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LES
ROIS MAUDITS
Présentation
1.
Le Roi de fer 2. La Reine étranglée
3. Les Poisons de la couronne
4.
La Loi des mâles 5. La Louve de
France 6. Le Lis et le lion
PRESENTATION
Le 21 décembre 1972, la seconde chaîne ORTF nous
propose de voir le premier épisode d’une adaptation
des Rois maudits , série de romans
historiques relatant la fin du règne des Capétiens,
écrite entre 1955 et 1960 par Maurice Druon.
Loin d'un film de cape et d'épées ou d'une
reconstitution avec châteaux forts, tournois et armures,
nous assistons ici à de formidables numéros d'acteurs,
dans une ambiance dépouillée. On peut donc considérer
que c'est une sorte de théâtre filmé. Cela résulte
entre autres de la réticence de Druon à laisser adapter
son texte à la télévision et qui repoussa le
projet de plusieurs années. Druon ne voulait pas que le
décor l’emporte sur les personnages. Quelques
années après la série, il écrira un septième tome
des Rois maudits : Quand un
roi perd la France (1977) qui ne sera jamais
adapté, même lors du remake tourné en 2005 par Josée
Dayan.
Les principaux comédiens de la distribution sont Jean
Piat (Robert d’Artois), Hélène Duc (Mahaut d’Artois),
Louis Seigner (Le banquier Spinello Tolomeï), Geneviève
Casile (Isabelle de France), Muriel Baptiste (Marguerite
de Bourgogne), Jean Deschamps (Charles de Valois), André
Luguet (Hugues de Bouville), l’acteur catalan
José-Maria Flotats (Philippe V le long), Catherine
Rouvel (Béatrice d’Hirson), Henri Virlojeux (Le
Cardinal Duèze), Georges Marchal (Philippe le Bel),
André Falcon (Enguerrand de Marigny), Jean Luc Moreau
(Guccio Baglioni), Anne Kreiss (Marie de Cressay), Michel
Beaune (Edouard II d’Angleterre), Claude Giraud (Le
baron Roger Mortimer), Gilles Béhat (Charles IV Le Bel),
Catherine Hubeau (Blanche de Bourgogne), Georges Ser
(Louis X Le Hutin) et Jean-Louis Broust (Edouard III
d’Angleterre). Les commentaires en voix off sont faits
par Jean Desailly.
Toute la série s’articule
autour du conflit entre Mahaut d’Artois et son neveu
Robert, surnommé « Le baron écarlate », qui
se disputent l’héritage des terres d’Artois.
L’adaptation
a été confiée à Marcel Jullian, qui est resté fidèle
aux romans, éludant cependant dans deux épisodes des
scènes qui n’auraient pas convenu à la mise en scène
de Claude Barma.
La
musique, qui est presque un personnage à part, signée
Georges Delerue, n’aura été éditée sur disque
que…fin 2008.
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1.
LE ROI DE FER

   
Mars
1314
Pour
récupérer son comté dont il se dit dépouillé, Robert
d’Artois va intriguer à Londres auprès de sa cousine
Isabelle, fille du roi Philippe et dénoncer l'adultère
commis par les princesses de Bourgogne dont l’une est
la future reine de France.
L'ordre
des templiers a refusé de plier devant le pouvoir royal.
Cette organisation doit sa gloire et sa fortune aux
croisades. Philippe le Bel fait arrêter les templiers en
1307 et brûler le grand maître Jacques de Molay qui
avant de mourir maudit le roi et ses descendants jusqu'à
la treizième génération. Le scandale éclate au sujet
de l’adultère des princesses qui sont emprisonnées.
La mort naturelle du pape Clément V, du chancelier
Guillaume de Nogaret (empoisonné) et de Philippe Le Bel
d’une attaque cérébrale, semblent donner raison à
l’existence d’une malédiction.
Ce
premier épisode d’emblée se devait de fidéliser les
téléspectateurs. Si les décors sont des panneaux
volontairement flous, cela porte l’attention sur les
comédiens et les personnages qu’ils incarnent.
