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HORS
SERIE
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Il ne s'agit pas de redire ici ce qui a été
fait avec talent dans le livre de Didier Liardet.
C'est parti pour 43 épisodes avec le premier
et le meilleur de toute la série :
Beachead, littéralement Tête
de pont. Le titre fait allusion à
une remarque de David Vincent vers la fin de l'épisode
où il dit que la petite ville fantôme
de Kinney est un lieu à partir duquel les
aliens préparent l'invasion de la Terre.
Nous
sommes fin 1966 à Santa Barbara en Californie.
David Vincent (Roy Thinnes) et Alan Landers (James
Daly) sont associés dans un cabinet d'architectes.
De retour d'un voyage d'affaires, un mardi matin
vers quatre heures, Vincent cherche un raccourci
et une auberge appelée Bud pour se reposer.
L'auberge est fermée et abandonnée,
le conducteur arrête son véhicule
et s'endort, et une lueur aveuglante le réveille :
une soucoupe volante est en train de se poser
devant lui. Lorsqu'il reviendra sur les lieux,
la pancarte de l'auberge aura changé ("Kelly"
au lieu de "Bud") et Vincent trouvera
un couple de campeurs, les Brandon, en voyage
de noces. "On dirait que depuis au moins
cent ans, personne n'est venu ici" commentera
Landers, l'associé de Vincent, tant l'endroit
est isolé.
Ce
premier épisode ne dispose pas encore,
en dehors du générique, d'une musique
propre à la série. Le réalisateur
Joseph Sargent réutilise des morceaux de
musique que l'on a entendu dans Au-delà
du réel et dans la quatrième
saison du Fugitif (cette dernière
série produite comme Les Envahisseurs
par Quinn Martin).

Tout
est encore à construire au niveau scénario :
si les aliens n'ont pas de cœur, de sang, et
disparaissent dans un brouillard rouge lorsqu'ils
meurent sur la Terre, ici, ils se contentent de
devenir lumineux quand on les regarde intensément !
L'épisode
initial durait 90 minutes et fut réduit
à 50, en fait certaines incohérences
vont se faire jour : par exemple, à la centrale
hydro-électrique de Kinney, Vincent comprend
"par l'opération du saint esprit"
que les tubes de verre servent aux envahisseurs
pour se régénérer, ce qu'il
raconte au café bar de Kathy Adams (Diane
Baker) qu'il croit son alliée.
Télé Poche lors de la première
diffusion du 4 septembre 1969 et le livre de Didier
Liardet nous montrent des photos de Kathy près
des tubes de verre, ce que l'on ne verra pas dans
l'épisode. Nous avons donc "zappé"
des explications importantes dans ces passages
coupés.
Si l'on fait fi de ces incohérences, l'épisode
se regarde d'un trait tant Anthony Wilson, à
partir d'un script de Larry Cohen, a rédigé
un scénario solide. Les comédiens
sont tous excellents, jouant au fur et à
mesure que l'épisode se déroule
les gentils qui se révèlent méchants,
et l'inverse.
Il y a:
-
Le lieutenant de police Holmann (JD Cannon,
un familier des productions Quinn Martin, qui
a un rôle crucial dans le dernier épisode
du Fugitif, le témoin qui a vu le manchot
tuer la femme de Kimble) que David Vincent va
trouver après l'atterrissage de la soucoupe
et traîne presque de force à six
heures du matin sur les lieux.
-
Le sergent de police Carver (John Milford) vêtu
d'un casque, qui persécute Vincent à
Kinney la ville fantôme, et que le téléspectateur
va prendre pendant une bonne partie de l'épisode
pour un alien.
-
La tante Sarah (Ellen Corby) qui espionne en
fauteuil roulant Vincent à la clinique, puis
bien sur ses jambes met le feu à son
appartement, et enfin dit à Landers de
rejoindre Vincent à la centrale de Kinney
où il sera occis sous un tube régénérateur.
(Nous autres humains, cela ne nous fait pas
le même effet.... )
-
Monsieur Kemper (Vaughn Taylor), un comédien
que l'on a vu la même année au
cinéma dans "La Guerre des cerveaux"
(The Power) de Byron Haskin, l'un des énigmatiques
derniers résidents de Kinney, ville imaginaire
située entre San Luis Obispo et Bakersfield.
Kinney est l'adresse qu'on donnée à
Holmann les campeurs, les Brandon, qui se trouvaient
sur les lieux de l'atterrissage.
-
John Brandon et sa femme (James Ward et Bonnie
Beecher), les campeurs donc, avec le fameux
"petit doigt raide". Lorsque Vincent se bat avec
le mari, son visage devient lumineux (l'envahisseur
a besoin d'être régénéré).
Plusieurs des comédiens de Première
preuve reviendront dans d'autres rôles
en saison 2 : JD Cannon dans L'organisation,
James Daly dans La recherche de la paix,
John Milford en "believer" (défenseur),
membre de l'équipe de Edgar Scoville (Spoiler,
surligner le texte avec la souris pour l'afficher
: il sera tué dans
l'épisode final saison 2 Inquisition)
Tous
les codes de la série ne sont pas encore
là, mais nous plongeons déjà
dans l'atmosphère de paranoïa que
Larry Cohen avait souhaiter installer à
l'origine.

Première
preuve est un épisode à part
car au fil des autres épisodes et des deux
saisons, la série va s'affadir et devenir
un programme télé conventionnel,
alors que Larry Cohen voulait en faire une série
d'épouvante. On retrouve la griffe de Cohen
dans ce pilote, mais aussi dans Cauchemar
où des papillons dévorent de
la viande, dans La genèse où
un policier devient fou en voyant un envahisseur
sous sa forme originelle (proche du mollusque).
La
série n'aurait sans doute jamais été
annulée si Cohen était resté
aux commandes. Malheureusement, son désaccord
avec le producteur Quinn Martin provoquera son
départ et la perte de ces moments d'horreur
comme le visage de l'envahisseur Blake (Richard
Anderson) revenu sous sa forme originelle faute
de régénération dans la mine
abandonnée de l'épisode L'ennemi
saison 2.
Un
premier épisode prometteur dont aucun autre
par la suite n'atteindra le niveau, cet épisode fera
l'objet d'un remake dans l'anthologie Voyage
dans l'inconnu sous le titre Les nomades
avec David Birney à la place de Roy Thinnes,
preuve qu'il peut constituer un ensemble à
lui tout seul.
Les nomades fut diffusé un samedi
soir sur TF1 en novembre 1978.
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2.L'EXPÉRIENCE
(THE EXPERIMENT)

