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HORS
SERIE
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1/2.
LE COMPLOT / LA VOIE DE LA VERITÉ
(REDUX)

  
Cette
cinquième saison, qui verra la série
atteindre des sommets absolus de popularité,
tout en achevant la période Vancouver,
ne comporte que vingt épisodes. En effet
la réalisation de Fight The Future,
majoritairement effectuée entre Gethsemane
et Redux (et déjà en
Californie...) a pris beaucoup de temps, d'autant
que certaines scènes doivent être
retournées ultérieurement. Cette
priorité donnée au film fait également
que la saison bénéficie d'une
moindre structuration que la précédente,
de nombreux amateurs lui reprochant d'ailleurs
un certain côté patchwork et une moindre
qualité d’écriture. Nous
allons cependant voir que, loin d'apparaître
phagocytée par FTF, la saison comporte
de sacrés morceaux de bravoure et de
magnifiques originalités ! Adonc, Redux !
Le triptyque engagé par Le baiser
de Judas se conclut ici par un élargissement
de l'intrigue tenant, globalement, ses promesses.
La première partie emporte très
largement l'adhésion, avec une brillante
astuce scénaristique, parfaitement assumée
et bien valoriséepar la mise en scène
: nous remontons le temps en découvrant,
en parallèle avec l'histoire racontée
précédemment par Scully, ce qui
s'est réellement déroulé,
tant de son point de vue que de celui de Mulder.
L'exercice de style s'effectue avec une parfaite
maîtrise, voire une vraie maestria d'écriture.
Le suspense est à son comble, tandis
que le rythme s'accélère nettement
et que la succession de scènes choc se
rapproche des cimes d'Anasazi. La forte
présence d’effets de narration
me semble provoquer comme un témoignage
entrecroisé entre Scully et Mulder, un
effet intéressant et qui ne ralentit
que faiblement l’action. Le paroxysme
se voit atteint quand Mulder parvient enfin
à pénétrer dans le saint
des saints, l'antre du Fumeur au Pentagone,
aperçue dès le pilote. On peut
bien le dire : on exulte !
Les
seconds rôles sont au diapason, avec un
Homme à la Cigarette toujours aussi magistralement
interprété par William B. Davis
et qui se risque sur des stratégies aussi
novatrices que périlleuses, apportant
ainsi une nouveauté bienvenue, quoique
parfois déconcertante. Kritschgau bénéficie
d’un passage peuplé d’inserts
historiques absolument splendides. Jusqu'ici
en retrait face à l'affrontement Homme
à la Cigarette/Homme bien manucuré,
le First Elder avait néanmoins déjà
eu l'occasion de manifester une grande habilité
face à Scully. Il accomplit ici un foudroyant
bond au premier plan, lors d'une passionnante
lutte de pouvoir avec le Fumeur (les scènes
du champ de courses sont somptueuses). Don S.
Williams crée avec une étonnante
présence ce personnage demeurant une
véritable énigme, entre intellect
froid et sanguine colère. Un bien joli
monstre, dont la Conspiration ne cesse de nous
offrir de superbes exemples, pour notre plus
grand ravissement !
Skinner paraît toujours contesté
par ses troupes (en particulier Scully). Successivement
menacé par une arme (à plusieurs
reprises), frappé, défié,
insulté, il aura eu bien du mérite
à continuer à les aider de son
mieux, envers et contre tout. Mitch Pileggi
est formidable et parvient véritablement
à faire de son personnage un des plus
riches et attachants de la série. Sa
réconciliation silencieuse finale avec
Scully reste un beau moment d'émotion...
La seule ombre au tableau demeure la participation
minimaliste des Bandits Solitaires à
l'action, mais le Trio aura largement l'occasion
de se rattraper lors de l'épisode suivant !
La
deuxième partie permet de reprendre la
marche en avant de l’action. Toutefois
le récit se caractérise par une
surabondance de scènes psychologiques
entre les personnages. Certes émotionnellement
intenses, leur accumulation finit par plomber
l’action, et on aurait pu faire judicieusement
l’économie de certaines d’entre
elles, comme l’apparition de la pseudo
Samantha. Mulder paraît décidemment troublé,
lui qui ne conçoit même pas qu’il
puisse s’agir d’un clone et semble
bien perméable à l’argumentaire
de Kritschgau. En fait le double épisode
résulte mal dosé, un meilleur
équilibre entre ressenti et action aurait
pu être recherché entre ses deux
parties. On demeure également dubitatif,
après une aussi longue histoire, en voyant
Mulder démasquer Blevins sur une simple
intuition ! Certes, il s’agit de Mulder,
et Blevins, pris à la gorge, se montre
singulièrement maladroit sur la fin,
mais un indice aurait tout de même été
moins frustrant… On ne peut s’empêcher
de penser que l’intrigue a été
partiellement sacrifiée à une
surabondance d’effets lacrymaux. On
regrette aussi certaines petites facilités
(la capsule non découverte…).
Restent de magnifiques scènes, comme
ce feu d’artifice final de moments forts
posant avec efficacité le décor
de la nouvelle saison. Redux (ou retour
à la vie) mène avec succès
sa mission principale, clôturer la saison
4 (exit le cancer !) et lancer la 5 sur de nouvelles
bases. Alors que Le Baiser de Judas
s’achevait sur la pseudo mort de Mulder,
Redux se conclut sur l’assassinat
de l'Homme à la Cigarette, mais comme
Mulder nous ricanons devant l’absence
de cadavre… Allons, le bougre a la vie
dure, et ce n’est pas fini !
La
série est désormais diffusée
en format widescreen plutôt qu’en
4:3, ce qui déconcerte dans un premier
temps (surtout après avoir revu les quatre
premières saisons), mais qui se révèle
très positif sur grand écran.
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I
heard it was a lone gunman.
No matter how paranoid you are, you're not paranoid
enough.
Débutons en saluant l'excellence du titre
original (justifié par le savoureux gag
du sucre et la structure narrative globale),
bien plus amusant que sa très appliquée
traduction. Il explicite parfaitement la double
nature, parfaitement assumée et maîtrisée
de bout en bout, de l'épisode, entre
humour pétillant et redoutable intrigue
policière. Situé en 1989, le récit
a l'originalité de se centrer sur le
Trio, laissant Mulder en marge tandis que Scully
reste encore bien loin d'imaginer ce qui l'attend...
Le tournage de Fight The Future explique
le retrait de Duchovny et Gillian Anderson mais
l'épisode ne se contente pas de former un
interlude, bien au contraire.
Au-delà de l'aspect mythologique absolument
captivant pour le fan, l'intrigue bâtit
un véritable suspense, captant l'intérêt
du public alors qu'une vérité
des plus troublantes se révèle
peu à peu. Difficile de détourner
le regard ne serait-ce qu'un seul instant tant
le suspense reste au plus haut niveau jusqu'au terme
de l'histoire. Mais chacun des effets chocs
se voit ponctué d'une note d'humour caustique
ou de dérision, venant agrémenter,
mais non édulcorer, le thriller. Cela
constitue le véritable tour de force
de l'épisode, comme lors cette succession
d'arrivées fracassantes dans l'entrepôt
(les Bandits Solitaires, puis Mulder, puis les
tueurs, puis les nettoyeurs, puis le SWAT !).