D’emblée, Jean Piat en baron écarlate s’impose
comme le héros (ou plutôt l’anti-héros) de la série
: truculent, menaçant, rarement tendre, prêt à tous
les complots et toutes les bassesses pour récupérer son
comté. Face à lui, Hélène Duc en Mahaut est la seule
adversaire à sa taille. L’épisode tourne autour de
l’affaire de la tour de Nesle où les princesses
royales retrouvent leurs amants.
En
Philippe Le Bel, on retrouve un Georges Marchal serein et
froid, autoritaire sans avoir à élever la voix. C’est
aussi l’épisode de tous les affrontements : celui de
Charles de Valois, frère du roi, ambitieux et colérique
contre le représentant des marchands et des épiciers,
Enguerrand de Marigny, le bourgeois qui s’oppose aux
nobles. Jean Deschamps et André Falcon, dans cet épisode
et le suivant, vont s’empoigner, se déchirer.
Et
puis, il y a la belle Marguerite, qui croque la vie à
belles dents, et est une féministe avant l’heure, face
à sa froide cousine la fille du roi, Isabelle. Muriel
Baptiste trouve là le plus beau rôle de sa carrière.
Lorsque, dénoncée, rasée, jugée, elle clame encore :
« Moi, j’ai eu le printemps, la chaleur d’un homme
», nous assistons à l’un des plus beaux moments que
la télévision nous ait offerts.
L’épisode
passionne aussi par la présence des templiers et de leur
trésor, sujet inépuisable pour le cinéma et la
télévision.
o
Jean Piat, en 1972, était populaire pour avoir incarné
le « Lagardère » de la télévision en 1967.
Sociétaire de la Comédie Française, il était surtout
un comédien de théâtre. Le personnage de Robert
d’Artois dans « Les rois maudits » sera le rôle le
plus populaire de sa carrière. On le reverra dans
d’autres mini-séries qui n’auront pas le même écho
: Les
jeunes filles (1977),
L’affaire
Saint Romans
(1988).
o
Geneviève Casile est surtout connue comme comédienne de
théâtre. Elle est née en 1938, et a connu deux autres
succès à la télévision : Le
chevalier tempête
(1967) et Electre
(1973).
o Jean Deschamps, directeur du festival
de Carcassonne,nous a quittés en septembre 2007. Il
reste surtout connu pour sa composition de Charles de
Valois.
o
Patrick Lancelot, qui joue l’amant de Marguerite, est
devenu producteur de films. Il s’est tué le 28
novembre 2000 en faisant des repérages pour un film au
Vénézuela.
O
Gilles Béhat s’est reconverti comme réalisateur,
d’abord au cinéma (Urgence,
Les longs manteaux, Rue barbare)
puis pour les séries policières de TF1 (
Navarro, Cordier, Moulin, Une femme d’honneur).
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2.
LA REINE ETRANGLEE

   
De
Novembre 1314 à avril 1315
L’héritage
de Philippe Le Bel est dilapidé par le conflit entre les
hauts barons (Charles de Valois, Robert d'Artois) et les
bourgeois (Marigny). De sa forteresse, la reine de France
prisonnière, tient tête à son époux, mais Blanche De
Bourgogne a perdu un peu l'esprit et menace de se
suicider. Marguerite finit par abdiquer en rédigeant une
lettre. Marigny ne veut pas que le mariage de Louis le
Hutin soit trop vite annulé, et brûle la lettre signant
ainsi son arrêt de mort et celui de Marguerite. Pour se
passer de pape afin d'annuler le mariage, Le Hutin et
Charles de Valois décident de faire assassiner
Marguerite dans sa prison et de pendre Marigny.
Un
couple d’amoureux, Guccio, neveu de Tolomeï le
banquier, et la noble Marie de Cressay, vit un bonheur
clandestin pendant ce drame.
Le
ton est donné dès le départ avec la famine, le froid,
la prison. L’ambiance est sinistre.
