors que Steed commence à douter de ces
"morts naturelles".
Il découvre toute
la vérité en rendant visite au professeur Lopez,
spécialiste du curare. Draker a placé des capsules
de curare dans les armes utilisées par les robots
au centre d'entraînement. Chaque agent touché,
ne serait-ce qu'une fois, est certain de mourir
dans les 6 - 8 heures selon la dose de curare
et sa résistance. À part Steed, personne
ne fait 100% à l'entraînement sans être touché,
tous les agents morts ont été atteints et même
Purdey reçoit une dose en faisant 99%. Mais Steed
est aussi en danger : Klokoe, le valet de Draker,
lui a injecté du curare en se faisant passer pour
un enfant... Gambit, sans le vouloir, tue Bradshaw
en activant les robots qui lui tirent une vingtaine
de doses mortelles de curare ; l'homme, responsable
des tests du centre d'entraînement, est également
celui qui les a vendus à Draker. Il meurt dans
les bras de Gambit en lui indiquant où est l'antidote,
mais Gambit ne comprend pas immédiatement. Chez
le légiste, tout se recoupe : les points rouges,
le centre d'entraînement, le curare. Draker et
Klokoe, qui ont compris que leur machine est fichue,
éliminent l'observateur russe et vont au centre
pour effacer toutes les preuves et récupérer la
bouteille d'antidote. Ils sont vite rejoints par
Steed et ses équipiers.
Steed et Purdey sont
atteints, c'est à Gambit de passer le test ! Il
réussit, et après avoir éliminé Klokoe, il tire
sur Draker qui menace de détruire l'antidote : Purdey
et Steed sont sauvés.
Fin de l 'épisode
Purdey dit en se
réveillant : "Are we going somewhere ?" ["Sommes-nous
en train d'aller quelque part ?"].
Critiques
Denis
Chauvet



Avis :
Encore un très bon épisode (ils le sont pratiquement
tous dans cette première fournée des TNA)
malgré une introduction stéréotypée. Une intrigue
simple mais passionnante parsemée d'action, d'humour
(Steed chez le professeur Lopez) avec une tension
palpable vers la fin. Le duo de vilains fait penser
inévitablement au James Bond, L'Homme au pistolet
d'or, et Klokoe, déguisé en enfant sur son
vélo, est une scène presque insupportable. Pratiquement
un one man show de Gambit, un peu pénible
en sentimental néanmoins ! Le parcours de Purdey
sur le champ de tir est le meilleur passage de
Cible. "It's the one percent that kills
you!" [C'est le un pour cent qui vous tue.]
Steed
3003
14 novembre 2004




Après le plutôt réussi Un chat parmi les pigeons,
Dennis Spooner revient pour un scénario plus classique,
mais de bien meilleure facture.
En effet, Denis Spooner a eu l'excellente idée
d'installer l'action dans un champ de tir grandeur
nature (qui évoque un peu un précédent
scénario, Jeux, mais surtout la séquence
d'ouverture du film Chapeau Melon). Cet
endroit réserve de nombreux moments de suspense
durant tout l'épisode, jusqu'à l'apothéose de
la séquence finale. La tension ne relâche jamais
tout au long de l'épisode, grâce à une construction
très intelligente (quoique parfois l'épisode paraît
un peu confus ; la construction très (trop) linéaire
des old Avengers avait au moins
le mérite d'une clarté sans faille), des rebondissements
imprévisibles et beaucoup d'humour, avec notamment
des dialogues brillants. Dennis Spooner renoue,
d'une manière plus moderne cependant, avec ce
savant mélange qui faisait le succès des Avengers.
En ajoutant même un ingrédient qui fait souvent
défaut à la série : l'émotion. Par ailleurs, les
nombreux personnages qui parsèment l'épisode ont
un vrai relief. On retiendra notamment Draker,
un méchant d'une froideur inhabituelle pour la
série mais qui n'en est pas pour autant moins
efficace, au contraire ; et Klokoé, son assistant
nain, qui nous change des grosses brutes habituelles.