On se situe dans le pastiche de haut vol, qui
divertit sans altérer les qualités
essentielles d'un genre.
Mais
l'épisode présente bien d'autres
richesses, comme la description, très
fine, des caractères des différents
membres du Trio : Byers, romantique et idéaliste,
Frohike l'homme d'action si viril et Langly,
le Geek absolu. Chacun jouit d'une personnalité
bien affirmée, dont l'association constitue
un mélange des plus explosifs ! La différence
de regard de Byers et Frohike envers Susanne
reste très significative... La rencontre
du trio (et celle avec Mulder) s'effectue d'une
manière très fluide, sans effet
emphatique déplacé. On apprécie
de découvrir les trois plus grands paranos
des séries télé encore
naïfs et sans méfiance. On partage
leur stupeur quand s'effondre la rassurante
réalité consensuelle et qu'apparaît
tout un univers aussi sombre que délirant.
Cette mue de trois honnêtes citoyens en
résistants acharnés s'effectue
avec émotion et véracité
et, sans avoir l'air d'y toucher, nous titille
sur la question de la responsabilité.
Dès leur apparition, les Bandits Solitaires
se révèlent tels qu'en eux-mêmes : certes
des perdants magnifiques, drôles et dont
on aime à se moquer affectueusement,
mais aussi des combattants de la Vérité,
non dénués de courage et d'une
certaine grandeur. Dean Haglund, Bruce Harwood
et Tom Braiwood paraissent merveilleux de naturel
et s'identifient pleinement à leur personnage.
Aussi
étincelant et central que demeure le
Trio, la qualité d'écriture du
récit permet de faire également
exister les autres personnages. Mulder, avant
même d'intégrer les Affaires Non
Classées, est déjà le Martien
et son délire hallucinogène sur
les Petits Gris s'avère aussi amusant
que prophétique. Le scellement de son
alliance avec les Bandits Solitaires, lors de
la scène finale, reste un magnifique
moment. Et l'épisode apporte une mine
d'informations sur le personnage (né
un 10-13…) !
La
fabuleuse Signy Coleman, qui bénéficie
déjà de pas mal de métier
en ayant participé à nombre de
séries des années 80, donne une
vraie humanité et un étonnant
charisme à son personnage. Cible émouvante,
animée d'une flamme pure, capable d''une
audace incroyable et d'un vrai courage physique,
Susanne Modeski demeure l'un des plus beaux
personnages féminins d'une série
pourtant peu chiche en la matière. L'histoire
la laisse en mauvaise posture, mais nous aurons
la joie de la revoir dès la saison prochaine !
L'épisode
nous permet également de retrouver X,
égal à lui-même, avec à
la clef une nouvelle très solide prestation
de Steven Williams. Les Bandits Solitaires lui
doivent la paternité de leur nom (en
référence à Dallas), mais
la traduction désamorce totalement l'effet,
parlant de « Tireur isolé »
au lieu de « bandit solitaire »!
On remarque que, tout comme son patron dans
Musings, ou plus tard Fletcher, X les épargne,
sans doute du fait de la faible dangerosité
perçue...
La
cerise sur le gâteau est apportée
par le très étonnant cross-over dû à l'apparition de Richard Belzer dans
son personnage fétiche de John Munch
(Près de 350 épisodes de Law
and Order et Homicide, mais aussi
The Wire, Arrested Development etc.).
Outre son numéro de scepticisme narquois
et blasé très divertissant, sa
présence comporte le mérite de
mesurer le fossé existant désormais
entre les X-Files à l'orée
de leur cinquième saison et les séries
policières classiques. Alors qu'à
ses débuts la série pouvait apparaître
composée d'enquêtes avec une simple
connotation paranormale, ce sont bien deux univers
qui se font face désormais, dans une
totale incommunicabilité, alors même
qu'il s'agit d'un des épisodes contenant
le moins de surnaturel. La Vérité
est désormais totalement ailleurs ! Dommage
que Munch et Mulder n'aient pas de scène
en commun...
Enfin
Les Bandits Solitaires se pare d'un ultime attrait,
une évocation particulièrement
divertissante et ludique des années 80
à leur crépuscule (20 ans déjà...).
Plusieurs symboles passent ainsi à la
moulinette des très inspirés Kim
Manners et Vince Milligan : les monstrueux téléphones
portables de l'époque, avec un joli clin
d'œil à ce qui deviendra l'une des images
récurrentes de la série, les débuts
très austères de l'Internet, avec
tout le frémissement existant autour,
les jeux vidéos primitifs de ce temps-là mais,
oh combien, jouissifs et imaginatifs (rien de
moins que... Digger !), Donjons et Dragons,
alors au sommet de sa popularité, bien
avant la barbarie des jeux en ligne (et que
j'ai pratiqués comme Langly, les fumées
d'origines diverses en moins, les petits gâteaux
en plus)... On se régale !
Les
Bandits Solitaires restera un hommage au Trio,
particulièrement vibrant et superbement
écrit, aussi enthousiasmant qu’a
pu l'être Musings of a Cigarette Smoking
Man la saison écoulée. Un
authentique régal pour le fan, très
prometteur pour Au cœur du complot !
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-
If we become blinded by the beauty of nature we
may fail to see its cruelty and violence.
- Walt Whitman?
- No, "When Animals Attack." On the
FOX Network
Après un début original et amusant
nous rappelant que, quelle que soit la série,
les aventures naissent, littéralement,
sous les pas des héros, on constate rapidement
que cet épisode souffre de plusieurs faiblesses.
La principale demeure la faiblesse des personnages
secondaires, certes plaisants (les amusants fonctionnaires
moyens, mais pas si inefficaces que cela, la shérif
Sylvaine, la famille victime idéale) mais
demeurant tous trop rapidement esquissés
pour bénéficier d’une authentique
profondeur et développer d’intéressantes
interactions avec le couple vedette. La série
nous a habitués à des personnages
mieux croqués et le regret se ressent d’autant
plus fortement qu’on pouvait y trouver du
potentiel, notamment dans la confrontation de
Mulder et de l’absurdité administrative.
Une enquête commune avec Stonecypher et
Kinsley aurait constitué un superbe sujet
d’épisode !
L’intrigue
reste également assez sommaire, de surcroît
répétitive, avec pour conclusion
une arrivée de cavalerie particulièrement
providentielle. On pourrait aller jusqu’à
se demander si cette relative vacuité n’a
pas suscité cette volonté de lancement
sortant de l’ordinaire, histoire de dissimuler
quelque peu la misère… Parallèlement
on peut regretter le caractère un peu ridicule
de ces yeux rouges surgissant de nulle part ; les
artistes de la série nous régalent
habituellement d’effets autrement saisissants.
Il en va de même pour ces disparitions qui
ressemblent plus à une prise de pied dans
un tapis qu’autre chose. Une exception notable
vient partiellement contrebalancer ce jugement :
la saisissante image où l’on aperçoit
le monstre en mimétisme. Dommage que la
mise en scène n’ait pas persévéré
dans cette direction, sans doute par contrainte
budgétaire (on est ici au summum de ce
que l’époque pouvait produire). Je
n’ai pas pu m’empêcher de songer
au Gollum de Peter Jackson !
Heureusement,
à quelque chose malheur est bon, et l’épisode
ne gaspille pas l’opportunité d’optimiser
la concentration de l’action sur le duo
Mulder/Scully du fait de l’effacement des
personnages secondaires. Nous avons droit à
toute une succession de scènes très
divertissantes, qui font tout le prix de cet épisode.