C’est
l’épisode de Muriel Baptiste. Elle est d’ailleurs
première au générique. Elle ne dispose pourtant que de
trois scènes. Sa composition reste étonnante car on
voit petit à petit son corps et son visage dépérir,
ses yeux rougir de fièvre. La scène finale, sur fonds
de musique de Delerue, qui voit Blanche pleurer devant le
cercueil de sa cousine, a de quoi ébranler le cœur le
plus sec.
Le
personnage de Marguerite est présent dans l’histoire
puisque objet de l’annulation du mariage.
L’affrontement à mort entre Valois et Marigny donne à
cet épisode une tonalité sombre. Beaucoup
d’incontournables de la série ne sont pas présents:
Mahaut, Béatrice, Isabelle. L’épisode marque le
départ de Catherine Hubeau (Son personnage qui survit ne
sera plus qu’évoqué), Muriel Baptiste et André
Falcon.
Jean
Piat quitte lors de l’assassinat de Marguerite son
apparence de force pour lui aussi s’émouvoir. Le même
texte, tourné en 2005 par Josée Dayan et des acteurs
moins inspirés, nous laisse froid.
o
Muriel Baptiste était une vedette de télévision. Elle
avait connu un grand succès en étant la petite gitane
Annunciata de
La princesse du rail
en 1967. Marguerite de Bourgogne fut le rôle de sa vie,
dont elle ne se remit jamais. Epuisement lors du tournage
(elle perdit sept kilos, et dut voyager pour se reposer
et oublier), impossibilité de retrouver ensuite un autre
rôle de cette importance. Elle jette l’éponge en
1974, se réfugie dans le silence, s’éloigne des
plateaux de tournage. Elle s’est suicidée le 7
septembre 1995, oubliée de tous.
o
Catherine Hubeau, après Les
rois maudits,
enchaîne les feuilletons télé : Les
fleurs succombent en Arcadie
(1973), L’hiver
d’un gentilhomme (1973),
Les
peupliers de la Prétentaine
avec Georges Marchal (1975), puis s’oriente vers le
théâtre et fonde La
compagnie Catherine Hubeau
encore en activité.
o
André Falcon, né en 1924, est Enguerrand de Marigny,
aujourd'hui directeur de théâtre, il a beaucoup tourné
dans les films de Lelouch.
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3.
LES POISONS DE LA COURONNE

   
Juillet
1315
L'épisode
commence par la bataille entre l'armée de Louis X et les
flamands. Les français sont enlisés dans la boue. Trop
heureux d'aller se marier avec sa nouvelle élue
Clémence, Louis X bat en retraite et se rend à Reims
pour le mariage. La famine a manqué emporter Marie de
Cressay que Guccio Baglioni sauve en faisant du chantage
auprès du prévôt. Les deux amoureux décident de se
marier en secret, Marie est enceinte et Guccio est obligé
de s'enfuir. Clémence de Hongrie va de désillusions en
désillusions Elle découvre que Marguerite a été
assassinée. Clémence demande alors à Louis de faire un
pélerinage pour obtenir le pardon.
A
peine délivrée de Dourdan, Jeanne de Bourgogne
(Catherine Rich) tombe, avec Béatrice d'Hirson, entre
les mains des partisans de Robert d'Artois. Son mari
Philippe vient la délivrer, avec une véritable armée,
et fait comprendre aux amis du baron écarlate qu'ils
offensent le roi. Philippe joue ainsi le parti de Mahaut
contre Robert.
Toutefois,
Charles de Valois aide Robert. Il persuade Louis X
d’exiger de Mahaut la restitution de ses terres. Mahaut
parvient à l'empoisonner. La nouvelle de l’assassinat
du roi alarme la cour et Hugues de Bouville est chargé
de protéger l'enfant à naître de la reine Clémence.
Cet
épisode, à la différence des deux premiers, s'écarte
du roman de Druon en raison de la volonté de Barma de
faire du "théâtre filmé". Nous ne vivons pas
ainsi le début de l'histoire où Clémence de Hongrie,
future seconde épouse de Louis X, Guccio Baglioni et
Hugues de Bouville manquent de périr dans une tempête
en Méditerranée.
