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HORS
SERIE
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Bien qu'étant le premier épisode
de la saison 2, cet épisode ressemble à
s'y méprendre à ceux qui nous ont
passionnés dans la saison 1.
De superbes interprètes sont dans l'épisode :
Antoinette Bower (vue aussi dans Le Fugitif,
Hawaii 5-0), Jason Evers (vu dans plusieurs
Mannix), Mort Mills (un physique qui
rappelle Frank Marth de L'innocent et
Action de commando)
Une
jeune femme, Laurie Keller (Antoinette Bower)
fait une chute de cheval. Un médecin
s'arrête et constate que son cœur ne
bat plus. Or c'est une alien qui est simplement
évanouie. Le docteur téléphone
d'une cabine pour annoncer la mort de la jeune
femme, qui se relève. Musique de Dominic
Frontiere et deux envahisseurs noient le docteur
dans un lac.

Nous
revenons dans ce que nous n'aurions jamais dû
quitter : l'ambiance oppressante des Envahisseurs.
Après le générique, nous
découvrons le mari amoureux (Jason Evers)
subjugué par son épouse alien
qui lui met derrière le cou une arme
permettant de le contrôler et de lui
faire révéler des secrets militaires.
L'objectif
est de neutraliser le système de défense
de l'espace et de permettre à des soucoupes
d'arriver en masse sur la terre sans être
repérées.
Vincent
comme d'habitude mène son enquête
en solitaire et devra, poursuivi par des aliens,
quitter précipitamment son break, touché
par les rayons des pistolets sèche-cheveux.

Le
suspense grandit et le major Dan Keller (Jason
Evers) finit par comprendre que Vincent a raison,
mais trop tard. La scène finale au centre
d'opérations du NORAD qui surveille l'espace
est grandiose (même si les avions de chasse
qui décollent sont sans doute des stock-shot,
la série n'ayant pas les moyens d'une
telle mise en scène).
On
revient donc à l'ambiance des premiers
épisodes et nous avons peur, trés
peur.
Cette
ambiance de montagne isolée, de bases
souterraines, de complots, d'épouse qui
a séduit le major Keller peu après
la crise cardiaque de sa première épouse,
font que nous sommes dans Les Envahisseurs,
indubitablement.
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Cet épisode a été diffusé
en novembre 1971 et rediffusé sans être
annoncé dans Les dossiers de l'écran
de la jeunesse un mercredi après-midi de janvier 1975 lors des débuts
d'Antenne 2.
Lors
de sa rediffusion en 1987, il fut l'objet d'un
second doublage, le texte était différent :
ayant enregistré les 26 épisodes
ORTF sur des cassettes audio, je connaissais
les répliques et les voix. Dans la version
1971, c'est Henri Djanik, la voix française
de Telly Savalas dans Kojak qui doublait
le shérif dans le pré générique.
L'épisode
nous propose plusieurs comédiens confirmés :
Ann Francis, Dabney Coleman (L'innocent),
Sandy Kenyon. Il s'agit d'un épisode
se déroulant dans le désert comme
Les sangsues ou La mutation.

Nous
voyons pour la première fois la soucoupe
volante sous toutes les coutures, on voit David
monter dedans, toucher les commandes, être
seul maître à bord, sans que cela
fasse cheap. D'ailleurs, dans les livres
qui abordent les séries américaines,
ce sont souvent des photos de cet épisode
qui sont retenues, car elles sont les plus accrocheuses.
En
1971, l'épisode fit sensation, c'était
avec Alerte rouge le retour des Envahisseurs
après deux ans d'absence, pendant lesquelles
la seule consolation fut une bande dessinée
éditée par Sagedition et dont
le premier numéro s'appelait La montagne
disparue.
L'histoire
de l'épisode est assez facile à
résumer : David s'empare d'une soucoupe,
envoie quelqu'un chercher les autorités,
mais Ann Francis est prisonnière et David
l'échange avec les aliens.
Il
a pris des photos mais le chef (Sandy Kenyon)
lui dit alors : "Un petit détail
encore, votre appareil."
Un
épisode absolument typique des Envahisseurs,
qui contient tout ce qu'on peut attendre de
la série.
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3.
LES ESPIONS
(THE WATCHERS)


Cet épisode, diffusé seulement
en 1987, ce qui n'est pas une catastrophe, fut
parfois présenté dans les programmes
télé sous le titre L'espion.
Il
s'agit d'un épisode particulièrement
soporifique, avec une musique (Duane Tatro?)
qui nous casse les oreilles. La seule scène
qui rappelle la saison 1 est le suicide forcé
du gérant de l'hôtel dans le pré
générique.

Ensuite,
l'histoire devient vite ennuyeuse. Très
peu de suspense, on le regrette car il y a Kevin
Mac Carthy de retour en terrain connu (il fut
le héros de la première version
de The body Snatchers). L'intrigue
s'étire péniblement jusqu'à
la cinquantième minute. La vedette de
l'épisode est une jeune aveugle, Margaret,
fille de Kevin Mc Carthy.
Il
est facile de deviner que c'est l'un des épisodes
que je regarde le moins.
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4.
LA VALLÉE DES OMBRES
(VALLEY OF THE SHADOW)

 
Retour
à l'ambiance parano et suspense des Envahisseurs,
avec cet épisode. Un envahisseur, fait
prisonnier dans la petite ville de Carterville,
tente de s'évader. Cet alien a tué
froidement un médecin qui se portait
à son secours après un accident
de voiture simplement pour cacher sa nature
d'extraterrestre. Lors de sa tentative d'évasion,
l'alien est tué et cela en présence
de nombreux témoins dont la police.
Si David a enfin sa preuve de l'existence des
envahisseurs, il déchante vite comprenant
que les envahisseurs encerclent la ville, coupent
toutes les communications et vont tuer tous
les habitants de Carterville.
Par sa structure narrative, l'épisode
évoque le début du film Le
village des damnés. Pour sauver
les habitants, Vincent propose un marché
aux envahisseurs : effacer la mémoire
des habitants au cours des dernières
vingt-quatre heures.

Ce procédé hypnotique rappelle
l'épisode Le document disparu
des Avengers saison 6 où les
laveurs de carreaux effaçaient la mémoire
des personnes dans un bureau (dont Tara King).
L'épisode
marque un retour aux scènes qui font
peur, par exemple, la voix deformée du
chef des envahisseurs (qui a pris l'identité
d'un militaire) : "Habitants de Carterville...".
Nous entendons d'abord cette voix de façon
déformée, puis prononcée
normalement par l'alien qui utilise un appareil
qui déforme les voix.
Le procédé reste tiré par
les cheveux car il est un peu gros qu'en remontant
les montres, en faisant voir une version différente
des évenements de la journée (un
peu comme dans le film avec Bill Murray Un
jour sans fin), les habitants perdent si
vite la mémoire.
Néanmoins,
c'est un épisode qui revient à
une moyenne honnête pour la série.
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Cet épisode a traumatisé toute une
génération de téléspectateurs.
Il fut diffusé après Guerre
subversive en décembre 1971 avant
une trêve des confiseurs : la série
ne fut pas diffusée pendant les fêtes
de Noël 1971.
Pour
la première fois, nous allons voir un envahisseur
sous sa forme originelle. Blake, un alien, est
le seul survivant du crash d'une soucoupe volante.
Dès les premières images, nous savons
que l'épisode est de la trempe de Cauchemar.
Une
jeep, la nuit, conduite par Gale, une infirmière
qui revient du Vietnam et croit avoir vu toutes
les horreurs du monde. Une lumière dans
le ciel : la soucoupe habituelle, mais cette fois,
elle a une panne et s'écrase. Deux aliens
à bord, en combinaison verte, le premier
meurt et son corps disparaît comme d'habitude.
L'autre, Blake (Richard Anderson, Oscar Goldman
de L'Homme qui Valait Trois Milliards)
entend la jeep, et menace l'infirmière
de son pistolet laser. Mais, blessé, il
s'évanouit.