On s’amuse ainsi beaucoup de voir Scully
toute gênée par le mépris
goguenard affiché par Mulder envers le
fameux séminaire, alors même qu’elle
ressent la même chose. Le souci de la respectabilité
et du respect des règles reste bien ancré
chez les Scully… Surtout on peut se demander
si Scully (en souvenir ?), ne nous fait pas un
plan à la Eddie Van Blundht quand elle
vient partager une bouteille avec son collègue
et déclare bien explicitement que normalement
deux collègues de sexe opposé ne
peuvent occuper la même chambre… Mais,
manque de chance, cette fois c’est le vrai
Mulder qui se trouve là, et donc il est
bien entendu hors de question de penser à
autre chose qu’à l’enquête
! Mais ne s’agirait-il pas plutôt
d’une angoisse devant une possible concrétisation
? En tout cas notre héros déguerpit
bien vite, laissant une Scully bien dépitée
de devoir boire toute seule ! Bien tournée,
la scène apparaît autant ambiguë
que plaisante.
La
nuit passée « Into the Wild »
paraît moins dense et aboutie que son équivalent
dans Les Dents du Lac mais réserve
tout de même quelques bonnes surprises, comme
Scully chantant (atrocement) une berceuse à
Mulder ! Leur conversation permet également
de confirmer que la page du cancer a été
définitivement tournée. On apprécie
le clin d’œil à l’Homme
Invisible, les choix d’inserts de films
se révèlant toujours excellents
dans les X-Files ! La fin développe
un beau suspense, apportant une énergie
bienvenue à l’épisode. Le
récit voit également se dérouler
un intense échange de vannes entre les
deux collègues, notamment à propos
des hommes-mites et consorts. Spotnitz montre
toujours un authentique talent pour les dialogues
mais cette virtuosité l’entraîne
à trop les privilégier au détriment
de l’intrigue (et puis cette histoire de
Fontaine de Jouvence… Pourquoi les Conquistadors
seraient-ils demeurés dans la forêt ?).
Enfin
l’autre grande vedette du récit demeure
la somptueuse forêt canadienne, à
la beauté d’autant plus étincelante
que nous savons que nous allons très bientôt
en être privés, au moment où
la série s’apprête à
quitter sa terre d’élection pour
migrer au sud. Par contre avouons que l’on
a beaucoup de mal à se croire en Floride
! Hélas, l’épisode illustre
également ici sa plus grande lacune : si
la forêt de Vancouver se montre ici enchanteresse
et joliment filmée, on ne ressent pas un
seul instant le sentiment de péril et d’isolement
qui devrait normalement s’imposer aux personnages.
La mise en scène de Brett Dowler manque
cruellement du souffle et de la densité nécessaires
pour que l’on retrouve l’enfermement
et l’oppression incomparables du grandiose
Quand vient la nuit, auquel l’histoire
du jour fait inévitablement penser.
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-
Is there anything that you don't believe in,
Mulder?
Cette audacieuse variation sur le thème
de Frankenstein (l’épisode comporte
plusieurs clins d’œil au classique
de Mary Shelley, dont son titre), doublée
d’un bel hommage à l’univers
des comics anciens, séduit d’abord
par la beauté étrange de sa mise
en scène. La première originalité
réside dans le choix d’un noir
el blanc intégral, chose jusque là
rarissime dans l’univers des séries
télé (l’épisode
Le rêve était presque parfait,
de Clair de Lune se situait dans les
années 40 et n’était que
partiellement en bichromie). D’abord déconcertante,
on s’aperçoit bien vite que cette
option correspond parfaitement à l’ambiance
fantasmagorique de cette histoire présentée
comme un conte de fées, proche de l’univers
d’un Tim Burton ou des classiques de l’âge
d’or d’Hollywood.
C’est
d’autant plus vrai que ce classieux noir
et blanc s’accompagne d’une réalisation
poussant loin les limites de l’esthétique,
par des angles de vue subtilement discordants
ou des gros plans très suggestifs
de visages pour le moins pittoresques ! La mise
en scène regorge de trouvailles visuelles,
dans le champ principal mais aussi disséminées
dans le décor et chez les personnages
secondaires. L’épisode s’offre
également le luxe d’un extraordinaire
final, où la maestria de Kim Manners
s’enflamme comme à l’ultime
détonation d’un grandiose feu d’artifice.
Sous les feux d’une boule à facettes
brillant comme un soleil, la caméra virevolte
en tous sens pour nous faire vivre d’une
manière incroyablement intense l’excitation
d’un concert et l’émotion
de Mutato. Le visuel s’entremêle
à une musique aussi originale que formidable,
puisqu’aux thèmes toujours si évocateurs
de Mark Snow viennent s’ajouter quelques-unes des plus belles chansons de Cher.
Spectacle
entier, à la poésie onirique pimentée
avec un goût très sûr par
de l’humour absurde de haut vol, Prométhée
post-moderne s’impose comme un authentique
chef-d’œuvre de l’art audio-visuel
et un des épisodes expérimentaux
les plus aboutis de l’univers des séries
télé. On se surprend à
le regarder trois fois d’affilée,
avec toujours le même ravissement et la
découverte de nouvelles pépites.
Mais
l’épisode ne se contente pas de demeurer
un étrange et fascinant objet d’art
: il s’attache également à
nous raconter une aussi riche que captivante
histoire. Le portrait de groupe de cette petite
communauté au fin fond d’un trou
perdu de l’Amérique profonde se
révèle caustique et très
distrayant (on pense parfois à Lynch,
avec un Twin Peaks mâtiné
d’Elephant Man). Quelques belles
individualités s’en détachent
comme la mère et le fils Berkowitz, réellement
incontournables ! L’intrigue montre cependant
la finesse de ne pas tomber dans la caricature
facile et trop à charge. La population,
aussi crispante qu’elle puisse être,
se montre finalement sympathique et capable
de rédemption, en un mot très
humaine.
L’adversaire
du jour, joué avec brio par John O'Hurley
(Seinfeld), développe une vision
actualisée du savant fou, dont le but
principal demeure l’accession à
la notoriété, et dont la fatuité
et la pédanterie dissimulent mal un côté
minable assez croquignolet.
Néanmoins
la grande figure de Prométhée
post-moderne demeure bien entendu le Grand
Mutato lui-même. Chacune de ses manifestations
s’auréole d’une rare poésie,
car, bien loin d’être un monstre,
il s’agit d’une personne sensible,
aux enthousiasmes très juvéniles.
Repoussé par les humains il s’est
bâti un univers onirique se révélant
très émouvant autour de Cher,
son idéal féminin, même
si ses actes s'avèrent moralement
aussi critiquables que ceux d'un Eddie van Blundht
dont il se montre étonnamment proche.
Le très inattendu retournement de situation
où on le découvre s’adressant
à la foule synthétise cette dualité
entre apparence extérieure et nature
intérieure en une scène touchante
mais toujours empreinte de l’humour si
particulier de l’épisode ! L’étonnant
maquillage prouve encore une fois, si besoin
en était, le savoir-faire des artistes
de la série. Ces travestissements dissimulent
toujours de stupéfiantes découvertes
car, alors que le légendaire Flukeman
n’était autre que Darin Morgan,
Mutato se voit incarné par Chris Owens,
bien connu pour ses interprétations de
l'Homme à la Cigarette jeune et de Spender
! Chapeau l’artiste, il confère
beaucoup de vie au personnage et parvient à
en restituer à la perfection les émotions
alors même que le visage demeure inexpressif.