  
Lors des deux premières diffusions (septembre
1969, septembre 1973), l'ORTF diffusa L'expérience
comme troisième épisode, ce qui
avec le recul est absurde. Dans l'épisode,
nous ne voyons pas encore comment les aliens
disparaissent lorsqu'ils meurent. Il
se termine par un incendie qui envoie ad
patres le méchant de l'épisode,
un révérend joué par Dabbs
Greer et ses hommes de main, sans le procédé
révélé dans l'épisode
3 La mutation. Mais en ce temps là,
l'ORTF se moquait de la cohérence dans
la diffusion des séries américaines.
Cet épisode fait peur, trés peur,
et ce dès les premières images.
Le docteur Curtis Lindstrom (Laurence Naismith),
notre bon vieux juge Fulton, les a vus et a
des preuves. Il doit prendre l'avion mais remarque
sur la piste d'envol un employé avec
le petit doigt raide. Nous entendons là
le thème sinistre de deux notes de Dominic
Frontiere. Lindstrom quitte l'appareil et il
fait bien, à peine celui-ci a-t-il décollé
qu'il explose en vol, faisant quarante victimes.
L'expérience raconte l'histoire
de ce savant qui a des preuves (des photos de
soucoupes, de tubes régénérateurs)
de l'existence des envahisseurs. Malheureusement
pour lui, son fils (joué par l'excellent
Roddy Mc Dowall de La planète des
singes) a subi un lavage de cerveau et
veut l'entraîner dans un piège
mortel.

Le médecin de famille, interprété
par Harold Gould (un familier des séries
60's, on l'a vu notamment dans Mannix)
découvre que le fils Lindstrom est drogué
par les envahisseurs. Dans une scène
digne d'un Hitchcock, il sera tué par
les envahisseurs qui révélent
pour la première fois une de leurs armes :
un disque qui, appliqué contre la nuque,
provoque une crise cardiaque. Il paraît
que cela marche aussi avec un cd d'Ophélie
Winter, je n'ai pas vérifié.
L'épisode est typique des tout débuts
de la série : David Vincent est encore
novice dans son combat et découvre peu
à peu les secrets des envahisseurs. Lorsqu'il
découvre les preuves (pour pas longtemps
hélas), il y a des déclarations
sous serments de témoins qui nous permettent
de "dater" la série: septembre
1966, novembre 1966, nous nous trouvons donc
début 1967.
Dans l'histoire, Vincent essaie d'aider ce savant
Lindstrom à prouver l'existence des envahisseurs.
Lindstrom mourra dans un soit-disant accident
d'automobile, en fait nous assistons au meurtre lorsqu'il
est capturé par deux faux agents du FBI.

La
distribution est un peu ...chiche en vedettes
féminines dans ce numéro deux,
mais les acteurs nous régalent de leur
talent : Dabbs Greer, Laurence Naismith (qui
reviendra en saison 2 dans La rançon),
Harold Gould et surtout Roddy Mc Dowall, qui
lorsqu'il se souvient du lavage de cerveau est
rongé par le remords.
Bien sûr, les moyens sont limités
et le repaire des envahisseurs où l'on
fait subir à Vincent un lavage de cerveau
(comme auparavant on a dû le faire au
fils Lindstrom) n'est constitué que de
quelques lampes de couleurs qui évidemment
ne peuvent rivaliser avec les X Files,
mais pour l'époque, c'était honorable.
Quelques séquences marquent particulièrement
le téléspectateur : par exemple,
Vincent monte dans un taxi avec le révérend
et lorsqu'il se rend compte qu'il est tombé
dans un piège, saute de la voiture en
marche... Je pense aussi au bouillon d'onze
heures que l'on prépare comme bain au
Dr Lindstrom à l'hôpital : on ne
saura jamais comment les aliens voulaient le
tuer de cette façon car Vincent arrive
à temps (cette fois) pour le sauver.
Loin d'égaler Première preuve,
L'expérience est l'épisode
type du bon niveau de la saison 1, la série
se cherche encore (sauf en France où
l'on nous a dévoilé La mutation
qui nous en apprend beaucoup sur les envahisseurs).
Pour celui qui n'a jamais vu un épisode,
il ne sera pas dérouté car le
prégénérique donne le frisson,
on est loin des épisodes fades de la
saison 2.
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Un régal, un pur joyau télévisuel,
La mutation nous apprend plein de choses
sur les envahisseurs : lorsqu'ils meurent sur
la terre, ils disparaissent dans un brouillard
rouge (bon, sur la télé en noir
et blanc en 69, on ne le savait pas). Les aliens
disposent d'une arme qui ressemble à
un pistolet de Flash Gordon, ou encore à
un sèche-cheveux, et plus prosaïquement
à un ustensile qui était fourni
avec un médicament pour la gorge : Locabiotal.
Ceux qui se sont soignés des angines
sauront de quoi je parle, le pulvérisateur
a une vague ressemblance avec le pistolet des
envahisseurs. Je m'en servais moi dans la cour
de récré à l'époque.
Ce pistolet projette un rayon qui désintègre
tout ce qu'il touche en le faisant disparaître
comme les aliens lorsqu'ils meurent. Pratique
comme engin, et qui ne laisse pas de trace,
je m'en servirai bien parfois contre des opportuns.
L'épisode, auquel je mets d'emblée
4 étoiles, commence très fort :
Vincent, qui recherche une soucoupe au Nouveau Mexique,
est laissé pour mort sous un soleil de plomb
par deux escrocs qui l'assomment et lui volent
sa montre et son portefeuille. Il rampe sur
le sable, sue, ressemble à un homme égaré
dans le désert cherchant une oasis, et
aperçoit, de façon déformée
en raison de son trouble, une soucoupe volante.
Et nous avons alors le fameux thème menaçant
de Dominic Frontiere.
Dans cet épisode, le thème des
envahisseurs va être souvent entendu,
et au générique final, nous aurons
droit à une version unique, comme symphonique,
d'un thème qui n'apparait que dans cet
épisode. Maudit soit Samedi est à
vous qui en 1975 lors de la troisième
diffusion, alors que j'enregistrai l'épisode
sur une cassette audio, coupa net le générique
final.
Autre
découverte : les aliens ont inventé
le portable avant l'heure, ils disposent d'un
disque lumineux qui leur permet de communiquer
à distance. Lors de la première
diffusion française, l'effet était
certes plus saisissant qu'aujourd'hui à
l'ère du portable. Ce disque lumineux
ressemble à celui que nous avons découvert
dans l'épisode 2 et qui servait à
tuer.
Version
géante du pistolet alien : les envahisseurs,
depuis leur soucoupe, ont la possibilité
d'installer un lance rayon géant qui
dans l'épisode désintégrera
une jeep.