Blake
est recueilli par Gale dont il se sert sans scrupules.
Il lui dira : "Rien de ce que vous avez vu
au Vietnam ne peut être comparé avec
moi". Blake, comme Vikki dans La mutation,
va vers la fin de l'épisode, éprouver
des émotions. Ce qui le poussera à
sauver Gale et Vincent à la fin de l'acte
4 au détriment de ses congénères.
David Vincent recherche la soucoupe écrasée
(en vain, car Blake l'a désintégrée
d'un coup de laser). Il rencontre Gale et se heurte
à son hostilité. Il comprend qu'elle
le protège. Blake a besoin d'une régénération,
ses mains commencent à ressembler par moment
à une forme assez gluante (sur leur planète,
les aliens ressemblent à des mollusques).
Gale
va changer d'avis sur son "protégé"
lorsque son amoureux, l'adjoint du shérif,
que joue Paul Mantee (figure familière
des séries 60's) sera tué par Blake
qui aura récupéré son pistolet
laser. Pendant
ce temps, deux envahisseurs sont à la recherche
de Blake et de la caisse qu'il transportait dans
la soucoupe. Ils se font passer pour des chercheurs
d'or voulant acheter une mine.
L'ambiance
est prête pour un film d'épouvante :
mine abandonnée, orages, éclairs,
fuite de Gale et Vincent, Blake les poursuit avec
une lampe de mineur et son pistolet forme sèche-cheveux tout en reprenant sa forme d'origine.
L'épisode La genèse est
évoqué par Vincent : "La seule
autre personne ayant vu un envahisseur sous cette
forme a perdu la raison".

L'épisode
rivalise alors vraiment avec Cauchemar
pour le qualificatif du plus horrifique de la
série. Il reste un mystère : après
un tel chef-d'œuvre, qu'est ce qui a pris aux
producteurs et scénaristes de nous offrir
en saison 2 des histoires banales, où le
thème de Dominic Frontiere est rare, où
les aliens utilisent nos révolvers et non plus
leurs armes de l'espace ?
Dans
la mine, Gale et Vincent sont confrontés
aux deux aliens chercheurs d'or tandis que Blake
arrive. Les mains ressemblent à deux griffes
gélatineuses, le visage n'a plus rien d'humain
mais le réalisateur s'efforce de laisser
Blake dans l'ombre. Ce sera bien plus efficace
et effrayant que dans le téléfilm
séquelle de 1995 avec Scott Bakula où
ils ont grosso modo le même visage monstrueux
mais en plein jour.
Blake
d'un coup de pistolet laser abat ses deux compatriotes,
et demande à Vincent : "Je souffre,
faites quelque chose". Vincent le tue d'un
coup de pistolet et Blake disparaît.
Cet
épisode nous donne une idée de ce
qu'aurait été la série si
Larry Cohen n'en avait pas été dépossédé
dès le départ. Cohen avait même
imaginé que les aliens avaient un œil
dans la paume de la main, ce que le chanteur Jean
Louis Murat au début des 90's utilisera
dans un clip.
Cet
épisode sans temps mort vous garantit cinquante
minutes de bonne trouille, et vous en apprend
beaucoup sur la série. Malheureusement,
après L'ennemi, la série
va perdre en force et en qualité et il
n'y aura jamais de saison 3.
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6.
LE PROCÈS
(THE TRIAL)


Cet épisode fut diffusé par TF1
l'été 1987. Sony Music Video en
1992 l'avait selectionné comme un des
12 meilleurs épisodes lors de l'édition
de 4 VHS. Incompréhensible.
Jamais
je ne comprendrai ce qui est passé par
la tête de la production pour, après
un chef-d'œuvre comme L'ennemi, nous
livrer cette ineptie qu'est Le procès,
un des plus mauvais épisodes de la série.
Pour
vous en convaincre, on peut citer deux scènes :
les parents d'un envahisseur qui a été
tué viennent témoigner au procès
que leur fils était bien humain, ils font
leur déposition, puis vont à la
machine à café où seul David
Vincent les voit, ils s'adressent alors à
lui en le narguant et en prenant un cachet mortel
et s'enflamment dans le fameux brouillard rouge.

Autre
énormité : Janet Wilk (jouée
par la délicieuse Lynda Day qui n'était
pas encore Lynda Day George) était mariée
à l'alien tué. Mais elle ne s'en
est pas rendu compte ou plutôt a seulement
constaté... qu'ils n'ont jamais fait l'amour.
L'histoire
est absurde : deux hommes se battent, l'ex fiancé
de Janet et son mari alien. Ce dernier meurt dans
le contexte habituel, mais comme on ne trouve
pas de corps, Charlie Gilman, qui se trouve être
un ami de David et l'ex de Janet, est accusé
d'avoir jeté le corps du mari alien dans
un haut fourneau.
Finalement,
le juge et l'avocat général (ce
dernier joué par Harold Gould, le médecin
de L'expérience de la saison 1)
abandonnent les charges contre Gilman quand Vincent
fait une entaille avec un morceau de verre au
visage de l'avocat de Gilman qui est un alien.
Pas de sang, l'avocat s'enfuit, est tué,
brouillard rouge.
Ce
devrait être la fin de la série,
cette fois un juge et un procureur ont vu ce que
David Vincent raconte depuis Première
preuve, mais non, on continue la série.
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7.
LES SPORES
(THE SPORES)

 
Résumons
d'abord ce que nous savons des envahisseurs et
de leur nature, car cet épisode va dénoter
en ne se présentant pas dans la continuité
logique des précédents.
Sous
leur forme d'origine, ils ressemblent à
des mollusques (La genèse, L'ennemi).Ils
ont quand même "ce que l'on appelle
un père" (Vikki dans La mutation).
Ils ne supportent pas l'oxygène et doivent
se régénérer pour garder
leur forme humaine (Blake dans L'ennemi
dit qu'ils doivent trouver une solution pour
survivre avec l'oxygène sur Terre).
Jusqu'ici,
il n'a donc jamais été dit qu'ils
étaient une espèce végétale,
élément qui a été
utilisé avec les body snatchers
de Jack Finney.
Donc,
Les spores, où un envahisseur
joué par Gene Hackman transporte dans
une valise des graines d'alien, est anachronique.
À
partir de là, l'épisode peut se
regarder, d'abord pour la présence exceptionnelle
de Gene Hackman, ensuite pour le suspense et
les scènes horrifiques.

Les envahisseurs transportent donc des spores
dans une mallette, à bord d'une vieille
camionnette type années 50, mais un barrage
de police (qui est là pour autre chose)
vient perturber nos ennemis qui font demi-tour
et prennent la fuite.
Tom Jessup (Gene Hackman) est assis à
côté du conducteur ; dans la fuite,
la camionnette a un accident auquel Jessup survit.
Ernie, le sergent de police, hélas pour
lui ex alcoolique, assiste à la mort
des deux autres occupants de la camionnette
et croise le regard de Jessup. Ernie est confronté
à Jessup, et c'est le policier que l'on
ne croit pas (en raison de son passé).
Or depuis deux ans, Ernie n'a plus bu et doit
prendre sa retraite dans un an. Pourtant, Ernie
s'accroche à son rapport et est suspendu.
Vincent se rend au commissariat et ne tarde
pas à tenter de voler la valise de Jessup
qui va passer de mains en mains, de jeunes voyous
à un couple peu scrupuleux (la femme
dans ce couple c'est Patricia Smith qui jouait
l'épouse du pêcheur dans L'innocent) ;
l'un des voyous sera tué par les aliens.
Notons que lorsqu'on ouvre la valise, ce que
l'on y voit est particulièrement horrible.
Les graines ressemblent à de petites
bestioles en train d'éclore.
Vincent
fait équipe avec Ernie contre Jessup.
Des enfants volent la mallette, l'ouvrent et
voient ces "choses", l'un des trois
enfants s'enfuit et prévient la police
où s'est rendu Jessup. Les deux gamins
restant sont dans une serre où ils plantent
les graines qui poussent à une vitesse
record. Jessup et deux aliens accompagnent le
troisième enfant (qui s'est rendu à
la police) à la serre. Heureusement,
David et Ernie sont là.
Vincent
confectionne un cocktail explosif avec une bouteille
de whisky en récupérant un peu
d'essence sous la voiture et le lance sur la
serre qui prend feu. La déception vient
de la dernière scène : les spores,
avant de brûler, ressemblent à
des petits fantômes, là où
on aurait pu nous montrer quelque chose de bien
plus horrible style Blake dans la mine de
L'ennemi.
Malgré
tout, pour le suspense, le retour à une
intrigue qui tienne la route (pas comme Le
procès), l'épisode se regarde
avec plaisir. Et puis il y a Gene Hackman qui
ne fait pas qu'une apparition, il est là
jusqu'à la fin de l'acte 4.
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8.
UN CURIEUX VOYAGE
(DARK OUTPOST)

 
Comme Les spores,
encore un épisode qui aura attendu
la diffusion de l'été 87 sur
TF1 pour nous fans français. Cet épisode
va nous faire une des plus fausses joies de
la série.
En effet, dans L'innocent et La
soucoupe volante, David Vincent était
monté à bord d'une soucoupe,
dans le premier cas on lui a fait croire qu'elle
a décollé (en fait il a subi
un lavage de cerveau), dans le second il est
dans la soucoupe mais reste au sol.
Dans cet épisode, Vincent enquête
sur la mort mystérieuse de deux infirmiers
victimes d'hémorragie cérébrale
(un petit coup de disque sur la nuque) alors
qu'ils transportaient un alien malade. Car des
maladies sans grande gravité pour nous
sont dangereuses voire mortelles pour les
aliens. Vincent découvre que le malade
allait se rendre dans un entrepôt et
là il retrouve ses vieux ennemis bien
affairés. Il se cache dans un container
que les autres mettent dans une soucoupe,
et celle-ci décolle.
Alors,
pendant un instant, on se dit : "Ça y
est ! On va enfin voir la planète des
envahisseurs. Vincent va-t-il survivre sans
oxygène, va-t-il supporter le voyage,
comment est la planète ?".... Hélas,
la destination des aliens n'est pas leur planète
mais le désert (encore !) sur notre
bonne vieille Terre. Vincent se réveille
mais bon, nos ennemis auraient pu se servir
d'un semi-remorque (comme celui de Première
preuve), pourquoi utiliser une soucoupe
pour "faire de la route" ?