C'est
un très bon épisode, moins triste que le précédent,
riche en rebondissements, et qui permet le retour
d'Hélène Duc et Catherine Rouvel absentes du second
volet. Nous assistons à l'affrontement de Mahaut et de
Robert, et les comédiens Hélène Duc et Jean Piat
dominent l'épisode. Georges Ser (Louis X) dont c'est le
second et dernier épisode en vedette, est en quelque
sorte relégué au second plan. Quelques grands numéros
d'acteurs : en tête, le catalan José Maria Flotats en
Philippe, Louis Seigner toujours incontournable en
Tolomei, Catherine Rouvel envoûtante en empoisonneuse.
o
Le comédien Georges Ser se spécialisera dans la
télévision ( Ton
amour et ma jeunesse,
Molière
pour rire et pour pleurer
,
Les brigades du tigre)
mais on perd sa trace dans les années 90.
o
Jean Luc Moreau (Guccio) fut la vedette de la série
Merci
Sylvestre
en 1982. Metteur en scène au théâtre, on l’a vu avec
Alain Delon dans Le
passage (1986).
o
Ce fut le dernier rôle du sympathique André Luguet,
comédien dont la carrière s’est déroulée au cinéma
des années 10 à 70 !
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4.
LA LOI DES MALES

   
Juin
1316
A
Lyon, Philippe de Poitiers est décidé à devenir
régent. Il complote avec brio, dupe Charles de Valois,
Robert d'Artois et même son propre frère Charles de la
Marche pour prendre le pouvoir. Il oblige les cardinaux à
élire un pape.
C'est
Monseigneur Duèze qui se faisant passer pour moribond,
va par ruse se faire désigner par ses pairs, dont son
rival, le cardinal Caetani. Reste qu'il n'y a pas de roi,
sauf l'enfant à naître de Clémence. Si c'est un mâle,
le trône lui revient. Mais si c'est une fille, la petite
Jeanne, fille de Marguerite de Bourgogne, lui serait
préférée. Les deux parties en présence, Mahaut avec
son gendre Philippe, et Charles de Valois et Robert
d'Artois, conviennent de revenir à loi salique qui
empêche une femme de régner. Jeanne (la fille de
Mahaut) met au monde un fils. Clémence aussi.
La
tentation est grande pour Mahaut d’'éliminer Jean, le
fils de Louis X et de Clémence de Hongrie, et se
concrétise. Comprenant qu'on va empoisonner le petit
roi, Hugues de Bouville et son épouse substituent
l'enfant à celui de Marie de Cressay et Guccio. Et
Mahaut avec un mouchoir empoisonné tue le fils des
amours du jeune couple interdit et persécuté. Philippe
devient roi sous le nom de Philippe V. Robert s'est
révolté.
Sommé
de se rendre devant l'armée de Philippe, il demande un
procès où il compte révéler que Mahaut et Philippe V
ont fait assassiner le petit Jean. Philippe V déjoue la
manœuvre en le mettant au cachot.
Si
Muriel Baptiste portait l’épisode 2 sur ses épaules,
José Maria Flotats réussit à nous passionner par sa
composition pour une intrigue tellement creuse que Josée
Dayan n’adaptera pas l’épisode en 2005. Le comédien
catalan est omniprésent et réussit une performance peu
commune : la scène où il toise Jean Piat lorsque le
baron écarlate se rend et croit triompher reste un des
grands moments de la série. Bien évidemment,
l’empoisonnement de l’enfant, la fin des amours de
Guccio et Marie, la folie de la reine Clémence, prennent
à nouveau le téléspectateur aux tripes. Les intrigues
politiques de cette histoire qui se déroulent en 1316
ont gardé un accent très actuel dans notre époque où
violence et terrorisme ont remplacé les poisons.
o
José Maria Flotats, né en 1939, célèbre en Espagne,
se consacre au théâtre comme acteur et metteur en
scène. Il fut le héros d’une autre série française
en 1980,
Les visiteurs
où il retrouvait un familier des séries de Claude
Barma, François Chaumette.
o
Dans cet épisode, on peut noter la participation dans un
court rôle (Madame de Bouville) de l'épouse de Jean
Piat, Françoise Engel, décédée en 1995, et qui était
une professeur de théâtre de grande réputation.