Dans
cet épisode, il y a la merveilleuse Suzanne
Pleshette, qui nous a quittés en 2008.
Elle joue le rôle d'une strip-teaseuse,
Vikki.
Une petite précision : en 1969, je n'ai
rien compris à la profession de Vikki.
Strip-teaseuse de night club, je ne savais pas
vraiment ce que cela voulait dire. Vikki est
une femme envahisseur qui éprouve des
émotions (à la différence
des autres alien). Elle décide de sauver
David Vincent, mais lorsqu'un enfant se brûle
sous ses yeux "reste là à
siroter son café" comme dira David.
Elle nous donne aussi une indication sur la
race alien : elle dit que ses émotions
viennent de ce que nous humains pourrrions appeler
"un père je crois". Il y a
donc des pères et mères chez les
envahisseurs. Dommage qu'une saison 3 ne nous
en révèlera pas plus sur le nom
de la planète, la nature des créatures,
et laissera plein de points d'interrogations...
Suzanne
Pleshette en Vikki nous éblouit, d'autant
plus que le reste de la distribution n'est guère
à la hauteur : Lin Mc Carthy, agent secret
de l'Armée de l'air, affiche tout au
long de l'épisode un sourire niais et
béat. Cet acteur reviendra dans le rôle
de Archie Harmon dans la saison 2 dans Contre
attaque et La recherche de la paix
avec toujours le même air satisfait. L'autre
acteur est Edward Andrews, peu convaincant en
journaliste alien. Peu importe, l'épisode
nous raconte une histoire d'amour entre David
et Vikki et ils font de cet épisode un
des meilleurs de la série.

Mark
Evans, le journaliste (Ed Andrews) et Vikki
sont chargés d'attirer Vincent dans un
piège et de le liquider. Mais, mutante,
Vikki prévient in extremis le terrien
et y laissera sa vie, tuée par ses semblables
avec le pistolet laser.
Jean
Berger, qui double qui vous savez, prononce
un des plus beaux épilogues de la série :
"Pendant quelques heures, dans le désert
au sud de Rosario, un homme et une femme se
sont rencontrés, deux êtres venus
de deux univers étrangers l'un à
l'autre. Tout au long des mois à venir,
David Vincent se souviendra de ces quelques
heures".
Du
prégénérique à la
fin, l'épisode se déroule dans
le désert. Entre les cactus, des envahisseurs
en combinaison verte avec leur fameux pistolet.
Ils se trouvent là parce que la soucoupe
est en panne. Mais dans les dernières
images de l'acte 4, la soucoupe sera réparée
et partira, laissant Vincent une fois de plus
sans preuves. L'épisode permet un long
échange entre Roy Thinnes et Suzanne
Pleshette, d'abord hostiles l'un à l'autre,
et finalement un peu amoureux. Même si
le jeu de Roy Thinnes nous montre le comédien
sans aucun humour et sous un jour glacial. Beaucoup
d'entre nous sur le forum du Monde des Avengers
auraient été pleins de sollicitude
envers Vikki, alors que jusque vers la fin Vincent
se montre glacial. Il rappelle à la jeune
femme son origine (racisme?), elle est une extra
terrestre "Vikki, vous avez fait des millions
de kilomètres pour parvenir jusqu'ici".
Vincent
est en guerre et il ne l'oublie pas une seconde,
en guerre pour sauver la Terre. Il ne prend
pas le temps de souffler.
À
noter que dans le combat qui l'oppose à
un alien en combinaison verte, il se montre
peu crédible. L'envahisseur a le bon
goût de faire une chute du haut des rochers
sur le sable, ce qui suffit à le tuer.
Heureusement pour David qui ne faisait guère
le poids.
Suzanne
Pleshette reviendra en saison 2 dans l'épisode
42 La fugitive que nous, pauvres français,
ne découvrirons sur TF1 qu'en 1987.
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4.
LES SANGSUES
(THE LEECHES)

  
Encore un épisode
du début, passionnant de bout en bout,
où la musique est omniprésente avec
de nombreux thèmes dramatiques. Cette musique
en saison 2 avec Duane Tatro deviendra "envahissante"
si j'ose dire, tandis que celle de Frontiere ajoute
beaucoup à la saison 1.
Les
sangsues est encore un épisode dont
le décor est le désert. L'acteur
Mark Richman, également connu comme Peter
Mark Richman (un familier de Hawaii 5-0, Mannix
et même ... Santa Barbara) dans
le rôle de Tom, celui qui veut piquer la
femme du patron, marque l'épisode et on
ne voit que lui. L'actrice qui joue le rôle
d' Ève est inexistante. D'ailleurs, à la
recherche du patron qui s'est laissé kidnapper
pour piéger les envahisseurs, on va assister
à un bel affrontement entre deux acteurs :
Roy et Mark.

Un
savant convoque David Vincent pour devenir le
numéro suivant sur une liste de savants
enlevés par les aliens. Warren joué
par Arthur Hill, vu plusieurs fois dans Le
Fugitif, est hélas pour lui enlevé
pour de bon alors qu'il croyait piéger
les aliens et David et Tom vont devoir le retrouver.
L'épisode
garde un suspense constant et ne lasse pas une
seconde. Indiscutablement, la saison 1 est meilleure
que la 2 sur ce plan. Les scénaristes réutilisent
des idées de Larry Cohen. On voit dans
cet épisode des scènes de torture,
lorsque les savants prisonniers se voient arracher
leurs secrets par d'improbables machines extra
terrestres. Les effets spéciaux sont très
cheap, mais les scénarii solides. Toutefois
le réalisateur exagère parfois, comme
pour ce moteur qui disparait dans un brouillard rouge
à l'intérieur de la voiture, ce
que Tom et David constatent en ouvrant le capot !

Le
meilleur de l'épisode se déroule
au début, avec la préparation du
kidnapping de Warren. Les scènes de la
mine à la fin, dans le désert, ont
moins d'intensité.
C'est
encore un épisode que je conseillerais
pour débuter la série, il en sera
ainsi de nombreux dans la saison 1. Il manque toutefois
ce petit quelque chose que d'autres épisodes
comme Cauchemar, La mutation et Première
preuve rendent parfaits.
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Cet épisode n'a été acheté
et diffusé par TF1 qu'en 1987, mais les
téléspectateurs de TMC ou RTL dans
les années 70 ont eu la chance de le voir
longtemps avant. C'est l'épisode dans lequel
un policier, joué par Philip Pine (qui
reviendra en chef alien dans La vallée
des ombres) voit dans le coffre d'un break
le docteur Lanier, un envahisseur, sous sa forme
originelle, et en devient fou, aidé par
un petit coup de disque posé sur sa nuque
par le conducteur du break.

Cet
épisode ne nous montre rien, et bizarrement,
alors que le début était prometteur,
il nous laisse sur notre faim. La une est
à vous version Augier/Montiel le rediffusa
rapidement (octobre 1987 après une première
diff en été) et à nouveau,
je fus déçu. Dans le même
genre, L'ennemi de la saison 2, lui est
supérieur.
Un
policier ami du malheureux décide de découvrir
la vérité, c'est le lieutenant Lucather
joué par John Larch (un habitué
de Hawaii 5-0). Il soupçonne David
Vincent, avant de constater dans un garage souterrain
l'existence des envahisseurs.