L’épisode
gagne encore en profondeur en questionnant sur
le développement incontrôlé
de la génétique mais aussi sur
l’influence pernicieuse de la télé
réalité sur une population avide
de reconnaissance médiatique. On remarque
que Jerry Springer joue joliment le jeu, ce
qui prouve bien que le gaillard est un malin
(Roseanne et Cher, conviées, ne furent
malheureusement pas disponibles) !
Enfin,
last but not least, Prométhée
post-moderne permet également au
duo Mulder/Scully de briller de tout son éclat.
Leurs dialogues crépitent réellement
durant tout le récit ! Cela débute
par la relecture acidulée de la lettre
de Mme Berkowitz par une Scully exhalant l’irritation
et l’ironie sceptique, tandis que Mulder,
stoïque, encaisse tout silencieusement
tout en ne perdant pas une miette du show. La
scène déclenche vraiment l’hilarité
et lance idéalement l’histoire.
Par la suite, alors que Mulder prend d’entrée
l’histoire au sérieux tout en s’amusant
visiblement beaucoup, Scully est persuadée
du canular et de la perte de temps au beau milieu
de nulle part. Du coup elle s’énerve
de tout, ce qui nous vaut un duel fort plaisant
avec Mulder. On apprécie bien d’autres
scènes amusantes comme l’incollable
Scully prise en flagrant délit d’ignorance
par le savant fou, ou la voir courir à
toute vitesse pour rattraper les grandes enjambées
de Mulder à l’approche de la fameuse
maison ! (Pour l’anecdote ce sont ici les
doublures des acteurs qui jouent.) On
note que Mulder continue sa période de
scepticisme envers les Aliens.
Duchovny
et Anderson n’hésitent pas à
prendre le ton de l’atmosphère
décalée de l'épisode en
surjouant leur personnage, mais toujours avec
un goût très sûr et une absolue
maîtrise. En trouvant toujours le ton
juste et en élargissant leur répertoire,
ils manifestent toute l’étendue
de leur immense talent, en même temps
que s’affiche leur parfaite complicité.
L’épisode a la finesse de ne pas
développer une caricature de ses héros
(même jouissive comme dans d’autres
épisodes décalés) mais
laisse leurs sentiments profonds s’exprimer
sans doute du fait que Chris Carter en est l’auteur.
Le
récital offert durant tout l’épisode
débouche ainsi sur une magnifique apothéose
lorsque Mulder convie Scully à danser
et que celle-ci, un instant interdite, finit
par le rejoindre, toute ravie. L’instant
paraît purement magique, chargé d’émotion
et non sans nous évoquer le grand souvenir
de Danse macabre ! Tout comme Mutato, nos héros
partagent un grand moment de félicité,
et telle reste finalement la conclusion de Prométhée
post-moderne : le bonheur reste possible,
envers et contre tout.
Exemple
stupéfiant d’audace de narration
et de mise en scène, menant à
la perfection le difficile exercice de mêler
poésie, fantastique et humour, et offrant
de superbes partitions à ses interprètes,
Prométhée post-moderne
demeure l’un des épisodes les plus
inoubliables des X-Files ! Il reçoit
justement l’Emmy Award de la direction
artistique en 1998. Il fut également
nommé pour six autres catégories…
6/7.
EMILY
(CHRISTMAS CAROL/EMILY)

 
Le
premier des deux doubles épisodes mythologiques
traditionnels de la saison 5 présente
l’originalité d’une particulièrement
nette différence d’intérêt
entre ses deux segments.
Le
premier, Christmas Carol, séduit
par bien des points. Il y bien sûr l’originalité
de retrouver Scully seule pour cette enquête
très particulière, et la qualité
même de cette histoire, mêlant
admirablement émotion et authentique
sens du mystère. Gillian Anderson habite
réellement cet épisode par l’intensité
qu’elle donne aux tourments d’une
Scully confrontée aux affres de la
stérilité et à la découverte
particulièrement déstabilisante
d’Emily. Cela nous vaut un très
beau portrait intimiste d’une femme
dont les doutes face à son travail
rejoignent ceux exprimés dans Never
again, mais refusant d’abdiquer
face au désespoir et découvrant
une raison d’espérer même
au risque de replonger dans l’enfer
d’une maladie qui serait cette fois
celle de sa fille adoptive.
Le
tableau s’enrichit encore de la description
de l’environnement familial. L’incommunicabilité
régnant au sein de la famille Scully
s’avère particulièrement
prégnante en cette période de
Noël : introversion de Scully, volontarisme
bien intentionné mais finalement intrusif
de Bill, incompréhension manifestée
par Linda, souffrance réprimée
de Margaret, fantômes des défunts…
Justement, Melissa opère un retour
très particulier dans cette histoire
mettant joliment en œuvre le thème
classique du coup de fil reçu d’outre-tombe,
un sujet traité à moult reprises,
tant dans la littérature qu’à
l’écran.
Cette
dimension familiale très forte constitue
un des atouts de l’épisode, particulièrement
mis en valeur par d’excellents comédiens
connaissant parfaitement leur personnage.
À cet égard les retrouvailles avec
l’aussi belle que talentueuse Melinda
McGraw, espérées durant tout
l’épisode, apportent un vrai couronnement
à celui-ci. Elle et Gillian fonctionnent
à la perfection, et cela restera un
des regrets suscités par la série
que de n’avoir pas développé
davantage la relation entre Melissa et Dana
tant on apprécie ici leurs rencontres
à l’occasion de Noëls successifs.
La série parvient ainsi à reconstituer
la magie de Noël (scène très
émouvante où les deux sœurs
reçoivent leurs croix), comme cela
sera plus tard le cas pour Les amants
maudits.
La
petite Emily, qui représente tant pour
Scully, comme le montre la déchirante
confrontation avec la conseillère sociale,
est elle aussi joliment interprétée
par la très jeune Lauren Diewold, vraiment
adorable.
Parallèlement
à cette intensité émotionnelle
le récit n’oublie pas de développer
un vrai mystère à résoudre,
dont Scully démêle l’écheveau
avec brio, mais aussi avec une approche très
"Mulderienne". La disciple a beaucoup appris
du maître en quelques années,
tant la jeune élève jadis fraîchement
émoulue de Quantico aurait été
bien en peine de réaliser pareil exploit
! Le policier local, joué avec un naturel
confondant par John Pyper-Ferguson (Jeremiah,
Night Stalker), d’abord volontiers condescendant
et passablement machiste va devoir vite changer
de ton… On apprécie également
la présence de l’habituelle autopsie
par Scully, cette fois d’autant plus
bizarre qu’elle résulte…
banale !