On
se rend compte que ABC manque de moyens pour
faire une vraie série de science-fiction,
ou alors veut rester dans le vraisemblable
en ne nous en montrant pas trop (style les
space opéra ou La Planète
des Singes).
La
suite de l'épisode est un peu décevante.
Vincent tombe sur un prof avec ses élèves
turbulents qui font un cours de physique en
... plein désert. Le prof nommé
Devin (William Sargent) sera vite tué
par les envahisseurs, mais l'un d'eux prendra
son apparence grâce à une illusion
d'optique pour rester dans le groupe d'élèves
et les faire parler. Quand il y a une soucoupe,
un repaire des aliens n'est pas loin. Ici
ils se font passer pour des militaires et
ont une base secrète où David
dérobe un cristal qu'il cache. Mais
une fille du groupe le vole, et c'est ce cristal
que les envahisseurs veulent récupérer.

Par
manque de moyens, le reste de l'épisode
est terne. Vincent et les étudiants
réussiront à survivre et à
battre les aliens, mais lorsque de vrais militaires
arrivent, il n'y a plus de preuves et c'est
reparti pour un tour. L'histoire se passe
donc dans une base militaire désaffectée
avec beaucoup de parlotes, alors qu'au début
nous pensions percer bien des questions sans
réponses.
Allez,
pour le voyage en soucoupe, je mets la moyenne.
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9.
CONFÉRENCE AU SOMMET - 1re PARTIE
(SUMMIT MEETING PART ONE)

  
Nous
en arrivons donc à Conférence
au sommet - 1re partie,
qui après les fêtes de Noël 71,
marquait le retour des Envahisseurs.
À noter que Télé Poche avait
écrit lors de la présentation
de Alerte au rouge (annoncé
par le magazine Alerte rouge !) que
"Les envahisseurs, qui nous
avaient quittés le 27 novembre 1969,
reviennent ce soir pour une série de
seize épisodes"... Nenni, il n'y
en eut que treize.
À
cette époque là, les téléspectateurs
français pensaient que la seconde série
nous permettrait de voir la fin. Et que chaque
épisode était un pas de plus
vers l'épisode final. Nous étions
très sous-informés en janvier
1972. Conférence au sommet est
le seul épisode en deux parties des
Envahisseurs, comme Le long sommeil
pour les New Avengers. Dans cet épisode,
plein de visages connus, d'abord Michael Rennie
qui jouait Magnus dans L'innocent,
et revient dans le rôle de Per Alquist,
adjoint du président d'un pays scandinave.
On apprend aussi que Vincent a un meilleur
ami : Michael Tressider qui ne s'était
guère manifesté jusque-là.
Le personnage est joué par William
Windom. On l'avait vu en militaire dans À
l'aube du dernier jour. Bizarrerie des
séries américaines, on sait
que Vincent a un frère, une belle-sœur
(Le mur de cristal), une fiancée
qui l'a quitté (L'innocent)
mais on découvre sa vie privée
au fur et à mesure que la série
avance. Tressider est un ami de longue date
dans Conférence au sommet,
mais jusquà présent il n'en
avait pas été question.

Diana
Hyland joue le rôle d'Ellie Markham,
elle avait été la femme de Vikor
dans la première saison, mais en 72
en France, nous n'avions pas vu Vikor.
Dans un rôle de général,
on retrouve Ford Rainey, il jouait le docteur
Grundy dans Panique.
En saison 2, les mêmes acteurs dans
d'autres rôles, reviennent. Cela permet
aux morts de revivre comme James Daly, tué
dans Première preuve qui reviendra
dans La recherche de la paix.
Conférence au sommet - 1re partie
se passe en Amérique, et la seconde
partie en Scandinavie. Ce sont donc deux atmosphères
différentes.
La première nous révèle
que le taux de radioactivité sur terre
a grandement augmenté et que Thor Halvorsen,
un président scandinave, propose à
tous les pays son aide : il dispose de l'AR5.
Ce produit contre les radiations, il veut
en faire part à toutes les nations
du monde lors d'une conférence au sommet.
En réalité, les envahisseurs
manipulent Halvorsen. Ellie pour sa part est
une envahisseuse. Vincent s'en rendra compte
lorsqu'elle l'invite à dîner
et découpe le gigot, elle se fait une
entaille et ne saigne pas. David veut prévenir
la police mais elle lui assure "J'ai
les moyens de me détruire avant l'arrivée
des autorités".
Ellie lui révèle que les envahisseurs
veulent tuer tous les chefs d'état
lors du sommet en Scandinavie, et selon elle,
c'est un mauvais plan. Les terriens découvriront
l'existence des aliens et s'uniront pour les
battre. Si elle parle à Vincent, ce
n'est pas par charité ou bonté
comme Vikki dans La mutation, mais
juste par stratégie.
Dans la série, on voit parfois Vincent
fricoter avec de belles aliens (Kathy Adams
dans Première preuve), mais
pourrait-il "concrétiser"
avec quelqu'un d'une autre planète ?
La série sera annulée avant
que la réponse à cette question
soit dévoilée.

Michael
Rennie joue ici un rôle aussi menaçant
que Magnus dans L'innocent. Il n'hésite
pas à plaquer son disque crise cardiaque
à un malheureux chauffeur qui a simplement
été témoin de sa rencontre
avec Halvorsen.
Le
salaud de l'épisode se révèle
être le général Blaine, acheté
par les aliens, et qui perdra la vie dans
cette première partie d'épisode.
À la différence du général
Beaumont dans À l'aube du dernier jour,
il n'agit pas par idéalisme mais par
appât du gain. Il tendra un piège
à Michael Tressider qui manquera de
mourir.
À noter que, suivant sa stratégie, Ellie
joue contre son camp dans l'épisode,
et aidera Vincent à sauver la vie de
Tressider, attiré dans un piège
par Blaine et Per Alquist. David
Vincent et Michael Tressider remportent la
première manche, mais devront se rendre
en Scandinavie pour les essais de l'AR5.
Un
bon épisode, qui conserve l'intérêt
de la saison 1 (combat solitaire de Vincent).
Le suspense est au rendez-vous, et nous sommes
loin de ratages comme Le procès.
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10.
CONFÉRENCE AU SOMMET - 2e PARTIE
(SUMMIT MEETING PART TWO)

 
Un souvenir me vient en mémoire :
nous regardions Les Envahisseurs
en famille, série que ma grand-mère
regardait mais détestait. Elle obtiendra
d'ailleurs que je sois privé de la
première diffusion de L'étau
après m'avoir vu trembler devant
l'épisode Embargo sur le rêve
assez traumatisant. Lorsque l'épisode
commence, on voit les drapeaux de tous les
pays du monde qui assistent à la
conférence d'Halvorsen, et ma grand-mère prit cela pour argent comptant :
"Ce n'est pas possible, pour cette
bêtise, ils ont été
déranger les pays et mettre
leur drapeau". Ma mère lui expliqua
que ce n'était que de la fiction.