Le
suspense faiblit très vite lorsque l'enquête
se dirige vers le laboratoire. L'actrice Carol
Rossen joue très mal (d'autres relèveront
le niveau comme Susan Strasberg dans Équation
danger). On a souvent dit que Les Envahisseurs
a lassé le public américain par
des intrigues répétitives, on le
comprend un peu avec cet épisode. Le prégénérique
est pourtant sublime : mais après un tel
suspense, on s'ennuie, en dehors des scènes
de l'hôpital lorsque le malheureux qui a
perdu la raison se souvient. On a à nouveau
des frissons de peur. Mais le suspense ne tient
pas sur la longueur, dommage.
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Voilà
un épisode que je ne suis pas près
d'oublier. Juillet 1984, je suis salarié
depuis à peine quelques mois et n'ai pas
droit à des vacances, et voilà qu'antenne
2 rediffuse Les Envahisseurs l'après-midi. Des épisodes multi diffusés
comme Première preuve, pris parmi
les 26 diffusés de 1969 à 1972 par
l'ORTF, et puis... un inédit. Un inédit
l'après-midi : Vikor.
Alors,
un fan arrive toujours à tout, et j'ai
obtenu un après-midi de congé
pour voir Vikor, et cela le valait.
L'épisode
commence par un pré générique
des plus palpitants : un ouvrier sur une grue
voit les envahisseurs à travers une vitre,
il se sauve mais pas assez vite, crise cardiaque
avec le petit disque dans la nuque.

Ce
début très Larry Cohen
est suivi par un épisode palpitant qui
voit David arpenter les recoins les plus mystérieux
de l'usine d'un certain Vikor (Jack Lord). Il
y a aussi Alfred Ryder dans l'épisode,
connu pour La rançon qui terminait
la diffusion française en 1969, où
il jouait le chef suprême des aliens.
Ici il joue un rôle différent :
Nexus, nom qui rappelle Magnus, un autre leader
des aliens dans L'Innocent (Michael
Rennie)
Enfin,
il y a une autre connaissance : Diana Hyland,
la fiancée de Travolta morte en 77 en
plein triomphe de La Fièvre du samedi
soir, qui avait joué l'épisode
Conférence au sommet en deux parties
(saison 2) avec Michael Rennie.
Jack
Lord joue ici un salaud, miné par la
guerre de Corée, décidé
à trahir les humains, qui à la
fin accepte de laisser tuer son épouse
(Diana Hyland) que David sauvera.
On
ne s'ennuie pas une seconde parce que l'intrigue
ne faiblit jamais. Plusieurs passages montrent
David dans l'usine, ultra moderne, de Vikor.
Là sont installés en masse des
tubes de régénération,
c'est ce qu'a vu l'ouvrier dans le pré
générique. Ces plans sont particulièrement
réussis et ne tombent jamais dans la
répétition. Et puis l'épisode
fait peur, très peur : les gardes à
l'auriculaire raide, Lord Hyland et Thinnes
cernés dans le restaurant par un shérif
invader...

Que
demander de plus à un épisode
des Envahisseurs que de nous donner
la trouille et de nous proposer en plus des
guest stars intéressantes : outre Les
Envahisseurs, on connait Alfred Ryder pour
Hawaii Police d'État (épisode
Témoin à charge et Les
Mystères de l'Ouest), on a un peu
de mal de retrouver l'intègre Steve Mc
Garrett en lâche et traître. Vikor
est marié à une femme qui boit
et conduit en état d'ivresse. Il cède
à ses caprices jusqu'au moment où
elle compromet son alliance avec les envahisseurs
qui lui ont promis un poste important : il aura
des esclaves lorsque les aliens auront envahi
la Terre.
Je
ne saurai jamais pourquoi l'ORTF n'avait pas
en son temps acheté cet épisode.
Quelques légères lenteurs sur
la fin m'empêchent de lui mettre la note
maximum. La scène au restaurant s'éternise
un peu.
Les
deux scènes les plus effrayantes, à
vous faire faire des cauchemars : dans le prégénérique
quand Nexus regarde une régénération,
on voit le "squelette" si j'ose dire
de l'envahisseur. Nexus a des lunettes rayon
X et il se retourne vers la fenêtre : on
comprend que l'ouvrier témoin du camion
grue est fichu.
L'autre
scène, c'est David qui croise dans un
couloir un garde de l'usine et voit son auriculaire
raide. L'envahisseur le poursuit et ils se battent
et là aussi, le réalisateur vous
cloue dans votre fauteuil.
Je
signale à tous les guides d'épisodes
français qu'ils se sont trompés,
la date de première diffusion est indiquée
1987. Ce qui est faux : ce fut en juillet 1984,
j'y ai laissé un jour de congé.
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Voilà sans doute
l'épisode le plus effrayant de toute la
série. Il a été diffusé
à 20h30 un jeudi de 1969, puis rediffusé
en octobre 1973 après Aujourd'hui madame,
et la 3e diffusion eut lieu dans Samedi est
à vous. Le prégénérique
fut scandaleusement tronqué : j'avais fait
un enregistrement sur k7 audio et l'épisode
commença lorsque l'institutrice ouvre la
porte de la grange, alors que si vous regardez
l'épisode, il se passe des choses avant.
Nous
sommes à Grady, dans le Kansas, dans
une petite ville fermière (qui a dit
genre Smallville ?), cette ville est
supposée être au centre exact des
États-Unis et les envahisseurs veulent déclencher
à partir de là une attaque de
locustes, des insectes proches des sauterelles.
Pour ce faire, ils disposent d'une machine et
d'un silo dans lequel ils font des expériences
sinistres, et c'est ainsi que l'épisode
va atteindre des sommets dans l'horreur.
Dès la première scène,
l'institutrice Ellen Woods, qui hélas
pour elle a un passé de malade psy, ce
qui n'arrangera pas les choses pour qu'on la
croit, surprend des gens qu'elle connaît
: ce sont en fait des envahisseurs. Ils manipulent
l'étrange machine. Elle manque se prendre
un coup de hache, s'enfuit, et les insectes
l'attaquent, télécommandés
par les aliens.
David
Vincent se heurte à l'hostilité
des habitants dès qu'il arrive à
Grady. Ellen est jouée par une actrice
sans charme et sans charisme, Kathleen Widdoes,
ce qui n'empêche pas l'épisode
d'avoir 4 étoiles. Deux personnes s'emploient
à soi-disant protéger Ellen, ce
sont en fait des envahisseurs qui ne vont pas
tarder à vouloir la tuer. L'un d'eux,
Monsieur Ames, est joué par l'acteur
Robert Emhardt. Ce Ames et une" vieille chouette"
interprétée par Jeanette Nolan,
Mlle Havergill, font penser à des membres
d'une secte, tant ils oppressent Ellen et veulent
la rendre folle en l'obligeant à ne pas
se souvenir de ce qu'elle a vu.
Vincent
doit aussi compter avec l'hostilité du
fiancé d'Ellen, Ed, qui a peur qu'il
la rende folle et n'hésite pas à
rosser notre héros.