Cette
première partie aussi riche que captivante,
très littéraire (on ne dira
jamais à quel point Mulder et Scully
bénéficient d’une profondeur
sans commune mesure avec les autres personnages
de série télé), se conclut
par le traditionnel cliffhanger hallucinant
(quoique ici assez prévisible), qui
achève de faire basculer l’affaire
dans le non classé ! Dès lors
on jubile en se disant que Scully n’a
plus le choix et va devoir faire appel au
spécialiste, quitte à irriter
Bill, et que, de passionnant, l’épisode
va désormais devenir génial…
Patatras
! Après une magnifique introduction
onirique (Scully face à la solitude
de sa vie, avec la croix offerte à
Emily), faisant écho aux saisissantes
scènes de rêve de la première
partie, on déchante très vite.
Que Mulder en sache d’entrée
autant, grâce à un providentiel
piratage de Frohike, tient du procédé,
tandis que la référence à
Crichton ressort plus de la faute de goût
qu’autre chose... Surtout, après
le mystère et l’originalité
de Christmas Carol on ne peut ressentir
l’atterrissage sur les voies bien balisées
de la Mythologie que représente Emily
que comme une perte de dimension et d’intérêt,
tandis que la famille Scully est promptement
évacuée. Le fait que Mulder,
le grand héraut de la vérité,
ait caché autant de choses cruciales
à Scully a aussi du mal à passer.
Après la grande justesse de ton précédente,
la maîtrise narrative paraît ici bien
moins assurée. On commence à sentir comme
de l’artificialité…
Et
puis présenter comme une immense révélation
le fait qu'Emily soit une hybride s’avère
un tantinet dérisoire tellement c’était
évident (bon, techniquement c’est
un prototype de super soldat, comme précisé
dans une scène coupée d’Essence,
mais qui s’en soucie ?). Autant on appréciait
de voir une Scully autonome, autant elle apparaît
ici d’entrée à la remorque
de Mulder. Et puis cela part dans une histoire
de médecins à la Urgences
: code déontologique, protocole de
soins, effets larmoyants appuyés, dénonciation
lourdingue du mercantilisme, jargon inepte
(« J’espère que vous savez
ce que c’est ? » « Une formation
néoplasique !») enfin en un mot
tout le barnum et le pathos coutumiers du
genre. Donc, fatalement, cela ennuie très
vite (litote). À un moment on a envie de crier
: « Pouce, n’en jetez plus ! ».
Pendant
ce temps Mulder oublie toute finesse et cela
marche, puisque Calderon l’emmène
directement au repaire des méchants.
On se demande pourquoi il se montre si subtil
d’habitude, alors qu’il suffit
de secouer les suspects… Le tout sous
un soleil évoquant déjà
la Californie, et bien cela promet ! On ne
comprend pas vraiment pourquoi le membre de
la colonie, se sachant suivi par Mulder, l’emmène
directement chez les porteuses. Grâce
à Dieu, Frohike accomplit une brève
apparition et cette fois c’est : «
Non, ne pars pas, ne nous laisses pas seuls
! » que l’on a envie de s’écrier.
Ensuite Mulder, dont le scepticisme envers
les Aliens semble envolé, ouvre un
frigo et tombe pile sur un clone issu de
Scully. Il est stupéfait, mais moins
que nous devant tant « d’aisance
narrative ».
Si
Duchovny se montre au moins alerte et dynamique,
on ne peut que ressentir de la tristesse pour
une Gillian Anderson devant se cantonner à
une seule expression faciale de désespoir
durant toute l’histoire, et dont le
rôle se résume principalement
à du remplissage inutile, avec plusieurs
scènes totalement dénuées de la moindre
justification. La mort d’Emily s’avère
bien entendu un moment très touchant,
conjointement à la naissance de Matthew.
La conclusion de cette production hospitalière
que reste avant tout Emily demeure
cependant singulièrement démonstrative
et pesante, bien dans la tradition du genre.
Rarement on aura accueilli l'achèvement d’un
épisode avec autant de soulagement
!
Malgré
le naufrage de sa seconde partie, Emily
brille cependant par l’étonnante
qualité de Christmas Carol,
qui reste l’épisode centré
sur la famille Scully que l’on espérait
depuis longtemps. Pour la suite, la séquence
d’intro suffit à résumer
l’épisode, dont on fera l’économie
de la vision avec profit (c’est l’unique
épisode mythologique où Carter
n’a pas mis la main, on comprend mieux).
Le seul intérêt reste de nous
faire mieux comprendre la volonté inexorable
de Scully à vouloir sauver l’enfant
dans I Want To Believe. Pas cette
fois !
Pour
l’anecdote, Scully adolescente est interprétée
par Zoé Anderson, sœur cadette
de Gillian !
8.
KITSUNEGARI
(KITSUNEGARI)

  
Un
des rares regrets véritables que laisse
la série demeure de n’avoir jamais
revu l’Incendiaire, mais elle ne rate
pas un autre rendez-vous longuement espéré
: les retrouvailles avec Robert Patrick Modell,
alias le Pusher, l’un des plus formidables
Monster of the week, toutes saisons
confondues. La question ne consiste pas à
savoir s’il s’agit d’un
retour vraisemblable compte tenu de l’état
où nous l’avions laissé
(après tout nous sommes dans les
X-Files !), mais si cette deuxième
se révèle à la hauteur
des sommets atteints par la première.
On
retrouve certes tout l’humour si particulier,
la brillante intelligence et le fascinant
pouvoir, si propice aux scènes chocs,
d’un Modell toujours aussi magistralement
interprété par Robert Wisden.
De plus, l’épisode est parsemé
de clins d’œil amusants au précédent,
comme ce bleu céruléen devenu
indissociable du personnage. Malheureusement,
tout en demeurant d’une qualité
très appréciable (le suspense
demeure continu jusqu’à la conclusion)
l’épisode prend le risque de
s’embarquer sur d’autres voies.
Certes,
il reste louable d’avoir voulu éviter
le « retour de la vengeance »
de Modell mais c’est tout de même
bien la poursuite de l’étincelant
duel avec Mulder que l’on attendait
avant tout. Se priver de ce fort concept impose
que la solution de remplacement soit à
la hauteur, et force est de constater que
cela n’est pas tout à fait le
cas. Voir le Pusher devenu « gentil
» décontenance quelque peu, même
s’il conserve sa malice. La raison de
ce revirement n’apparaît pas non
plus très claire !
Linda
Bowman s’avère un intéressant
personnage, parfaitement glaçant, mais
moins pétillant et original que son
frère. On en revient à une figure
classique de serial killer, certes bien campée
par une Diana Scarwid (Wonderfalls, Lost,
Prison break, Pushing Daisies etc.) lui
donnant une vraie présence mais sans
les spécificités si stimulantes
du Pusher. On s’amuse moins, mais les
assassinats paraissent toujours bien amenés.
Le récit tente de créer une
ambiguïté intéressante
(Mulder est-il ou non sous l’emprise
de Modell) mais ne développe pas assez
cette idée, et puis notre héros
a si souvent raison… Cette moindre dimension
et qualité de l’histoire devient
particulièrement évidente lors
du duel final, considérablement plus
faible que la fameuse partie de roulette russe
qui demeure un des moments marquants de la
série.
Le
pseudo suicide de Scully se ressentant de
manière aussi peu crédible que
celui de Mulder lors de la saison précédente,
le suspense et l’énigme de la
situation s’en voient clairement désamorcés.
On s’étonne aussi que Linda n’exerce
son emprise que sur Mulder, négligeant
tout à fait que Scully soit armée.