Denis Spooner n'évite malheureusement pas quelques
clichés inhérents à la série (et d'une manière
générale à toutes les fictions) comme le mourant
qui, dans son dernier souffle, révèle des indices
essentiels à l'enquête et le fait de prendre une
nouvelle fois pour cible Purdey, qui, entre les
cybernautes sur le retour et les pigeons agressifs,
doit dernièrement en avoir plus qu'assez.
Si
Ray Austin n'a pas le goût démesuré de l'esthétisme
de John Hough, il possède néanmoins une grande
efficacité et mène l'épisode tambour battant.
Il se sert avec adresse du panel de choix visuels
qui lui est offert (effets optiques, zooms et
ralentis sont utilisés à juste dose). Sa mise
en scène est excellente. On retiendra surtout
les séquences dans le champ de tir (dont une épique
séquence finale) tournées avec une rare maîtrise.
Elles en deviennent passionnantes, alors qu'elles
auraient facilement pu être confuses. Pas étonnant
que Ray Austin ait, par la suite, réalisé les
épisodes des plus grandes séries d'action (Magnum,
JAG...). Il dirige aussi très bien tous
ces acteurs et permet à l'humour et à l'émotion
de s'installer sans difficulté.
Steed
et Gambit ont ici, et pour notre plus grand plaisir,
plus de scènes ensemble. Leur réaction quand ils
croient Purdey morte, alors qu'elle est juste
endormie, est irrésistible. Gambit prend dans
cet épisode une grande ampleur et s'avère être
un homme d'action intraitable. Sa "romance" avec
Purdey prend ici une nouvelle direction (bien
plus intéressante), qui joue moins sur l'humour
caustique et plus sur les sentiments. Difficile
de ne pas être ému à la fin de l'épisode, durant
laquelle leurs liens forts apparaissent avec évidence.
On retiendra cette phrase de Steed, décidément
le plus philosophe des trois, alors que Purdey
est en train de mourir, sur la condition des agents
secrets : "We're all expandable" [Nul n'est irremplaçable].
Belle continuité avec l'épisode Le château
de cartes dans lequel il confiait à sa partenaire
: "J'ai épousé un métier". On remarquera aussi
l'excellente prestation de Gareth Hunt et de Joanna
Lumley, tandis que Macnee cabotine un peu.
Les
décors (même si on notera la présence de tags
: nous sommes bien dans les New Avengers
!) sont, dans l'ensemble, très réussis.
On
remarquera que Purdey est toujours aussi mal habillée,
Gambit plus fashion et Steed toujours
aussi élégant.
La
musique (avec une forte présence de percussions)
rythme une nouvelle fois parfaitement l'épisode.
On se met à regretter qu'il n'y ait pas eu la
même constance dans les old Avengers
!
EN BREF : Une intrigue sans temps mort, beaucoup
d'humour et même un peu d'émotion, pour un des meilleurs
épisodes de la saison.
Extrait
vidéo
Gambit l'homme d'action !
Informations
complémentaires
Tournage
o
Purdey conduit George Myers au champ de tir. Scène
tournée à Fulmer dans le Buckinghamshire. Ses
nombreux cottages victoriens lui valent d’apparaître
dans plusieurs séries anglaises (L’Homme
à la Valise, Amicalement Vôtre…).
o
La maison de Steed est Binfield Manor près de Bracknell
dans le Berkshire. Bâtie en 1754 pour Pitt, futur Premier Ministre, cette résidence est désormais la propriété du Sultan de Brunei, qui y séjourne durant la saison de Polo.
Continuité
o
À 19'03" : Purdey lance en l'air un crayon avec
sa chaussure et le rattrape avec sa semelle. En
fait, si on regarde bien, le crayon part en haut
à droite de l'écran et retombe hors-écran. Un
autre crayon était sûrement collé sous la
semelle, comme le laisse penser le bruit qu'il
fait quand la personne l'enlève de la semelle
de Purdey.