Mais
Vincent s'obstine et entraîne Ellen dans
le silo où ils découvrent avec
horreur dans une grande boite vitrée
rectangulaire genre aquarium des papillons....
La musique de Dominic Frontiere devient
sinistre quand Vincent, avec précaution,
insère un morceau de viande et que les
bestioles se jetent dessus, le laissant aussi
nu que si les papillons avaient été
des piranhas. À la fin de l'épisode,
en se battant, Vincent fait tomber un envahisseur
sur cette installation et il fait une grimace
en voyant l'alien mourir dévoré
et s'évaporer dans le brouillard rouge
habituel.
Paul
Wendkos, le réalisateur, a décidé
de nous flanquer la trouille et il y réussit.
La musique, la folie d'Ellen, l'attitude oppressante
des fermiers, policiers, qui sont des envahisseurs
(les fermiers aliens ont racheté toutes
les terres alentour), tout cela ne nous donne
pas envie d'aller passer un week-end à
Grady. David Vincent restera d'un bout à
l'autre courageux malgré les coups et
les menaces. La scène où Ellen
et lui s'enfuient dans un champ poursuivis par
les locustes est digne d'Hitchcock.
Vincent
fera échec au plan en convaincant Ed,
le fiancé d'Ellen, qui d'ailleurs avoue
à ce dernier ce qu'elle a vu dans la
grange. Beaucoup de pleurs, de crises de nerfs,
de la part de l'institutrice, mais bon, l'histoire
s'y prête. À eux deux, ils vaincront le
projet terrible des envahisseurs. Seul bémol :
la disparition du silo souffre d'un effet spécial
cheap.
À
la fin de l'épisode, Ellen et Ed veulent
tout oublier : "Cet affreux cauchemar, je
ne veux plus le revivre" dira Ellen. Lorsque
les amoureux demandent à Vincent s'il
comprend il dira d'un ton glacial : "Non,
pas après ce qui s'est passé",
"Bonne chance à tous les deux".
Avec
cet épisode, la saison 1 atteint des
sommets. Il fut diffusé en France en
1969 au milieu d'une tranche de 13 comprenant
des saisons 1 et des saisons 2 (Les défenseurs,
La rançon). C'est un épisode
indispensable, comme L'innocent, La tornade,
Première preuve, La mutation et
L'ennemi. Si vous le regardez un soir
d'été les fenêtres ouvertes,
je suis sûr qu'au moindre bourdonnement
vous allez saisir dans votre main une bombe
insecticide.
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8.
À L'OMBRE DU DERNIER JOUR
(DOOMSDAY MINUS ONE)

  
Un épisode
nettement décevant arrivant après
Cauchemar, même si l'action
et le suspense sont au rendez-vous. Et toujours
ces scènes glaçantes d'horreur,
comme le meurtre de Spencer, le contact de
David dans le prégénérique
(les aliens le coincent d'abord dans la cabine
téléphonique d'un bar, puis
le tuent avec leur petit disque). Et aussi
cette scène où Vincent se rend
compte que le passager d'une automobile regarde
devant lui sans que ses yeux soient éblouis
par le soleil. Les aliens économiseront
donc les lunettes de soleil quand ils auront
envahi la Terre.
Vincent
arrive près d'une base militaire où
un haut gradé, rendu fou par la mort de son
fils, collabore avec eux (il est joué
par la vedette de la série Le Ranch
L, Andrew Duggan). Vincent est venu là
parce qu'il y a un cratère suspect
qui cache sans doute le crash d'une soucoupe.
Mais il ne tarde pas à se rendre compte
que le général Beaumont (Duggan)
veut aider les aliens à faire sauter
une bombe pour épouvanter les humains
et obtenir le désarmement. Ce général
naïf finira par se sacrifier en sautant
avec la bombe et les envahisseurs, empêchant ainsi
la catastrophe.

Il
y a des scènes d'action (poursuite
en voiture au début), puis, encore
en voiture, Vincent réussit à
échapper à la mort alors qu'il
est prisonnier. La voiture tombe dans un ravin
et nos aliens s'enflamment. Le décor
de l'épisode alterne base militaire
ultra secrète et paysages de désert
(comme dans La mutation et Les
sangsues). Un épisode masculin,
pas le moindre jupon à l'horizon. C'est
réussi mais pas extraordinaire.
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A nouveau un fantastique
épisode. Il commence par le crash d'un
d'avion, et le début d'une chasse
autour d'un mystérieux cylindre qui contient
des instructions venant de la planète
des envahisseurs.
Des acteurs merveilleux sont dans cet épisode :
Milton Selzer (l'un des tous premiers guest
de Hawaii Police d'État dans
Nous serons des étrangers),
James Whitmore, et la fantastique Susan Strasberg,
hélas disparue en 1999.
L'épisode
est palpitant et mène en bateau le
téléspectateur qui pense que
Harry Swain/James Whitmore est un gentil,
alors que c'est un envahisseur.
Le cylindre fait l'objet d'une vaste envie
des aliens : ils vont attaquer un convoi, puis
demander à Swain d'attirer Vincent
dans le vol du cylindre. Comme dans les films
d'Hitchcock, le cylindre n'est qu'un prétexte,
ce que Hitchcock appelait le mac guffin.
Nous assistons à de formidables numéros
d'acteurs, à une histoire pleine de
suspense. Ah, cette scène où
le faux cylindre est déposé
par les policiers sur un entrepôt à
bagages, des policiers qui au dernier moment
renoncent à le prendre en voyant le
signe de dénégation d'un autre
alien.

James
Whitmore se fait passer pour une victime des
aliens. Il est convaincant lorsqu'il raconte
à Vincent la (fausse) mort de sa femme
et de sa fille : la fille aurait vu une soucoupe
volante et Swain serait arrivé, lors
d'un pique-nique en campagne, pour voir mourir
sa femme et sa fille. Cette scène dramatique
est intense. Elle se révèle
être un bluff de Swain.
Un
mot sur Susan Strasberg, une des plus jolies
invaders girls. Elle a joué
dans des films d'épouvante comme
The Returning. Elle joue le rôle
de la sage Diane Oberly. Il émane d'elle
une grande sensualité.
J'ai lu un jour une interview de Michael Douglas,
il a raconté qu'à l'occasion
d'un de ses premiers tournages, il avait une
scène d'amour explicite avec l'actrice
Susan Strasberg et qu'il lui a dit : "J'espère,
Susan, que vous ne le prendrez pas personnellement
si j'ai une érection". Je n'ai
jamais pu trouver de quel téléfilm
ou film il parlait...