Suite
donc, et fin pour Michael Tressider, il
laisse sa peau dans l'épisode. Halvorsen
reconnaît savoir que Per Alquist est
un extraterrestre, mais assure à
Vincent que les envahisseurs veulent agir
contre la radioactivité. Un naïf,
comme le général Beaumont
de À l'aube du dernier jour.
Vincent
retrouve Ellie mais à la fin de l'épisode,
elle lui dit : "Si nous nous retrouvons,
pas de cadeau, nous serons à nouveau
des ennemis".
Bien
entendu, je sais aujourd'hui que l'épisode
fut certainement tourné en Californie
en studios, mais à l'époque,
on croyait que David et Michael étaient
venus dans le nord de l'Europe continuer
leur combat contre les envahisseurs.

Ellie
révèle à Vincent que
non seulement les aliens sont à l'origine
du taux de radioactivité, mais qu'en
plus, la démonstration de AR5 sera
en fait l'occasion de répandre un
gaz nocif pour les terriens et inoffensif
pour les envahisseurs. Halvorsen
découvrant la vérité
fera sauter la bombe en se sacrifiant et
en épargnant la vie des autres. En
revoyant aujourd'hui l'épisode, on
trouve qu'il y a beaucoup de jeu de chat
et de la souris entre Vincent et Alquist
(finalement tué dans l'épisode).L'action
et la mise en scène dans le souterrain
sont indignes de figurer dans un James Bond,
et de fait, nous sommes bien plus exigeants
que lors de la première diffusion
de 1972. Le compte à rebours final
n'a plus l'impact de jadis. Il y a cette
course contre la montre pour convaincre
le président Halvorsen, mais l'histoire
au fil des ans a perdu beaucoup de son charme.
Moralité :
les épisodes comme Première
preuve, La mutation, L'innocent
résistent le mieux au temps. Ceux qui ont
voulu trop jouer dans le registre spectaculaire
et film d'action sont inférieurs
à des épisodes qui encore
aujourd'hui nous flanquent la trouille.
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11.
LE PROPHÈTE
(THE PROPHET)


Un concurrent sérieux pour le plus mauvais
épisode de la série. Si la religion
et la croyance en Dieu font parfois bon ménage
avec une série SF (Code Quantum),
l'illustration des dérives évangélistes
médiatiques aux États-Unis demeure une
source de perplexité pour les européens.
Dans le James Bond Permis de tuer,
on voit un évangéliste récolter
des fonds lors d'un show télévisé
("Béni sois tu"). Le prophète,
diffusé seulement en 1987, est un épisode
qui parle de cette médiatisation des
prédicateurs. C'est trop américain
pour notre culture.

Le
frère Avery (Pat Hingle) fait le guignol
devant ses paroissiens en jouant avec l'incandescence
qui irradie le corps des envahisseurs sur Terre
s'ils ne sont pas régénérés.
Bien entendu, cela fait sensation auprès
des paroissiens, mais nous, nous savons qu'un
camion de régénération
va vite remettre en forme celui dont le rougeoiment
n'a rien de divin. L'épisode ne propose
aucune guest star intéressante à
part Pat Hingle, le journaliste qui voulait
trahir Richard Kimble dans un épisode
mémorable de la saison 1 du Fugitif -
À la recherche d'un fantôme. L'épisode
est basé sur la manipulation que font
les envahisseurs de la religion.
Dans
La tornade avec le père Corelli
(Joseph Campanella), la question est abordée
de façon plus subtile. Ici, on a visiblement
affaire à un épisode destiné
à remplir la saison. Il vaudrait mieux
parfois faire moins d'épisodes et rester
dans le très bon.
12.
LE LABYRINTHE
(LABYRINTH)


Visiblement,
on avait dû louer le décor de Première
preuve trop longtemps et il fallait amortir
la dépense, d'où les scènes
de centrale thermique de cet épisode
que l'on a découvert en 1987. Comme dans
le pilote, Vincent y voit les tubes régénérateurs,
et lorsqu'il revient avec des témoins,
il n'y a plus rien.
Ce n'est pas un ratage total comme Le procès,
et il y a de belles scènes. Ainsi, on
voit des radios d'un envahisseur. Impressionnant.
Les envahisseurs n'ont pas de squelette, pas
d'os. Le malheureux docteur qui fait ces fameuses
radios y laisse évidemment la vie. Au
niveau suspense, c'est le moment le plus intense
de l'épisode. Ces radios, Vincent réussit
à s'en emparer et veut convaincre deux
scientifiques de leur authenticité.

Autre
scène intéressante : l'actrice
Sally Kellerman a un léger défaut
de la main dans l'épisode ; Vincent se
montre suspicieux et la soupçonne - d'autant
plus qu'il l'a vue causer avec un alien peu
de temps auparavant. Et là, nous avons
une des rares scènes d'humour de la série.
Laura, la fille du docteur Crowell (Ed Begley,
de retour après La trahison)
dit à Vincent : "Je me suis blessée
au doigt en tombant de la soucoupe"....
Il faut dire que Laura, qui se révèlera
une authentique humaine, a été
longtemps absente des États-Unis pour ses études.
Ce
genre d'épisodes, que nous avons découvert
en 1987, donc tardivement, n'a pas le charme
de la nostalgie, et en plus donne l'impression
que les scénaristes tournent en rond.
C'est tout le problème de la saison 2.
On y côtoie le pire et le meilleur. J'insiste
sur les scènes de la centrale thermique
qui cette fois sont risibles. S'agit-il d'un
manque de moyens financiers ? Ou d'un manque
d'imagination des scénaristes ? Toujours
est-il que si vous avez décidé
de ne pas voir l'intégralité de
la série, vous pouvez aisément
zapper Le labyrinthe.
À
noter qu'il y a un labyrinthe/jeu de miroirs
mais pas ici, c'est dans la première
partie de Conférence au sommet.
13.
LA CAPTURE
(THE CAPTIVE)


Épisode
découvert en 1987 et considéré
par les gens de Sony Music Vidéo comme
digne d'être édité en VHS
en 1992 dans le cadre des "douze meilleurs
épisodes". À croire que ces personnes
n'ont jamais vu la série.
La
capture se situe dans le cadre de la
Guerre Froide et de la tension américano-soviétique.
Un envahisseur s'introduit dans l'ambassade
soviétique et se fait capturer. Réaction
du fonctionnaire borné du KGB : "C'est
un robot, fabriqué par les américains".
Il
faut dire que le type en question a quelques
excuses : chargé de déterminer
en 1945 si les américains avaient oui
ou non les moyens de lancer une bombe atomique
sur Hiroshima, il a répondu catégoriquement
non. Cette-fois, il ne veut pas prendre de
risques et fera même arrêter Vincent
comme complice à l'intérieur
de l'ambassade.

L'épisode
consiste à savoir si une guerre mondiale
ne va pas se déclencher car les envahisseurs,
eux, veulent récupérer leur congénère
pour que leur présence sur Terre ne
soit pas révélée, tandis
que le diplomate russe joué par Fritz
Weaver (figure bien connue de la télé
américaine) n'a en tête que l'affrontement
entre les deux blocs.
Dès
la première vision de 1987, je n'ai
pas accroché à cet épisode
qui se perd en longs bavardages, peu de scènes
d'action (un hélicoptère avec
les aliens qui viendra attaquer l'ambassade) :
tout cela n'est pas digne de la série
culte qu'est Les Envahisseurs.
14.
LES DÉFENSEURS
(THE BELIEVERS)

  
Ah,
enfin un bon épisode après quelques-uns vraiment ratés. Celui-là
a été diffusé en 1969
et 1973 et, bizarrement, fut oublié lors
de la rediff 1975 de Samedi est à
vous. C'est presque un épisode
en deux parties puisque le suivant, La
rançon, est la suite directe des
Défenseurs et l'on y retrouve
les mêmes personnages.
Premier
choc : David Vincent a changé de voix.
Rassurez-vous, Dominique Paturel n'est absent
que pour Les défenseurs
et La rançon, cette fois
c'est donc Jacques Thébault qui s'y
colle.
Une
très jolie fille dans l'épisode
: Carol Lynley, la fiancée de Ben
Richards dans le pilote de L'Immortel.
Les défenseurs change le
concept de la série : David Vincent
rencontre un riche industriel, Edgar Scoville
(Ken Smith) qui met sa fortune et ses moyens
à la disposition de Vincent pour
combattre les envahisseurs.