Détails
o On retrouve les masques utilisés par le méchant
(Kane) dans Le dernier des cybernautes
sur les têtes des mannequins-tireurs du champ
de tir.
o
On remarquera le tag «I luv Purdey» [J'aime Purdey]
sur le champ de tir. Également : ‘Kilroy
was here’ et un dessin au-dessus d’une porte et
‘ and got wasted’ sur la porte. C’est une référence
à ‘Kilroy was here’, une phrase qui est apparue
pendant la seconde guerre mondiale là où
les troupes américaines stationnaient. Cette phrase
était accompagnée d’un dessin représentant un
personnage avec un long nez, deux yeux ronds et
les mains agrippées sur un mur. L’origine est
assez confuse mais il paraîtrait que cela viendrait
de James Kilroy, un contrôleur qui inscrivait
cette phrase partout où son travail était fait
!
Acteurs
o
Roy Boyd (1938) a commencé sa carrière
en 1964. Il tourna dans un épisode du Saint
en deux parties puis dans de nombreuses séries
(Colditz, Van der Valk, Regan, Cosmos 1999,
Les Professionnels, Mission Casse-Cou, Poirot…).
o
Frederick Jaeger (1928-2004) est célèbre
dans le monde des Avengers pour le rôle
de Benson dans deux épisodes : Les cybernautes,
saison 4, et Le retour des cybernautes,
saison 5. Il participe également à
l’épisode Mort d’un grand
Danois (saison 2). Jaeger est né à Berlin
et étudia en France et en Allemagne avant d'émigrer
en Angleterre en 1939. Il commença à faire du
théâtre en 1949, de la télévision en 1955 et du
cinéma en 1956. Il est apparu dans de nombreuses
séries comme Département S, Paul Temple, Amicalement
Vôtre, Poigne de Fer et Séduction, Regan, Le Retour
du Saint, Les Professionnels… Il est décédé
en Espagne.
o
Deep Roy. Le rôle de Klokoe dans Cible
fut son premier. Il enchaîna ensuite les petits
rôles au cinéma : Le Retour de la panthère
rose, Licensed to love and kill avec Gareth
Hunt, Flash Gordon, Le Retour du Jedi, Greystoke,
Charlie et la chocolaterie et à la télévision
: Dr Who, X Files. Il mesure 1,32 m.
Son vrai nom est Gurdeep Roy. Authentique descendant
de Maharajahs, il eut également une carrière
de cascadeur et d’animateur de marionnette,
apparaissant ainsi dans Dark Crystal
ou dans Le Retour du Jedi en tant que
l’une des créatures hantant l’antre
de Jabba. Il a l’honneur d’être
le seul acteur recensé ayant joué
dans Star Trek, Doctor Who et Star
Wars !
À
noter que...
o Il était prévu que Frederick Jaeger joue le
rôle de Bradshaw, mais malheureusement la pluie
empêcha de tourner les scènes en extérieur pendant
deux semaines ! Comme celui-ci était par la suite
indisponible, il n'eut le temps que d'endosser
le rôle d'un personnage secondaire, Jones, et
Roy Boyd le remplaça. Dans une interview du TV
Times de novembre 1976, Brian Clemens expliqua
: 'Circumstances beyond our control, sometimes
you can't beat the English weather.' [Des circonstances
qui nous échappent, on ne peut parfois rien contre
la météo anglaise.]
o
Ray Austin, le réalisateur, était le coordinateur
des cascades des saisons Emma Peel ; on le voit
dans l'épisode Les fossoyeurs et brièvement
dans L'heure perdue (le laitier assassiné),
deux épisodes de la saison 4.
o
Sur les pochettes DVD kiosque et StudioCanal,
le titre devient La cible.
o
C'est Pierre Arditi qui double Draker (Keith Barron),
le chef de l'organisation dans l'épisode.
o
Le jeu de société The New Avengers Shooting Game
s'inspire directement de cet épisode.
o
Coupures de presse lors de la 1re diffusion française.
Fiche de l'épisode
Cible des sites étrangers :
En anglais
http://theavengers.tv/forever/newave-6.htm
http://www.dissolute.com.au/avweb/newavengers/n06.html
http://deadline.theavengers.tv/NAS1-06-Target.htm
En flamand
http://home.scarlet.be/%7Epvandew1/avengers/newav07.htm
En italien
http://www.serietv.net/guide_complete/gli_infallibili_tre/stagione_1.htm#7
En espagnol
http://losvengadores.theavengers.tv/tna_target.htm
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