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5.
LA LOUVE DE FRANCE

  
1326
Cette
fois, nous traversons la Manche et laissons tous nos
personnages familiers pour retrouver Isabelle "la
louve de France", dont le mari, Edouard II, est
homosexuel et lui préfère un favori, Hugh le Despenser.
Isabelle se réfugie en France où règne son dernier
frère, Charles., Philippe V s'étant empoisonné en
buvant de l'eau polluée. Elle n'y vient pas seule, et
devient la maîtresse de Roger Mortimer, un baron anglais
en révolte. Mais devant les menaces de Edouard, le lâche
et médiocre Charles IV, conseillé aussi par Mahaut qui
veut se venger d'Isabelle, expulse sa soeur vers
l'Angleterre. Mortimer a le temps de fomenter un coup
d'état et Edouard est destitué, tandis que Hugh est
cruellement exécuté. Edouard abdique en faveur de son
fils, mais Mortimer, jaloux, le veut mort. Edouard sera
assassiné "par où il a péché" avec un
tisonnier. Un crime sans traces...
Cet
épisode nous réserve une surprise : le retour éclair
(une scène de flash-back) de Marguerite de Bourgogne
(Muriel Baptiste) lorsque Isabelle devient la maîtresse
de Mortimer et regrette amèrement sa dénonciation de
1314. Mais ce qui est un peu dommage, c'est la trop
rapide disparition de José Maria Flotats (dont Jean Luc
Moreau/Guccio nous explique le sort dans le résumé des
épisodes précédents), la disparition d'un autre
personnage clef et picaresque, Charles de Valois, qui
meurt d'une attaque cérébrale. Tous les nouveaux
personnages anglais nous proposent de nouvelles intrigues
qui n'ont plus guère de rapport avec ce qui s'est passé
dans les épisodes 1 à 4, et cela désoriente le
téléspectateur.
Claude
Giraud vole la vedette aux Hélène Duc, Jean Piat, Louis
Seigner, qui jusque là tenaient les rennes de la série.
Surtout, on nous présente beaucoup trop de nouveaux
personnages : le fils d'Isabelle, Edouard prince de
Galles (Jean Louis Broust) ou encore Tors Col (William
Sabatier) .Les quatre premiers épisodes nous avaient
familiarisés avec une intrigue née du supplice du grand
maître des templiers, Jacques de Molay, et de la
malédiction lancée de son bûcher.
o
William Sabatier a participé à la plupart des séries
de la télévision françaises des années 50 à 70.
Citons : La
caméra explore le temps, Corsaires et Flibustiers, Les
cinq dernières minutes, Arsène Lupin.
Il est de ces visages familiers sur lesquels les
téléspectateurs ne savent donner un nom mais ont
retrouvés régulièrement dans des seconds rôles.
O
Claude Giraud fut la vedette des séries Les
compagnons de Jéhu
(1966), Sébastien
parmi les hommes
(1968) et l’un des principaux interprètes du film Les
aventures de Rabbi Jacob
(1973). En janvier 1973, la dernière scène de cet
épisode, diffusé en "prime time" fit
scandale, celle du supplice du roi Edouard. Le lendemain
de la diffusion, Claude Barma dut venir s'expliquer au
journal télévisé de la seconde chaîne ORTF. C'était
une autre époque où le public n'était pas habitué à
des scènes de ce genre, qui ne feraient plus broncher
personne aujourd'hui.
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6.
LE LIS ET LE LION

   
Janvier
1328
Le
fils d’Isabelle, Edouard III, se révolte contre
Mortimer qu’il fait pendre. Isabelle décide de se
retirer et de ne plus paraître en public.