Très
vite, Vincent est fait prisonnier. Il y
a d'ailleurs une scène à laquelle
je n'ai jamais rien compris. Prisonnier
dans sa cellule, un envahisseur en combinaison
verte vient le chercher et semble lui enfoncer
dans le visage ou dans le nez le bout du
fameux pistolet laser (!). Pendant qu'il
est prisonnier, Vincent sympathise avec
une terrienne (elle le prouve, elle a du
sang et se coupe pour le montrer à
Vincent). C'est Elyse Reynolds, dont le
frère a été tué
par les aliens. Comme elle le croit toujours
vivant, elle va trahir Vincent et les amis
de Scoville tout au long de l'épisode.
Confondue, et mise devant l'évidence
de la mort de son frère, les autres
feront preuve de compassion envers elle
et accepteront de lui pardonner, ce qui
au niveau du scénario est assez difficile
à avaler. Elyse a en effet provoqué
la mort de la femme d'un des adjoints de
Scoville, Mary Torin. Son mari Bob Torin,
joué par Anthony Eisley, un des astronautes
de l'épisode L'astronaute
saison 1, participe d'ailleurs à
l'épisode suivant La rançon.
Désormais,
ce n'est plus un combat solitaire de Vincent
seul contre tous mais d'une organisation
Scoville vs Invaders. Cela n'empêchera
pas de nous proposer des épisodes
propres à nous donner des frissons,
comme Action de commando vraiment
effrayant, mais quelque part, l'esprit de
la série est perdu.
Les
défenseurs fut diffusé
en 12e épisode en 1969 par la première
chaîne qui avait acheté la
série au MIP TV de Cannes, en avril
1968 d'après Télé Poche.
Avec ce qui se passe dans La rançon,
l'ORTF tenait une sorte de conclusion possible.
Le succès fit que 13 autres épisodes
furent achetés et Contre-attaque
servit cette fois de fausse fin.
Les
défenseurs, sans être un
monument, est un bon épisode qui ne
démérite pas. Mais il faut
impérativement voir la suite, La
rançon, sans Carol Lynley hélas.
Elle aurait pourtant pu y participer puisque
Elyse est toujours vivante à la fin
des Défenseurs.
15.LA
RANÇON
(THE RANSOM)

  
Le 27 novembre 1969 fut pour moi un jour inoubliable,
en quelques semaines, David Vincent-Roy Thinnes
était devenu le héros de mon enfance.
D'une part je pensais naïvement voir le dernier
épisode, d'autre part il y a cette scène
qui, la première fois, fait un sacré
choc : Vincent se bat avec un envahisseur et,
projeté contre un bloc électrique,
meurt.
Et l'on entend ce dialogue incroyable :
« Il est mort.
- Un instant (Cyrus Stone). Ces quarante années
de vie que vous m'avez promises, donnez-les à
cet homme.
- C'est demander trop ! (Alfred Ryder jouant le
chef des envahisseurs.) »
Le
cerveau humain ne pouvant rester sans oxygène
plus de trois minutes, les envahisseurs le transportent
dans un tube de régénération
(curieuse idée puisque habituellement
cela tue, cf Alan Landers dans Première
preuve). Le cadavre de Vincent avec l'énergie
électrique "extraterrestre"
semble bouger, mais le pouls ne revient pas.
Finalement,
David est ramené à la vie. Mais
pendant un moment, les fans ont cru que leur
héros était mort !

Cet
épisode est la suite directe des Défenseurs,
on retrouve bien sûr Scoville mais aussi
Bob Torin (Anthony Eisley).
L'épisode nous propose aussi Laurence
Naismith cette fois dans le rôle du poète
Cyrus Stone, et Karen Black que j'ai revue en
76 dans Complot de famille. Enfin,
c'est la découverte de Alfred Ryder,
le chef des envahisseurs. À l'époque,
l'ORTF n'avait pas diffusé Vikor
où il était Nexus. Le visage de
ce comédien me hantera longtemps car
on le voyait souvent dans des séries
américaines en guest à la télé
française dans les années 70 :
Les Mystères de l'Ouest, Hawaii Police
d'État, Agents Très Spéciaux,
Mannix, Opération Vol etc...
David
Vincent et Bob Torin enquêtent dans un
moulin abandonné, dans le Vermont, et
tombent sur une base d'extraterrestres. Si Torin
est blessé (et sera plus tard tué),
les deux hommes font un prisonnier d'une valeur
inestimable : le chef des envahisseurs. Eux qui
se moquent de la vie et n'ont pas peur de mourir,
ni n'éprouvent de sentiments, font grand
cas de ce chef qui semble avoir une valeur immense.
Il va donc servir de "monnaie d'échange".

L'épisode
fut rediffusé en 1973 et dans Samedi
est à vous en 75. Avec le temps,
l'épisode a perdu de sa force : le discours
écolo-moralisateur de Cyrus Stone est
aujourd'hui un lieu commum, l'histoire de sa
petite-fille Claudia qui a fui la ville pour
retrouver les vraies valeurs, cela fait un peu
gnan gnan. Alfred Ryder est toujours aussi menaçant,
que ce soit dans le rôle de Nexus (Vikor)
ou de ce chef sans nom que Vincent finira par
appeler "Ryder" dans La recherche
de la paix. C'est un des meilleurs méchants
de toute l'histoire des séries télé.
Les
envahisseurs seront contraints de ramener à
la vie un David Vincent électrocuté
contre la remise de leur chef. Les décors
de montagne et de forêt ajoutent au suspense.
On va quand même un peu regretter que
Elyse Reynolds (Carol Lynley), pardonnée
de sa trahison dans l'épisode précédent,
n'ait pas été conviée à
cette suite. Laurence Naismith reste ici vivant
jusqu'à la fin contrairement à
son rôle de Curtis Lindstrom dans L'expérience.
Si un épisode joue avec vos nerfs et
est plein de suspense, c'est bien La rançon.
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16.
ACTION DE COMMANDO
(TASK FORCE)

  
Voilà un des épisodes
les plus effrayants de la série, même
si les aliens ont délaissé leurs
pistolets lasers pour des carabines et des révolvers
bien terriens.
J'ai vu cet épisode en janvier 1972 et
il m'avait (en noir et blanc) flanqué
une vraie frousse, et à chaque rediffusion,
je trouve qu'il n'a rien perdu de son "pouvoir".
Le pré générique nous montre
David Vincent rencontrer un grand patron de
presse, William Mace. La scène de son
exécution par les envahisseurs, malgré
les protestations de son neveu Jeremy, et sous
le regard glacial de Frank Marth (de retour
après un petit rôle dans L'innocent),
ainsi que la scène digne d'une réunion
du Spectre dans les James Bond où les
envahisseurs, le visage figé tels des
robots, autour d'une grande table, décident
l'exécution de Mace, sont des moments
de grande terreur.
Frank
Marth est d'ailleurs remarquable dans son rôle
de Eric Lund, qui finira (capturé par
Vincent et Jeremy) par se suicider en se jetant
d'un hélicoptère en vol. Il est
digne des quelques autres chefs implacables
personnifiés par Michael Rennie, Alfred
Ryder et Murray Matheson. J'ai revu souvent
Frank Marth, notamment dans Mannix
et bien d'autres séries américaines,
et il a toujours ce magnétisme effrayant
d'un rôle à l'autre.
Linden
Chiles joue à merveille aussi. Il est
ici Jeremy, le neveu d'abord lâche, pris
de crises genre spasmophilie. Il finira par
vaincre sa peur quand il met en joue Eric Lund
(ah la scène où ils marchent vers
l'hélicoptère). L'acteur avait
joué le docteur Bob Vincent frère
de David dans Le mur de cristal (à
oublier).

Nancy
Kovack est également bien jolie en maîtresse
de Jeremy qui le quitte pour sa lâcheté.
Tout le long de l'épisode dans la VF,
elle l'appelle "amour de ma vie" ; à la fin, devant son courage, elle renoue
avec lui.
De
tous temps, dominer la presse a été
pour les dictateurs l'objectif numéro
un. C'était donc un objectif évident
pour les envahisseurs, mais Mace s'est rendu
compte que quelqu'un veut infiltrer son empire
de presse, et a demandé son avis à
Edgar Scoville, se condamnant à mort
par là même.
C'est
un épisode qui alterne les scènes
d'intérieur, de ville et se termine à
la campagne. Le suspense ne faiblit pas un instant.
On peut le regarder plusieurs fois sans se lasser
et le recommander à quelqu'un qui veut
découvrir la série.
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17.
LES POSSÉDÉS
(THE POSSESSED)


La
saison 2 je le disais réserve le meilleur
comme le pire, l'épisode 15 est fabuleux
(Action de commando), le 18 Contre-attaque tellement bon qu'il servit un temps
d'épisode final pour l'ORTF. Beaucoup
ont même cru que c'était le vrai
dernier épisode. Entre les deux, nous
avons cet épisode ennuyeux, diffusé
pour la première fois sur TF1, Les
possédés.
Peut-être les scénaristes écrivaient-ils trop vite ? Les tournages s'enchaînaient
rapidement (Roy Thinnes l'a raconté à
de multiples reprises), bref de temps en temps
cela donne un épisode raté.