Milton
Selzer au visage plein d'expressions était
un acteur formidable, il faut le voir dans
sa réplique désabusée
à Vincent : "Si Léo Rinaldi
n'avait pas représenté tant
pour moi, jamais je n'aurais consenti à
vous écouter".
Équation
: danger bénéficie, outre
d'une distribution exceptionnelle, d'un scénario
béton plein de fausses trappes, de
pièges, sans tomber dans le trop
plein d'action de À l'aube du dernier
jour. Il nous tient en haleine pendant
50 minutes.
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10.
L'INNOCENT
(THE INNOCENT)

   
Ernest Lehman, scénariste de La
Mort aux trousses d'Hitchock, aurait
pu prendre ombrage de cet épisode
dans lequel toute une scène est
reprise de son film : lorsque Cary Grant
est saoûlé de force et lancé
du haut d'une route sinueuse de montagne
au volant de sa voiture... Nous en avons
le plagiat intact ici avec Vincent et un
témoin qui réussissent comme
Grant à échapper à
la mort.
Savez-vous comment s'appelle la planète
des envahisseurs, cette planète en
train de mourir que les aliens sont obligés
de quitter et qui les conduit à coloniser
la Terre ? Larry Cohen n'a jamais évoqué
de nom, ni les scénaristes de la
série. Et bien en 1969, Télé
Poche et Télé Magazine nous
annonçaient que dans L'innocent,
David était conduit sur la planète
des envahisseurs, Utopia, pour vérifier
par lui-même qu'ils avaient changé
de comportement et voulaient le bien des
humains.
Bien évidemment, c'est dû à
une mauvaise traduction et à un contresens.
Dans l'épisode, les envahisseurs
font un lavage de cerveau à Vincent
alors qu'il se trouve à bord d'une
soucoupe (qui n'a pas décollé !)
et lui font croire à ... une utopie!
À
quoi tiennent les choses quand même,
suite à une mauvaise traduction...

L'innocent
est l'un des meilleurs épisodes de
la série. On le doit à un
scénario magnifique, fort bien mis
en scène (nous croyons que David
a été emmené en soucoupe
d'un point à un autre) et à
la présence du grand, par la taille
et par le talent, Michael Rennie.
Ce
comédien, décédé
en 1971, avait déjà tâté
de la SF avec Le Jour où la Terre
s'arrêta, où il venait
en mission de paix sur Terre en extraterrestre.
Il joua deux fois dans Les Envahisseurs : L'innocent et l'épisode
double de la saison 2 Conférence
au sommet. Son dernier rôle
en 1971, Dracula et le loup-garou contre
Frankenstein (avec Karin Dor vue dans
On ne vit que deux fois), le présente
encore en extra terrestre, voulant donner
vie à des créatures comme
celles que le titre annonce.
Michael Rennie était un excellent
comédien. On l'a aussi vu dans des
films comme Hôtel Saint Gregory.
Ici, il est Magnus, un chef important des
envahisseurs, venu soit-disant en mission
de paix pour persuader David que les aliens
ont changé de politique et veulent
partager leurs connaissances avec les humains.
Mais c'est un leurre. Ils cherchent d'une
part à récupérer un
de leurs gadgets, un disque extraterrestre,
trouvé par hasard par un pauvre pêcheur,
et aussi à anéantir Vincent
qui doit témoigner devant une commission
militaire. Le capitaine Ross (Dabney Coleman,
qui reviendra en saison 2 dans La soucoupe
volante) a vu un envahisseur mourir.
Il convoque Vincent. Ce témoignage
peut révéler la présence
sur Terre des aliens. Alors, ils imaginent
un stratagème, véritable lavage
de cerveau, enlevant David (et auparavant
jurant qu'ils vont tuer la femme et le fils
du pêcheur), pour empêcher le
témoignage.

L'épisode
nous propose des scènes extraordinaires
: David part donc (en rêve) à
bord de la soucoupe et atterrit dans un
endroit où une cité miraculeuse
a été construite ; il y retrouve
sa fiancée Helen (Katherine Justice).
Dans la réalité, elle l'a
quitté et s'est mariée en
Angleterre. Il y retrouve également
un ami jadis handicapé et que les
aliens ont soigné, un barrage qu'il
voulait construire et que leurs technologies
extra terrestres ont permis de créér...
Tout cela fait partie d'un rêve et
c'est en cela que David est l'innocent de
l'épisode. On lui fait voir des choses
incroyables pour qu'il cesse son combat
contre les aliens à un moment critique
pour eux.
Bien
entendu, Magnus/Michael Rennie, quand il
constatera que le cerveau de David résiste
et perce à jour la supercherie, se
montrera bien moins amical et nous assistons
à la scène pompée sur
Hitchcock.
On
a peur en permanence dans cet épisode.
Tout est agencé pour nous donner
une belle trouille, dès le pré-générique où le capitaine
Ross tue un alien en se défendant
dans un sous- sol militaire. Dans la distribution,
on retrouve aussi l'acteur Frank Marth,
au physique typiquement invader, qui reviendra
dans la série en Eric Lund dans
Action de commando.
Cet
épisode m'a permis de découvrir
l'immense talent de Michael Rennie que je
compare assez à Christopher Lee (ils
sont tous deux anglais). Chaque scène
est magnifiquement photographiée,
le réalisateur Sutton Rolley a évité
les effets kitch et nous donne du beau spectacle :
ah ces têtes allongées et déformées
que Vincent voit lorsqu'il est drogué.
"Restez avec nous Monsieur Vincent"...
Du
grand art, un épisode sans faute,
et que je recommande vivement de visionner.
L'innocent se déroule dans un
port du Maine mais la séquence du
rêve fut filmée en Californie.
La ville de rêve que voit Vincent
nous semble réelle. Michael Rennie
compose avec Alfred Ryder (Vikor, La
rançon, La recherche de la paix)
le meilleur rôle de chef des envahisseurs.
On aurait aimé plus souvent voir
par la suite des épisodes de cette
qualité, surtout en saison 2.
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11.
GUERRE SUBVERSIVE / LE RIDEAU DE LIERRE
(THE IVY CURTAIN)