Robert
par mariage est devenu le beau-frère du nouveau roi,
Philippe VI de Valois, fils de Charles de Valois. Il fait
fabriquer de fausses preuves et profite de l'amour de
Béatrice d'Hirson qui empoisonne pour son compte Mahaut
d'Artois et Jeanne de Bourgogne. Mais la sœur cadette de
Marguerite, Jeanne la boîteuse, devenue reine, a enfin
trouvé sa vengeance. Elle se sert de son royal époux
pour confondre Robert qui refusera de renoncer et
s'exilera en Angleterre. De là, il persuade le fils
d'Isabelle, Edouard III, qu'il est l'héritier du trône
de France. Robert complote aussi avec les flamands. Il
finit par déclencher la guerre de cent ans entre les
deux pays mais trouve la mort après avoir reçu une
flèche à Vannes.
Retour
au combat de Robert d'Artois pour reconquérir son comté.
De fait, c'est ce personnage qui est mis en lumière tout
au long de l'épisode, et non un monarque Jean Piat est
d'un bout à l'autre la vedette de l'épisode,
omniprésent dans chaque scène.
L'épisode
est celui qui est le moins fidèle au roman de Druon.
Toute la scène de la mort de Robert où il regrette
d'avoir fait étrangler Marguerite a été inventée pour
l'écran. Druon ne termine pas le roman avec la mort de
Robert mais s'intéresse au sort du petit roi Jean, fils
de Guccio, partie du roman que Barma a décidé de ne pas
adapter.
Il
faudrait citer tous les comédiens tant ils sont
brillants : Jean Paul Zenacker en notaire vénéneux,
Maître Tesson, Jean Louis Broust un roi plein de
charisme et de force évoquant un jeune Georges Marchal,
Benoît Brionne un truculent nouveau roi de France, la
jolie nouvelle reine d'angleterre Françoise Burgi alias
Philippa de Hainaut.
Robert
d'Artois l'avoue lui-même: sans Mahaut, il n'a plus
d'adversaire à sa hauteur et le regrette.
Jean
Piat et Georges Staquet (son fidèle Lormet) marchant
dans un Artois de pacotille, très blé jaune made in
SFP, réussissent à nous faire oublier les décors et à
nous captiver. Jean Piat marque à tout jamais de son
talent et de son empreinte le personnage du baron
écarlate. Il a trouvé là le plus beau rôle de sa
carrière.
La
scène de la mort de Tolomeï permet une ultime
formidable création de Louis Seigner, tout comme celle
de Mahaut pour Hélène Duc.
Catherine
Rouvel joue aussi ses plus belles scènes après avoir
été dans l'ombre de Mahaut.
La
série se termine en beauté et reste inégalable. Ce
n'est pas le médiocre remake 2005 de Josée Dayan qui la
fera oublier.
o
Après
Les rois maudits,
le comédien Louis Seigner fut l’invité d’un
mémorable Grand
échiquier
de Jacques Chancel. Il était le grand-père des
comédiennes Mathilde et Emmanuelle du même nom. Il est
décédé en 1991 dans l’incendie de son appartement,
s’étant endormi en fumant.
o
Catherine Rouvel, née en 1939, a connu deux gros succès
au cinéma : Le
déjeuner sur l’herbe
(1959) et Borsalino
(1970).
o
A noter une courte apparition de Christian Barbier
(L'homme
du Picardie)
en comploteur flamand.
o
Jean Paul Zenacker a été la vedette des séries La
poupée sanglante
(1976) et L’île
aux trente cercueils
(1979).
o
Jean Louis Broust, né en 1946, fut la vedette de Roméo
et Juliette (1973).
On l’a vu aussi dans
La dame de Monsoreau
(1971) et
La juive du château trompette
(1974). Son décès en 2006 est passé inaperçu, et
n’est même pas mentionné sur Internet Movie Data
Base.
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Captures
réalisées par Patrick Sansano
Crédits
photo : TF1 Vidéo.
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