Celui-là
avait un bon scénario au départ :
un médecin ami d'université de
David, Théodore Willard, (Michael Tolan,
un familier des séries comme Mannix)
contrôlé par un émetteur
à la base de son cou, le contrôle
en question visant à le persuader que
les envahisseurs ne sont pas les ennemis des
humains (idée déjà exploitée
mais avec plus d'efficacité dans L'innocent).
Il y a tant de bons épisodes à
chroniquer que je ne vais pas m'éterniser
sur celui-là, l'histoire est complexe,
restent les décors, notamment lorsque David
arrive à Las Palmas à l'institut
Willard, mais c'est vraiment peu pour retenir
l'attention.
Comme
souvent dans la série, quelqu'un est,
dans un passé récent, mort bizarrement
d'une crise cardiaque. Dans Alerte au rouge
c'était la première femme du major
Keller, ici c'est le père de la fiancée
de l'ami de David. Celui qui suit la série
comprend avant tous les protagonistes que la
mort n'est pas naturelle et est dûe aux envahisseurs
(au fil des épisodes, ce genre d'allusions
à des crises cardiaques - le mari de
Kathy Adams dans Première preuve
- est devenu courant). La fiancée de
l'ami est interprétée par Katherine
Justice, qui jouait Helen, la fiancée
de David dans L'innocent. Katherine
Justice est une familière des amateurs
de séries américaines des 60's
et 70's (son rôle le plus fort est celui
d'une femme violée par un ex policier
dans Hawaii Police d'État/épisode
Viol, on l'a vue aussi dans Le
Magicien avec Bill Bixby, Mannix, Sergent
Anderson et Cannon). La fiancée
demande donc une autopsie de son père,
et à cause de cela, Théodore "sous
contrôle" tente de la tuer.

En
revisionnant cet épisode, je ne comprends
toujours pas pourquoi les scénaristes
ont cru bon d'adjoindre à David Vincent
un envoyé de Scoville. Il ne fait que
rendre l'histoire plus complexe.
Quant au frère de Théodore, il
est joué par Michael Constantine (l'un
des acteurs qui a été le plus
souvent guest star dans différents rôles
dans Le Fugitif, on l'a vu aussi dans
Kojak et Mission Impossible).
L'intrigue trop compliquée fait que la
mayonnaise ne prend pas. J'avais trouvé
l'épisode raté en 1987, en le
revoyant dans le coffret DVD je le trouve toujours
aussi mauvais. Il y a les comédiens,
mais c'est une piètre consolation.
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18.
CONTRE-ATTAQUE
(COUNTERATTACK)

   
Cet épisode en février 1972 concluait
les 26 achetés par l'ORTF et cette fois,
tout le monde pensait que c'était la
fin (heureuse). Pourtant, il fut rediffusé
en mars 1975 sur Antenne 2 après Aujourd'hui
madame en "premier épisode".
Et
tout en effet, dans cet épisode, fait
croire que c'est la fin. David est dans un premier
temps victime d'une cabale (en réalité,
c'est un coup monté entre Scoville et
lui pour piéger les envahisseurs), coup
monté qui va réussir.
À
l'époque, je ne trouvais pas insupportable
Lin Mc Carthy, qui joue ici le colonel Archie
Harmon, le militaire de haut rang que Scoville
et Vincent veulent convaincre de l'existence
des aliens. Dans cet épisode, les défenseurs
ne se débrouillent pas mal puisqu'ils
réussissent à brouiller les signaux
radars qui permettent aux soucoupes volantes
d'atterrir. L'une d'elles s'écrase d'ailleurs
en mer.
D'autre part, et ce n'est pas un mince exploit
: un chef envahisseur est capturé, attaché
sur un lit. Il est filmé alors qu'il
meurt dans le brouillard rouge. Cette fois,
David Vincent a enfin une preuve.

Pas suffisante apparemment puisqu'il reprend
son bâton de pélerin dans l'épisode
suivant. À noter que dans une bonne partie de
l'épisode, nous pensons que la déchéance
a atteint David, qu'il a perdu la confiance
de Scoville, tandis qu'il garde le soutien de
Joan (Anna Capri - trés mignone actrice
que je n'ai jamais revue ailleurs). Joan est
la nièce de Scoville, et je ne sais trop
pourquoi, en 1972, j'ai pensé que Joan
et David dans le prolongement de l'épilogue
allaient se marier, que c'était le
happy end parfait.
Pendant quelques années, j'ai eu mon
dernier épisode, mon épilogue,
il était un peu court mais je n'ai pas
percuté à l'époque que
John Bryce (John Milford), l'un des défenseurs,
a été tué dans Inquisition,
diffusé une semaine avant Contre-attaque (l'ORTF a diffusé les épisodes
dans le désordre).
L'épisode est passionnant d'un bout à
l'autre, avec le retournement de situation final
(pendant un long moment, on croit que David,
désabusé, est devenu un traître),
et Joan était d'autant plus convaincante
qu'elle n'était pas dans la confidence
du plan mené par Scoville et David.
19.
EMBARGO SUR LE RÊVE
(THE PIT)

   
Cet épisode en 1972 m'avait donné
une telle frayeur que mes parents décidèrent
de me priver des Envahisseurs. Je
ratais donc l'épisode suivant, L'étau,
mais heureusement je fis revenir l'accord
parental et il y avait en jeu l'épisode
Mission de vie avec Barry Morse et
Diana Muldaur ainsi que les derniers épisodes.
Embargo
sur le rêve commence de façon
vertigineuse : le professeur Julian Reed (Charles
Aidman, celui qui remplace parfois Artemus
Gordon en Jeremy Pike dans Les Mystères
de l'Ouest) est victime d'hallucinations.
Il se voit pourchassé par une soucoupe.
Là, le réalisateur a fait très
fort. J'ai dit lors d'une critique "il
vaut mieux voir la soucoupe la nuit",
mais cette fois elle apparaît de façon
déformée, irréelle et
vraie à la fois. Frôlant ce pauvre
homme près de bâtiments, en pleine
ville, il y a vraiment de quoi flanquer la
frousse à un ado et justifier l'internement
de Reed dans l'épisode.

Et
des séquences qui donnent une peur
bleue, il va en y avoir une condensation dans
cet épisode : une machine à rêves
qui vous détraque le cerveau et vous
rend fou, un envahisseur malin qui a trouvé
le moyen de simuler des battements de cœur
avec un cœur artificiel, un autre qui se
fait démasquer par un chien de garde
berger allemand lequel lui assène une
morsure mortelle (l'envahisseur disparaît
comme d'habitude dans le rouge). Ce n'est
pas tout : dans une scène de délire,
Reed voit l'auriculaire de Vincent se raidir.
Authentique, il prend David son vieil ami
pour un alien. Notons enfin que la distribution
comprend, dans le rôle de Pat, l'épouse
de Reed, l'actrice Joanne Linville, qui retrouve
un rôle d'épouse tourmentée
semblable à celui qu'elle tenait dans
le rôle de l'épouse de Hardy
Smith dans L'astronaute.

Il
y aussi ce parc d'attractions que le fils
des Reed ne trouve pas naturel, et où
David va faire un tour. Bien évidemment,
il y trouvera des installations extra-terrestres.
Et puis nous avons cette fameuse machine à
rêves (à cauchemars) conçue
par les extraterrestres.
Il
n'est donc pas étonnant qu'en 1972,
l'accord parental me fut retiré. Embargo
sur le rêve est un épisode
sur la folie. Larry Cohen était alors
éloigné de la série mais
il n'aurait pas renié cet épisode
digne de Cauchemar, L'innocent ou
L'ennemi. Si vous avez envie de dormir
tranquille, et bien un conseil, ne regardez
pas cet épisode avant d'aller vous
coucher.
20.
L'ORGANISATION
(THE ORGANIZATION)

 
En visionnant cet épisode sur TF1
en 1987, je me suis tout de suite fait la
remarque : est-ce que les américains
bien-pensants n'ont pas voulu "moraliser"
la série en montrant que la mafia
et les aliens, c'était le même
combat, un peu comme on le ressent à
la vision de l'épisode La capture
(très anti communiste et montrant
un fonctionnaire soviétique prêt
à croire que les envahisseurs sont
des robots fabriqués aux États-Unis).
Bon, la saison 2 ayant fini sa course par
une annulation, nous n'avons pas eu de saison
3 où nous aurions sûrement
eu affaire à un épisode anciens
nazis/envahisseurs : même combat.
L'atout
de cet épisode, c'est JD Cannon,
un comédien que j'ai découvert
dans Première preuve, où
il était le lieutenant de police
Holman. Il jouait aussi l'homme lâche
qui laisse le manchot tuer Mme Kimble dans
Le Fugitif, et on l'a revu dans la série
Un Shérif à New York
l'été 1976 aux côtés
de Dennis Weaver, le héros de Duel.