  
Cet épisode a été diffusé
en France pour la première fois en décembre
1971 (soit bien après les saison
2). Le titre écrit était
Guerre subversive tandis que la voix
de Jean Berger annonçait Le rideau
de lierre.
Encore
un épisode majeur, qui ramène
à ma mémoire immédiatement
trois souvenirs :
-
La beauté de Susan Oliver qui prend
une douche. En 1971, l'ORTF pudibonde était
avare de nudités. Dans cet épisode
- cela ne m'a pas fait tilt en 71 mais je
l'ai remarqué à la rediffusion
antenne 2 de 1975 - nous avons l'une des rares
(la seule) incursion des envahisseurs dans
l'érotisme, bien gentillet ici. Susan
Oliver (encore une belle actrice dont le cancer
nous a privés) joue le rôle de
Stacy, une garce qui va trahir son mari et
provoquer un drame. Elle est souvent aguichante
dans l'épisode et dans une scène
nue sous la douche (mais l'on ne voit rien).
-
Deuxième souvenir : la Midland académy
où les envahisseurs préparent
la guerre subversive ressemble à l'académie
Alpha de L''invasion des terriens :
même les couloirs se ressemblent, et lorsque
Vincent revient avec des policiers, les salles
qui abritaient des machines bizarres ont cédé
la place à de sages salles de classe.
Il en est de même il me semble avec l'académie
Alpha lorsque Tara voit un cosmonaute....
- Troisième
souvenir : Murray Matheson. Ce comédien
a joué par la suite dans Banacek. Il est (moins que Michael Rennie) un de ces
méchants plein de classe et menaçants
que l'on n'oublie pas dans Les Envahisseurs.

Dans
le prégénérique, un aviateur,
Barney, le mari de Stacy, a un accident ; il
transporte des passagers dont il ignore qu'ils
sont des aliens. Mais dans l'accident, l'un
d'eux est blessé et il ne saigne pas.
Les envahisseurs pensent d'abord à le
tuer mais ils ont besoin d'un pilote. Barney,
trahi pour de l'argent par Stacy, finira par
écraser son avion sur l'académie
Midland.
Une
fois de plus c'est un épisode haut de
gamme, même si l'on a moins peur que dans
Cauchemar ou L'innocent. Les
scènes où l'on voit David Vincent
prendre un autocar rappellent l'autre production
de Quinn Martin, Le Fugitif. La paranoïa
est à son comble quand Vincent visite
l'académie, s'en échappe, revient
avec des flics et est pris pour un fou. Nous
sommes loin de ces épisodes très
conventionnels où Vincent ne sera plus
qu'un guide pour l'organisation des believers d'Edgar Scoville.
Vincent
est tellement accaparé par sa lutte contre
les aliens qu'il reste insensible aux charmes
de Stacy, qui oublie toujours intentionnellement
de porter son alliance au grand désespoir
de son aviateur de mari. Il la méprise
même lorsqu'elle tente de s'excuser lors
de l'épilogue. Jean Berger conclut en
disant "David Vincent laissait dans cette
petite ville un être dont le comportement
lui était plus incompréhensible
que celui d'une créature d'une autre
planète".

Lors
de la première diffusion, j'ai cru que
l'épisode se déroulait en 1970.
On voit cette date sur le permis de conduire
de Vincent, mais nous sommes encore au printemps
1967 et c'est la date d'échéance
du permis. Ce genre de petits détails
marque quand on découvre la série.
Vers
la fin de l'épisode, il y a quelques
longueurs, lors du piège tendu à
l'aéroport, qui font que je ne donne
pas la note maximum mais c'est un très
bon épisode.
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12.
LA TRAHISON
(THE BETRAYED)

 
Aïe !
Après de superbes épisodes comme
Cauchemar et L'innocent, voici
un épisode particulièrement kitsch,
multipliant les scènes de coups de pistolets
lasers, d'atterrissage de soucoupe au milieu
de wagons dans un complexe pétrolier.
Ces effets spéciaux sont très
mauvais et multipliés ici donnent une
catastrophe. Vincent retourne l'arme laser d'un
alien contre ce dernier et il disparaît
dans un brouillard rouge. La soucoupe qui atterrit
au milieu des wagons, c'est vraiment too much...
On dirait un épisode tourné dans
un dépôt SNCF.

Il
y a ici le vétéran Ed Begley (vu
dans Le Virginien) qui reviendra en
saison 2 dans Le labyrinthe. L'épisode
a pour trame une bande magnétique qui
permet de localiser la trajectoire pour l'atterrissage
des soucoupes. Bref, rien de bien passionnant.
L'épisode fut diffusé au début
des années 70 sur TMC et RTL. Puis sur
l'éphémère TV6 en 1986.
Et enfin en 1987 lors de la diffusion de l'intégrale.
Il mérite tout juste la moyenne, à
déconseiller pour quelqu'un qui n'aurait
jamais vu la série.
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Voici encore un épisode incontournable.
L'un de ceux qui ont fait la légende
des Envahisseurs. Bien qu'étant
de la saison 1, il fut diffusé en france
en décembre 1971 juste après Alerte
au rouge et La soucoupe volante.
Deux
acteurs fabuleux dans l'épisode : Joseph
Campanella, le patron de Mannix dans
la saison 1, que l'on a vu aussi dans Le
Fugitif et plus récemment, méconnaissable,
dans Cold Case, et puis la très
belle Barbara Luna (particulièrement
à son avantage dans un Hawaii 5-0).
Dès le pré générique,
on a peur, il y a le thème de Dominic
Frontiere, quelqu'un cherche à
faire tomber un arbre ou un poteau sur le
professeur Gantley, un savant qui pense qu'une
tornade qui se dirige sur Miami a une origine
"non naturelle". Gantley est ami
avec un prêtre, Joe Corelli, qui a une
bonne, Lisa.

L'épisode fourmille de ce qui fait un
épisode parfait des Envahisseurs :
Vincent drogué, blessé et inconscient,
en convalescence chez le prêtre, est attaqué
par Lisa qui veut s'en débarrasser, mais
prétendra au père Corelli que
Vincent a voulu la violer.
Les
scènes de tempête donnent à
cet épisode une atmosphère oppressante.
On se souviendra longtemps du moment où
Vincent, coincé dans une voiture
des aliens, supplie un policier de le prendre
en charge. Ceux-ci, pour ne pas se compromettre,
sont obligés de livrer Vincent au flic.