La mise en scène paraît également
moins dense que précédemment
alors que cette histoire de faux jumeaux séparés
et de vengeance ressemble parfois à
du mélodrame. La scène finale
entre Skinner et Mulder paraît inutilement
appuyée.
Ces
défauts empêchent certes l’épisode
de dégager un plaisir aussi intense
que précédemment mais Modell
reste un joueur extraordinaire (et Mulder
un sacré renard !). Le suspense se
maintient à un niveau suffisamment
élevé pour que Kitsunegari,
qui avait un sacré défi à
relever, demeure un fort agréable moment.
Étrangement Scully confond Budo et Bushido
!
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Cette
particulièrement sombre variation sur
le thème de l’enfance maltraitée,
une malédiction s’étendant
aux victimes devenant bourreaux, compte de
nombreuses réussites à son actif.
L’aussi esthétique qu’imaginative
mise en scène multiplie les perspectives
audacieuses et les amples mouvements de caméra,
assurant un vrai cachet à l’épisode.
Surtout, Hemecker sait tirer idéalement
partie de cet étrange paysage de vergers
et noisetiers, composant un étonnant
mélange de bosquets et de plaines,
comme on l’a rarement vu ailleurs. Magnifié
par la belle luminosité des scènes
diurnes (sublime photographie), le panorama
paraît alors vraiment superbe mais ces fuseaux
de bois jaillissant comme des griffes deviennent
la nuit venue un vrai décor de cauchemar.
Le résultat obtenu se révèle
aussi effrayant que la forêt profonde
déjà admirée dans la
série. On n’est guère
surpris par la décapitation de Karin,
tant ces courses hallucinées dans les
ténèbres évoquent la
légende du Cavalier sans tête
!
Les
recours au patrimoine culturel nord-américain,
à une ruralité revendiquée
comme à un authentique sens de l’épouvante
préfigurent ici de manière frappante
le succès de Supernatural dont
les X-Files constituent bien une
des principales sources d’inspiration.
On y retrouve d’ailleurs Chad Lindberg
dans le rôle du très particulier
Ash, l’un des alliés récurrents
des frères Winchester !
L’intrigue
se suit également avec plaisir, avec
quelques coups de théâtre bienvenus.
Seul bémol, Sarah-Jane Redmond ne donne
pas beaucoup de dimension à son personnage,
Karin Matthews apparaissant bien moins effrayante
et troublante qu’à pu l’être
B.J. (Aubrey), autre femme possédée
par un sombre passé. Elle fera beaucoup
mieux en interprétant la terrible Lucy
Butler de MillenniuM ! Les jeunes
comédiens ont eux certes un jeu légèrement
démonstratif, mais demeurant convaincant.
Mulder
et Scully se lancent dans un duel assez pimenté,
débuté lors d’une de ces
autopsies dont Scully a décidemment
le secret. Leur combat amical s’accompagne
d’un humour bienvenu, d’autant
que Mulder n’est pas en mal de calembours
! À noter de sa part un réflexe très
Sherlock Holmes puisque c’est la boue
présente sur les chaussures de Karin
qui lui met la puce à l’oreille
! On regrettera qu’une fois sa défaite
avérée, Scully reste à
la remorque de Mulder et n’apporte pas
grand-chose à cet épisode où
le duo ressort franchement déséquilibré.
On la voit même paniquée et appelant
Mulder au secours devant le vieux forestier…
Sans atteindre tout à fait les sommets
de la série, Schizogénie
reste un spectacle de haute qualité,
où la noirceur de l’âme
humaine va jusqu’à corrompre
la nature elle-même, avec une tonalité
cauchemardesque très psychanalytique.
Bienvenue dans l’univers chatoyant des
X-Files!
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Annoncée de longue date, la survenue
dans l’univers des X-Files
du « Roi de l’Épouvante »,
Sa Majesté Stephen King en personne,
avait, comme il se doit, suscité
les plus grandes espérances. Autant
dire que l’on attendait immensément
de cet épisode, et sans doute trop.
En effet, la réception en fut globalement
négative, de nombreux admirateurs
de King comme des X-Files (ce sont souvent
les mêmes !) trouvant le résultat
et l’effroi suscité relativement
décevants.
En
fait, on avait oublié que l’épouvante
selon Stephen King (auteur bien plus littéraire
qu'on ne l’imagine habituellement)
naît autant de la dimension surnaturelle
que de la nature profonde des personnages.
Leurs névroses ou leur violence (King
trace un portrait sans concessions d’une
certaine brutalité de la société
américaine) et, davantage encore,
la propension qu’a l’esprit
humain à se réfugier dans
la folie face à l’horreur,
participent aux passages les plus authentiquement
effrayants de l’œuvre, au moins
autant que les abominations perpétrées
par Winnigos et autres Régulateurs.
Or,
cet aspect psychologique passe très
malaisément à l’écran,
un format plus propice et enclin à
une horreur généralement visuelle
et spectaculaire. Ceci explique en grande
partie, outre un mercantilisme certain,
pourquoi tant d’adaptations de King
se sont révélées des
échecs cuisants, le succès
n’apparaissant que quand cette double
dimension se voyait correctement prise en
considération (Shining, Carrie
au bal du Diable). Cette difficulté
devient plus aigüe encore lors d’un épisode
de série télé, fut-elle
les X-Files, où l’on
a moins le temps et les moyens nécessaires
que dans un film pour se lancer dans des
compositions aussi subtiles. C’est
pourquoi, à bien y réfléchir,
froidement, en laissant de côté un
enthousiasme bien naturel, l’épisode
paraissait bien plus périlleux que
prometteur !
Et
ce qui devait arriver arriva.
En
fait, l’épisode réalise
très bien le plus facile, soit le
travail de production reconstituant le décorum
des récits de King. Comme tous les
autres fans du grand Steve j’ai poussé
un super cri de joie en voyant pour la première
fois la plaque minéralogique du Maine,
tant ce sauvage État est indissociable de
son univers. Aidée par la topographie
et la météo de la région
de Vancouver (il était grand temps
de tourner cet épisode) la mise en
scène peint d’ailleurs avec
justesse cette contrée du nord de
la Nouvelle-Angleterre, aux confins du Canada.
Elle s’offre même le luxe d’y
rajouter un lac, qui, pour les amateurs,
situe l’action non loin de la ville
mythique de Castle Rock.
Le
récit se ponctue ainsi de nombreux
clins d’œil, comme le supermarché,
cœur du rêve américain
transformé en cauchemar, la persistance
du puritanisme (à peine esquissé,
malheureusement), l’artefact maléfique
doté de conscience, le Shining dont
bénéficie Melissa (on lui
doit les seules images réellement
effrayantes de l’épisode),
le souvenir de Salem, un shérif sympathique
et solide (Larry Musser, l’impayable
Detective Manners du Seigneur du magma
!)… On a bien un épisode «
à la Stephen King » mais pas
un véritable car il
échoue à en reconstituer l’essence.
Malgré
la très belle composition de Susannah
Hoffman on ne perçoit que très
partiellement ses affres intérieures,
qui constitueraient le cœur de l’ouvrage
de l’auteur. Privé de ce ressort
essentiel, la poupée et ses effets
ridicules paraissent beaucoup plus grotesques
qu’autre chose, tout simplement parce
que nous les considérons de l’extérieur,
au lieu de les voir à travers les
yeux exorbités d’horreur de
la mère ou des autres victimes. C’est
bien là que réside la faute
originelle de l’épisode. À ce
moment-là, il aurait mieux valut
jouer la carte du gore rigolard et jouissif
d’un Chucky (la référence
est citée, tout comme Elm Street),
ce qui aurait été mieux que ce néant.