JD
Cannon, en caïd de la mafia, est bigrement
persuasif. Dans cet épisode, à
la dernière scène, on le retrouve
mort, criblé de balles à une
table de restaurant, pour avoir voulu retrouver
un peu de moralité et de dignité.
Il faut vous dire que la mafia, dans son
dos, pour récupérer une cargaison
de drogue, avait conclu un marché
impensable avec les envahisseurs. Si on
pousse la logique, les envahisseurs sont
venus sur Terre pour nous anéantir.
Blake le dit à David et à
l'infirmière Gale dans L'ennemi :
"Si nous ne trouvons pas le moyen de
vivre avec l'oxygène, nous retirerons
celui-ci de la terre et tuerons toute vie
sur cette planète." Alors, la
mafia échange Vincent contre une
cargaison de drogue, mais le moment venu,
toute alliance avec "ces êtres
étranges" s'avère perdue
d'avance. Dans Vikor, Jack Lord
en fait l'amère expérience.
Entendons-nous bien, je ne veux pas défendre
la mafia, mais la construction du scénario
de L'organisation est totalement
illogique. Lorsque les aliens auront gagné
- s'ils gagnent - il n'y aura pas de quartier
et ils tueront tous les humains.

Alors,
pas de jolie fille dans cet épisode,
mais un JD Cannon épatant en Kalter,
un mafioso qui a compris que, quels que soient
les enjeux, il vaut mieux se ranger du côté
de David Vincent et de Scoville que des
envahisseurs. Dans l'épisode, il
est question d'une soucoupe volante qui
a heurté un satellite américain.
Vincent veut récupérer les
débris de l'engin spatial, Kalter
(JD Cannon) sa drogue. Kalter n'est pas
un saint. Au début, il ne croit d'ailleurs
pas du tout à l'existence des aliens.
Au final, Kalter sera le seul à comprendre
qu'il vaut mieux aider Vincent et paiera
de sa vie le fait de désavouer le
pacte mafia/envahisseurs. Ils
ne nous ont pas fait non plus un remake
des Trois Jours du condor, les
dingues de la CIA s'alliant aux aliens.
Finalement, sa courte durée aura
empêché Les envahisseurs
d'explorer toutes les pistes scénaristiques,
ce que fit plus tard Chris Carter avec les
X Files.
21.
LA RECHERCHE DE LA PAIX
(THE PEACEMAKERS)


Voilà
un épisode ridicule. Dès
sa première diffusion sur TF1,
il m'a franchement énervé.
Mais il y a Alfred Ryder et rien que pour
ce merveilleux bonhomme, il faut voir
l'épisode.
L'épisode nous ramène l'excellent
James Daly (le père de Tim Daly
dernier Richard Kimble en date)
qui était l'associé de Vincent
dans Première preuve. Ici, avec un zozotement ridicule dans la
VF, il joue le général Concannon.
Je m'arrêterais bien au début
de son nom propre. Il martyrise sa propre
épouse qui l'a écouté
dans son sommeil et sait qu'avec le plan
"Armaggedon", il dupe tout le
monde et veut bombarder les envahisseurs
et leur leader lors d'une réunion,
quitte à tuer des innocents. À la fin de l'épisode, il est même
prêt à bombarder la réunion
alors que sa femme et son fils y sont présents.

Il
ne fallait pas rendre la série
ridicule et cet épisode va malheureusement
dans ce sens. On y voit par exemple David
Vincent appeler le chef des aliens du
nom de l'acteur qui l'interprète,
Ryder, et lui demander de l'aide : vite,
une soucoupe pour désintégrer
le bombardier du général
Concannon.
La
belle série de Larry Cohen ne méritait
pas cet épisode. On y retrouve
le colonel Harmon (avec Lin Mc Carthy
et son air béat) et l'apparition
de la soucoupe au-dessus du bombardier
montre les limites techniques des effets
spéciaux. Ce qui a été
réussi avec brio dans Embargo
sur le rêve (la soucoupe poursuivant
le professeur Reed, on y croit) nous donne
ici une scène qui se veut spectaculaire.
C'est tout le contraire.

De
plus, avec un épisode de ce genre,
où l'on organise une rencontre
au sommet entre les autorités et
les envahisseurs, quel rôle reste-t-il
à David Vincent ? Enquêteur
solitaire et baignant dans un climat de
paranoïa dans la saison 1, il est ici
relégué à un rôle
bien secondaire.
L'épisode
se termine sur un point d'interrogation.
Le chef des envahisseurs acceptera-t-il
une autre négociation de paix si
David réunit des gens plus censés
que Concannon ? Ce dernier manque mourir
empoisonné par des homards (un
coup de son épouse), puis n'est
pas raté par le rayon lancé
d'une soucoupe. On a du mal à le
plaindre. Un épisode ni fait ni
à faire.
22.
L'ÉTAU
(THE VISE)

  
Un
épisode dont je fus privé
en 1972, et sur lequel je me suis jeté
3 ans plus tard. Et après la
catastrophe de La recherche de la
paix, nous avons cette fois droit
à un très bon épisode.
Dans
cet épisode, il y a Roscoe Lee
Brown qui il me semble jouait dans le
film d'Hitchcock L'étau (Topaz)
le rôle du journaliste qui aide
Frédéric Stafford à
piéger les cubains.
L'étau montre un noir,
Arnold Warren (RL Brown) qui doit accéder
à un poste important lui donnant
accès au programme spatial américain.
Warren est un envahisseur. Dans l'épisode,
un autre noir dira : "Je n'ai jamais
vu un noir qui ait des paumes de main
comme lui". Nous avons droit aussi
à cette savoureuse remarque de
James Baxter (Raymond Saint Jacques),
un officier de police noir chargé
d'enquêter sur la probité
et la validité de la candidature
de Warren ; ce dernier lui dit: "Je
trouve que vous n'êtes pas très
loyal vis-à-vis de votre race",
et Baxter rétorque : "Oui
mais à quelle race, la race noire,
ou la race humaine ?".

Son épouse, elle, veut coûte
que coûte qu'un noir accède
aux plus hautes responsabilités,
et elle n'hésitera pas à
trahir David Vincent coincé dans
un bar, appelant au secours au téléphone
son mari. Janet Mac Lachlan, dans le
rôle de Celia, l'épouse
de Baxter, se comporte, elle, en parfaite
raciste.
Car son mari dès le départ
lui fait part de ses doutes sur l'honnêteté
de Warren, mais elle n'en a cure. Elle
se rattrapera, happy end oblige,
dans le 4e acte de l'épisode
en aidant Vincent et en se faisant passer
pour une journaliste multipliant les
questions lorsque Warren a besoin d'une
imminente régénération.
Le reste de l'épisode est d'un
bon niveau, le suspense est constant,
que ce soit dans une station service
ou dans un bar où, pour échapper
à la mort, Vincent se fait passer
pour un meurtrier de flic et dit à
un barman d'appeler la police pour la
récompense (ce qui fera dire
au barman : "S'il y a une chose
que je supporte encore moins que les
flics, c'est les faux flics".)
Il
y a aussi ces petits moments qui rendent
la série incontournable : ce petit
film que projette Scoville où
l'on voit le passé de Warren
qui un jour fut victime d'un accident
et ne saigna pas. Depuis, une légende
se fit autour de "l'homme qui ne
saigne pas". Cet extrait rappelle
le petit film dans L'astronaute
qui permet à Vincent de
démasquer Hardy Smith.
Au
final, un épisode presque parfait.
23.
LE MIRACLE
(THE MIRACLE)


Un
épisode moins rébarbatif
que Le prophète. Il
aborde un peu le même thème :
la religion
Barbara Hershey jouant ici le rôle
de Beth Fergusson était au
départ une actrice "sage",
disons à l'époque de
cet épisode et de sa série
western familiale gnan gnan Les
Monroe. Barbara Hershey a raconté
il y a longtemps que le fils qu'elle
a eu de David Carradine était
né suite à une scène
d'amour trop réaliste sur le
tournage d'un film ! Je croyais qu'ils
faisaient semblant moi.
Ici,
elle joue le rôle de Beth qui
est en train de se laisser conter
fleurette lorsqu'un envahisseur arrive
près d'une statue de la Vierge.
Il se fait piquer par un serpent et
meurt dans l'étrange brouillard
rouge, non sans avoir juste avant confié
à Beth un cristal.