À l'intérieur de l'église, il
y a une installation alien sophistiquée,
on dirait un jeu de monopoly sur lequel les
envahisseurs manipulent la tornade. Si l'assassinat
de Gantley par les aliens lorsqu'il découvre
le bateau qui provoque les tornades est saisissant,
on peut regretter les effets spéciaux
bon marché montrant un mat qui envoie
des rayons vers les nuages. En 1971, sur une
télé en noir et blanc, cela pouvait
passer, mais aujourd'hui cela fait trés
artificiel.
L'épisode sera l'avant-dernier exceptionnel
de la saison 1 (il reste L'astronaute).
Quant à la saison 2, vous allez être
déçus.
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14.
PANIQUE
(PANIC)


Cet épisode a été diffusé
en 1969. En 1973, il fut le premier proposé
dans Samedi est à vous.À chaque fois, je me suis demandé ce
qu'on pouvait bien lui trouver. Certes, il
y a les scènes où Nick Baxter/Robert
Walker junior provoque la mort des terriens
en les congelant, mais en dehors de
cela, l'épisode nous fait mourir d'ennui.
La scène de fin, où Baxter reçoit
un coup de rayon depuis la soucoupe et meurt
dans le brouillard rouge habituel, est ridicule.
Lorsqu'ils
ont écrit Panique, les scénaristes
devaient commencer à fatiguer : comment
peut-on avoir dans une même saison
Première preuve, La mutation,
L'innocent, Cauchemar, La tornade, Guerre
subversive et cet épisode fermier,
avec RG Armstrong, un familier des années
60.

L'intérêt de l'épisode,
c'est de voir la femme de Roy Thinnes, l'actrice
Lynn Loring, qui a soi-disant rencontré
Roy sur cet épisode. Faux et archi
faux, ignorance de Télé Poche,
Roy et Lynn se connaissaient depuis le début
des années 60. J'avoue que je n'ai
trouvé aucun charme à Lynn
Loring, et que Roy Thinnes (qui ressemblait
un peu à Paul Newman) était
bien plus beau qu'elle. Mais bon c'est leur
affaire. Depuis, Roy Thinnes a divorcé.
Cela dit, Panique est un épisode
peu passionnant. Multi diffusé dans
les années 70 et 80, alors qu'il
est loin d'être indispensable.
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15.
L'ASTRONAUTE
(THE ASTRONAUT)

  
C'est le dernier bon épisode de la saison
1.
D'emblée,
cet épisode nous fait peur, très
peur, avec les astronautes assassinés par
des envahisseurs envoyant un brouillard rouge
asphyxiant depuis un hélicoptère.
C'est
aussi un épisode où nous apprenons
que les envahisseurs n'ont ni œur, ni pulsations
cardiaques. Hardy Smith -l'astronaute alien- est
obligé, avant ses visites médicales,
de simuler des battements de cœur avec un gadget
qui ressemble à un rasoir électrique.
Peter
Graves, le Jim Phelps de Mission Impossible,
est la co-vedette de cet épisode dans lequel
on découvre Ken Smith dans le rôle
d'un homme de la NASA, à l'époque
il n'était pas encore Edgar Scoville.

Le
scénariste réussit à nous
à flanquer la trouille, notamment lors
de la scène du film retrospectif qui montre
le visage de Hardy Smith après un attentat.
Il a été défiguré
mais Vincent, en visionnant le film, comprend
que l'envahisseur de l'histoire est Hardy Smith.
Autre
scène vraiment flippante : un mendiant ayant
assisté à la mort des astronautes
et vu l'étrange brouillard rouge, un
policier alien avec une arme ressemblant à
un diamant lui lave le cerveau, et l'homme ensuite
est hébété et a perdu la
raison. Ce genre de choses persuade Gavin Lewis
(Peter Graves), ancien astronaute, que David Vincent
a peut-être raison.
La scène finale où la propre épouse
de Hardy Smith tente de convaincre la NASA que
son mari est un imposteur est poignante.
Cet
épisode plaira particulièrement
aux fans de Mission Impossible - pour
Peter Graves -, mais c'est un très bon
épisode.
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16.
LE MUR DE CRISTAL / LE CRISTAL MYSTÉRIEUX
(WALL OF CRYSTAL)


Même problème que Guerre subversive :
Jean Berger nous annonce le titre de l'épisode
Le mur de cristal alors que le titre
inscrit est Le cristal mystérieux.
La
première fois que j'ai vu cet épisode,
en 1969, je l'avais trouvé formidable :
on voit le frère et la belle-sœur de
David, il y a une usine où les envahisseurs
tendent un piège à Vincent et
sont là avec leurs combinaisons vertes
et leurs pistolets sèche-cheveux laser.
Et toute l'usine, en manipulant un simple levier,
disparaît dans un brouillard rouge.

Quelques
années plus tard, j'ai trouvé
cet épisode complètement gnan
gnan et raté. Certes il y a Peggy Lipton
de La Nouvelle Équipe et Twin Peaks
en jeune mariée dans le pré générique.
Il y a cette scène où, un scientifique
analysant le cristal, un envahisseur
arrive et provoque son asphyxie.
Mais
la vie de famille de David est peu passionnante :
après avoir découvert son ex fiancée
dans L'innocent, voici son frère,
le docteur Bob Vincent (Linden Chiles) qui jouera
infiniment mieux en Jeremy Mace dans l'épisode
Action de commando. Julie Sommars en
belle-sœur de Vincent joue bien mal. L'épisode
a plu à l'enfant que j'étais en
1969, mais je suis très vite tombé
de haut, dès la rediffusion de 1973.
Enfin,
Edward Asner (le héros de Lou Grant)
peine à nous faire croire à son
personnage de Taugus, qui s'efforce de tout
faire pour être menaçant. Il est
vrai que le script n'est pas à la hauteur.
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17.
LE CONDAMNÉ
(THE CONDEMNED)


Voilà
l'épisode qui conclut la saison 1 mais
ressemble à un épisode saison
2. Nous n'avons plus droit à la superbe
musique de Dominic Frontiere mais à une
sorte de soupe.
Nous
avons découvert l'épisode seulement
en 1987 sur TF1. Ralph Bellamy, qui joue le
rôle principal Morgan Tate, un homme qui
possède des documents sur les envahisseurs,
interprétait dans le pilote de la série
L'Immortel le rôle du médecin
découvrant la nature du sang miraculeux
de Ben Richards.

Il
y a une scène qui m'a fait prendre un
fou rire involontaire dans cet épisode :
Vincent raconte ce qui lui est arrivé.
Il décrit ce que nous avons vu, mais
c'est tellement absurde qu'on ne peut qu'éclater
de rire. Deux personnages d'une autre planète
ont tiré avec un pistolet laser sur une
voiture accidentée, ce sont des créatures
d'un autre monde etc... Lorsqu'il raconte cela,
sans nuance, on a envie de rire et on comprend
que les autres prennent David pour un fou.
L'actrice
Marlyn Mason (une habituée des séries
comme Mannix, Banacek, Hawaii 5-0, Le Fugitif)
est bien jolie en fille de Morgan Tate, une
fille têtue qui se met du côté
des aliens contre son père par naïveté.
Mais, bon cela ne suffit pas à faire
un bon épisode des Envahisseurs,
surtout pour conclure une saison
Crédits
photo : TF1 Vidéo.
Images
capturées par Patrick Sansano.
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