C’est
d’autant plus frustrant que les praticiens
chevronnés de l’œuvre du Maître
de Bangor voient littéralement se
dérouler le récit écrit
en même temps que se déroule
l’épisode, qu’ils en
apprécient toute la richesse, toutes
les potentialités en contraste avec
le bien faible spectacle offert. On enrage
! Bien que rejoignant la tradition très
X-Files des enfants inquiétants,
la petite fille se voit plombée par
le jeu crispant au possible de la jeune
Jenny-Lynn Hutcheson. Si on ajoute à
cela une mise en scène souvent figée
et un final aux confins de la caricature
la plus épaisse, le rendez-vous est
bien manqué. Reste une fierté
certaine pour notre série bien aimée,
comme consacrée par l’onction
du grand auteur, fan lui-même depuis
bien longtemps (d’autant plus que
le prochain épisode sera lui cosigné
par William Gibson).
Mais
La poupée fut également
coécrit par Chris Carter en personne,
je pense que les autres auteurs de la série
auraient volontiers tué pour pouvoir
travailler avec King et qu’il était
assez inévitable que le Boss ne délègue
à personne d’autre un tel honneur
! On doit sans doute à Carter ce
qui finalement demeurera le plus mémorable
de l’épisode : les hilarantes
conversations téléphoniques
entre Scully et Mulder, style Guerre
des coprophages. Là où
le départ en vacances de l’autre
renforçait le désarroi et
le spleen de Scully dans Never again,
Mulder se retrouve lui à mater du
porno (enfin un reportage sur les abeilles
tueuses) en dévorant ses graines,
joue à la baballe en caleçon,
connaît les affres du frigo de célibataire
et bien évidemment, s’amuse
avec les légendaires crayons de bois,
tout en s’entêtant à
rechercher des solutions rationnelles grotesques
à l’affaire (Scully le prend
avec sa coutumière susceptibilité…).
C’est
finement observé, et très
amusant d’autant que Duchovny nous
régale d’un de ses numéros
de comique dont il a le secret. Cependant,
au-delà de la plaisanterie, on voit
bien que notre héros est lui aussi
totalement déboussolé sans
sa Scully, même si cela s’exprime
d’une manière plus masculine…
Au
fil des saisons, Scully a gagné toute
sa place dans les Affaires non classées
et Mulder a désormais le plus grand
mal à travailler sans elle ! Un seul
être vous manque… Allons, ces
deux-là sont décidemment faits
pour être ensemble ! (Évidemment
une vision cynique de l’épisode
serait que, sans Scully, Mulder soit lui
aussi en vacances…). Le retour de
Scully nous vaut une scène particulièrement
réjouissante !
Gillian
réalise de nouveau une superbe prestation
en composant une Scully sur laquelle le
Maine (dont elle porte le nom sur son appréciable
tee shirt) déteint visiblement, car
elle n’a jamais paru aussi ouverte
au surnaturel ! Scully aura tendance à
éviter les supermarchés en
pénétrant dans une ville car
elle avait déjà connu une
belle émotion dans La guerre
des coprophages ! Alors que ses tailleurs
demeurent, au mieux, tristement impersonnels,
Scully sait visiblement s’habiller
en dehors du bureau… On avait déjà
remarqué un suggestif décolleté
dans Small Potatoes et elle nous
régale ici en début d’épisode
d’un tee shirt assez saisissant…
Militons pour le Friday Wear au
FBI ! On note également que bien
avant Hollywood elle s’offre
un bain capiteux interrompu par un grossier
téléphone ! Décidemment,
le grand vent californien commence à
souffler sur la série, il atteint
les lacs du Maine pour bientôt toucher
l’impénétrable forêt
de Vancouver…
Enfin,
on se permettra un ultime regret, même
avec ces réjouissantes discussions.
N’en déplaise aux admirateurs
(admiratrices !) de Scully, on aurait préféré
que ce soit Mulder qui s’aventure
quelque part entre Bangor et Derry. C’est
tout de même lui qui présente
la plus grande affinité avec le surnaturel
et dont on espérait la rencontre
avec les sympathiques inventions de King,
dont on ne dira jamais assez qu’il
a fait immensément mieux que ce que
pourrait suggérer cet épisode.
Personnellement
j’aurais rêvé d’une
rencontre et d’une aventure vécue
en commun avec Roland Deschain de Gilead,
celui-ci partageant finalement bien des points
communs avec Mulder, y compris sa quête
inexorable vers la Tour Sombre et sa Vérité
secrète. Après tout Roland
a bien foulé notre Terre… Les
discussions entre les deux personnages auraient
vraiment valu leur pesant d’or. Enfin
chaque amoureux de cet immense écrivain
américain qu’est Stephen King
aura eu sa propre idée de la rencontre
de celui-ci avec les X-Files, et
c’est tant mieux ainsi !
11.
CLIC MORTEL
(KILL SWITCH)

  
Mulder
dans la Matrice ! Les X-Files traversent
une période très littéraire
: après le grand Stephen King, c’est
au tour de William Gibson et Tom Maddox d’écrire
un épisode. On assiste ici comme à
une consécration de la série,
car si ces deux auteurs (dont se détache
Gibson) apparaissent moins connus du grand public
que King, il n’en demeurent pas moins
de considérables plumes de la SF. Gibson,
accompagné de quelques autres, dont Maddox,
est le père d’une des chapelles
majeures de la SF des années 80 et 90
: le Cyberpunk.
Clic
Mortel, épisode particulièrement
calibré, s’articule autour de quelques-uns des thèmes majeurs de ce mouvement
(la Toile, les IA, les univers virtuels), ce
qui constitue à la fois son intérêt
et sa limite. En effet, le Cyberpunk, novateur
en son temps (et non exempt de tics irritants
et globalement surcoté) s’est vu
rattrapé par l’évolution
de la société. Victime de son
succès, ce qui fascinait jadis est devenu
soit commun (le Net) soit s’est révélé
chimère (la réalité virtuelle).
L’attrait de cette prose diminue par conséquent,
d’autant que transparaît avec davantage
de vivacité sa faiblesse littéraire.
Au total, la dimension archétypale de
l’épisode fera qu’il sera
considéré différemment
que l’on apprécie ou non le Cyberpunk,
ou qu’on ne connaisse tout simplement
pas, ce qui reste toujours une option possible
! Choisis ton camp, camarade, le Cyber ne m’a
personnellement jamais fait vibrer…
Plusieurs
aspects irritants du Cyber grèvent l’épisode,
ce sont d’ailleurs les mêmes qui
avaient coulé à pic Un fantôme
dans l’ordinateur (saison 1). On
assiste ainsi à une fascination un peu
naïve devant le Réseau et la figure
du Hacker. L’aventure de la Silicon Valley
nous est racontée comme un conte pour
enfants, avec une évocation gourmée
des grands gourous. L’ensemble paraît
franchement dépassé. Encore une
fois, on se situe ici dans le subjectif, un
amateur du genre sera aux anges ! Comme toujours,
on ressent comme un certain mépris (plus
diffus ici qu’ailleurs) pour tout ce qui
n’est pas Cyber. Tous ces défauts
se voient concentrés dans la figure majeure
de l’épisode, l’incarnation
jusqu’au-boutiste de la Cyberpunkette,
comme jaillie de Shadowrun, qu’est
Invisigoth (sic), soit l’un des personnages
les plus datés et référencés
(caricaturaux) de la série. Et pourtant,
là où Ghost in the machine
était tombé au champ d’honneur
des épisodes ratés, Clic mortel
parvient à rebondir et à représenter
un épisode très plaisant à
regarder. Mais quel est donc son secret, s’interroge
(ou pas) mon public virtuel à l’autre
bout de la toile ?