Ce
cristal est en fait un objet extraterrestre.
Il va susciter la dévotion
des indiens qui viendront le voir
dans le bar du père de Beth,
Fergusson, joué par Edward
Assner ( vu en saison 1 en alien dans
Le mur de cristal). Le père
indigne fera croire que le cristal
a été volé car
sa fille ne veut pas le vendre. En
effet, Beth, depuis qu'elle a vu ce
qu'elle pense être une apparition,
mène une vie de nonne et ne veut
plus voir son petit copain.
Si
je me souviens bien, cet épisode
est le seul depuis Les défenseurs
où nous ne voyons pas Scoville,
il me semble que Vincent se contente
de lui téléphoner.
L'un
des moments de frissons de l'épisode
est celui où Vincent suit une
religieuse qui va vers un centre de
régénération.
Au milieu d'un épisode trés
moyen, il y a toujours ces moments
d'angoisse intense qui nous rappelent
que nous sommes bien dans Les
Envahisseurs.
Quelques
plans marquent l'épisode, notamment
celui de ces indiens qui regardent
fixement et avec dévotion le
cristal. Ce n'est pas un épisode
indispensable, et vous pouvez le zapper
sans perdre la continuité de
la série. Il fait partie des
épisodes à ne pas recommander
à quelqu'un qui n'aurait jamais
vu la série.
24.
MISSION DE VIE
(THE LIFE SEEKERS)

   
Épisode culte avec deux acteurs fabuleux.
Barry Morse qui, un an plus tôt
a arrêté de courser Le
Fugitif (autre production Quinn
Martin) joue le rôle de Keith.
Diana Muldaur (vedette de la série
Vivre Libre et guest de deux
épisodes mémorables de
Hawaii 5-0) interprète Claire.
Keith et Claire sont en mission de paix
sur Terre, ce sont des envahisseurs
mais ils ne partagent pas l'objectif
criminel de leurs congénères.
Cet épisode vers la fin nous
permet de voir à nouveau les
fameux pistolets "séche-cheveux"
lasers qui étaient légion
en saison 1 (La mutation, Les sangsues).
En effet, les autres aliens ont décidé
de faire la peau à ces deux pacifistes.
C'est
un épisode qui a beaucoup de
scènes d'action et de poursuites
: Keith et Claire se font piéger
à un barrage de police alors
qu'ils ont besoin de régénération,
le troisième alien qui est avec
eux est tué par un policier...

Les comédiens sont convaincants
dans leur rôle : Diana Muldaur
a un physique assez doux et protecteur,
tandis que Barry Morse, barbu et moustachu,
n'a plus rien de la férocité
du lieutenant Gérard. Ce qui
gâche un peu la fin, c'est le
départ en soucoupe, à
nouveau effet spécial raté.
Il est étrange de constater comment
ce qui "prend" dans Embargo
sur le rêve révèle
ses limites dans Panique, Guerre
subversive et La recherche
de la paix. Mais bon, la production
n'avait pas les moyens de X Files.
Est-ce
le talent de Barry Morse ? L'épisode
ne tombe jamais dans le piège des
bons sentiments, nous croyons à
cette mission de vie. David parviendra
à convaincre un policier (que Keith,
Claire et lui retiennent prisonnier) de
leurs bonnes intentions.
Quelques
dialogues de l'épisode :
-
Claire (révélant malgré
elle son identité d'envahisseuse)
répond à David qui
lui dit avoir apporté de l'oxygène
: "Mais l'oxygène tue."
-
Claire se coupe devant le policier prisonnier
qui ne croit pas aux extraterrestres
"Il
n'y a pas de sang dans ce bras, pas
de cœur dans ce corps."
Le policier se met à trembler :
"Vincent, éloignez cette
femme de moi !"
Bref,
la série s'achève en beauté,
nous sommes à deux épisodes
de la fin.
25.
LA FUGITIVE
(THE PURSUED)

  
Cet épisode n'a été
diffusé qu'en 1987 sur TF1.
C'est l'avant-dernier de la série,
et pour l'occasion, Suzanne Pleshette
revient dans le rôle de Anne
Gibbs, une envahisseuse aux pulsions
colériques qui n'hésite
pas à tuer une réceptionniste
d'hôtel qui voulait prévenir
la police après qu'elle ait
échappé à deux
aliens.
Il faut se rappeler qu'à l'époque
de la production, personne ne sait
qu'il n'y aura pas de saison 3 et
que la série sera brutalement
annulée.
L'épisode est très loin
de valoir La mutation, malgré
le talent de Suzanne Pleshette. Tout
d'abord, Anne est infiniment moins
sympathique que Vikki. Elle raconte
à Vincent qu'elle est prête
à se livrer aux autorités,
qu'elle est la victime d'une expérience
faite sur elle et qui la livre à
des colères effroyables.
Ainsi, tandis qu'elle est en sécurité
chez des amis de Scoville - un père
et son fils - elle blesse grièvement
le père.

On
se demande un peu pourquoi les producteurs
ont voulu faire un semi remake de
La mutation. J'ai appris
l'existence de cet épisode
en 1978 avec un article du magazine
Starlog qui proposait un guide des
épisodes. La série était
oubliée là-bas, alors
qu'une partie des épisodes
était multi diffusée
depuis 1969 en France.
Au
moment où une commission d'enquête
gouvernementale va entendre Anne Gibbs,
où l'existence des envahisseurs
va enfin être reconnue, le mari
de la réceptionniste de l'hôtel
qui la traque depuis le meurtre de
sa femme l'abat.
Je ne dirai pas qu'elle meurt dans
les bras de David (il se serait brûlé !)
Mais une fois de plus, la preuve disparaît
au moment vital.
C'est
l'avant-dernier épisode que
l'ORTF nous proposa en février
1972, le faisant suivre la semaine
suivante par Contre-attaque,
et il a fallu un guide des épisodes
de la revue américaine Starlog
pour que je sache que "Inquisition"
est le dernier.
En
effet, si l'on peut admettre que c'est
le dernier saison 2, c'est un combat
de plus des défenseurs au terme
duquel Vincent et Scoville auront
gagné un allié, Andrew
Hatcher (Peter Mark Richman de retour
après son rôle de Tom
dans Les sangsues) mais rien
de plus.
On
retrouve aussi la regrettée
Susan Oliver (moins sexy que dans
Guerre subversive) fiancée
de Hatcher qui meurt en voulant sauver
Vincent et Scoville dans un accident
d'auto.
Une
fois de plus, il est question d'un
vaste plan d'attaque des envahisseurs
- mais rien ne dit "attaque finale"
et les défenseurs vont être
accusés d'avoir tué
un sénateur qu'ils venaient
alerter pour le gagner à leur
cause (une bombe explose juste après
leur départ)
Joan,
la petite amie de Hatcher, est journaliste ; elle
croit à l'innocence de Vincent
et fera tout pour convaincre Hatcher.
Avec amertume, tandis que le procureur
Hatcher changera d'avis, Vincent lui
dira : "Vous avez attendu que
votre fiancée soit au cimetière".

L'histoire
est passionnante, mais pas comme un
épisode de fin de saison. À ce titre, Le condamné
ressemblait plus à un cliffhanger fin de saison 1 puisque les plans
d'invasion des aliens étaient
mis en échec pour longtemps.
Alors qu'après Inquisition,
tout reste à faire.
L'épisode
est de bonne facture (manquerait plus
que l'on termine par un mauvais épisode),
notamment la scène où
Vincent et Boland (John Milford, qui
après Carver dans Première preuve revenait comme défenseur
récurrent, on le voit dans
Contre-attaque) détruisent
le repère des aliens, le personnage
de Milford perdant la vie à
cette occasion. C'est une scène
assez spectaculaire.

Pourquoi
ABC a-t-elle annulé Les
Envahisseurs ? Roy Thinnes a dit
que les scénaristes travaillaient
sur la saison 3 et qu'il l'a appris
par la presse, puis a appelé
Quinn Martin
En
1978, quand je commençais une
correspondance avec une texane fan
de séries télé,
elle m'envoya des pages de Starlog.
Elle-même n'avait aucun souvenir
de la série qui aux États-Unis
était, dix ans après
son annulation, oubliée...
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Crédits
photo : TF1 Vidéo.
Images
capturées par Patrick Sansano.
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