Tout
d’abord, quoique l’on pense du personnage,
Gibson a un vrai talent de conteur et connaît
son métier. Il développe une intrigue
fort efficace, alternant scènes marquantes
(l’introduction est un joyau), coups de
théâtre et vrai suspense. On ne
s’ennuie pas un seul instant tout au long
de cette balade de Mulder et Scully au pays
merveilleux des machines qui font bip-bip, d’autant
que la mise en scène de Rob Bowman se
montre explosive à souhait (plus gros
budget de la saison) et que les spécialistes
des effets spéciaux de la série
accomplissent encore des prouesses.
Gibson
et son acolyte résistent à la
tentation du manifeste nous délivrant
un panorama général de la thématique
Cyberpunk. Ce choix judicieux conserve de précieuses
marges de souplesse à l’histoire.
On se rend également très vite
compte qu’une des graves faiblesses des
romans Cyber, la faible épaisseur psychologique
des personnages, se révèle ici
une force. On saisit bien toutes les dimensions
de la personnalité d’Invisigoth
(très tonique Kristin Lehman, une habituée
du genre), à l’inverse des plongées
en eau profonde de King, très difficilement
adaptables à l’écran, comme
l’avait démontré La
poupée.
Surtout,
Clic mortel introduit ce qui manquait
dramatiquement à Un fantôme
dans l'ordinateur : l’humour. La
confrontation Invisigoth-Scully, que tout oppose,
nous vaut ainsi plusieurs scènes divertissantes.
Tout comme Mulder, qui visiblement s’amuse
beaucoup, on suit le match avec intérêt,
d’autant que Scully nous rappelle qu’elle
est capable de sortir les griffes à l’occasion
! Comme avec Phoebe et Bambi, mais pour des
motifs différents, quoique… L’épisode
a l’habilité de ne pas trop tirer
sur la corde et fait suffisamment vite évoluer
cette relation vers une certaine solidarité,
avant que la lassitude ne s’installe.
La fameuse scène de la Matrice joue également
brillamment la carte de l’humour, entre
médecins et infirmières bimbos
en folie (la meilleure scène hospitalière
de la série !), tandis que Gillian nous
régale d’une scène de kung-fu
proprement hallucinante. Dans la suite de cette
chronique des X-Files ce sera désormais
« Mme Anderson », on ne sait jamais
! Au-delà du gag, Gibson se situe ici
à son meilleur en évoquant avec
brio l’aberration et l’inhumanité
de cette IA tentant de nous singer avec une
folie manifeste. C’est plus habile que
Néo ou Johnny Mnemonic !
Mais
la partie la plus pétillante de ce très
réussi détour par l’humour
demeure bien entendu la survenue des Bandits
Solitaires. Langly et ses deux compères
bidouillent suffisamment sur le Net pour que
leur intervention paraisse toute naturelle,
comme une heureuse évidence annonçant
Maitreya (avec les mêmes auteurs).
Les voir se décomposer d’admiration
devant leur cyber-idole reste hilarant, d’autant
que la belle leur manifeste comme il se doit
un mépris des plus cinglants. La suite
montrera cependant tout le contraire, nul ne
résiste bien longtemps au Trio ! L’épisode
bascule ici totalement dans la comédie,
avec d’excellents à-côtés,
comme une Scully ayant visiblement la plus haute
opinion des parutions de nos amis ! On ne peut
que regretter que l’IA Invisigoth ne se
soit pas manifestée dans Au cœur
du complot, tant sa relation avec les Bandits
Solitaires aurait été pétillante.
Ainsi
se déroule fort agréablement cet
épisode, entre action spectaculaire,
humour débridé et Cyberpunk intelligemment
épuré. Malheureusement, Clic
Mortel, au lieu de se conclure sur la surprenante
naissance de la nouvelle IA, débouche
sur une énième réapparition
du Monster of the week. C’était
déjà le cas dans La poupée
mais au moins on s’insère ici davantage
dans la parano inhérente à la
série. Cette faute de goût n’entache
pas profondément la réussite de
l’épisode, une des bonnes surprises
de cette saison 5 parfois sous-estimée.
Et on n’a pas fini de rigoler !
Les
amateurs de Stargate reconnaîtront
avec plaisir dans la scène d’introduction
Peter Williams, le terrible Apophis !
Mulder,
the Vampire Slayer ! Gillian Anderson
rappelle souvent au fil des interviews que
Bad Blood constitue son épisode
préféré. On comprend
aisément pourquoi, tant cette histoire
particulièrement décalée
se révèle hilarante et autorise
d’étonnants numéros d’acteurs.
L’idée
de base reprend peu ou prou celle du Seigneur
du magma, mais cette fois Scully n’est
pas la seule a faire le pitch et sa version
s’oppose frontalement à celle
de Mulder ! Ce duel ajoute du piquant, d’autant,
qu’en filigrane il permet de vaguement
deviner à quoi ressemblent les scènes
de ménages chez le futur couple…
Outre les variations particulièrement
amusantes sur tel ou tel point du récit
(le shérif a-t-il effectivement les
dents longues, la gestion du lit mécanique…),
cette très habile structure narrative
nous vaut un double portrait inversé
particulièrement acide et détonnant,
chaque partenaire démolissant l’autre
avec une jouissance narquoise particulièrement
communicative ! Cela change très agréablement
de la relation habituelle, tout en demeurant
à l’évidence si énorme
dans le traitement qu’il ne faut pas
le prendre au sérieux.
C’est
ainsi que Scully peint Mulder comme un agité
en surchauffe permanente, incapable de raisonner
et dont le penchant pour le fantastique confine
au pathétique. Il se révèle
de plus un redoutable cuistre et un rude macho
envers sa partenaire ! (On pense furieusement
à sa description par Jose Chung !).
On se régale tant l’ironie se
révèle cinglante et fait mouche.
Utilisant un langage à l’occasion
obscène, en roue libre et cumulant
plusieurs traits du looser absolu, ce Mulder
permet également d’entr’apercevoir
Hank Moody… La riposte de Mulder voit
apparaître une Scully ayant tout d’un
terrible dragon femelle, dont la froideur
narquoise puis la fureur déchaînée
terrorisent littéralement son malheureux
partenaire ! Avec de plus un cœur d’artichaut
et une attirance idiote pour le bellâtre
local (tiens, tiens, Mulder serait-il jaloux
?). Le seul regret devant ce brillant exercice
de style demeure la faible durée de
la version « Scullysienne » par
rapport à la « Mulderienne ».
Cet écart se justifie par le fait que
Mulder est plus dans l’action, mais
on avoue une préférence pour
le style Scully, dont on aurait bien repris
encore un peu… Cette double caricature
est bien sûr exagérée,
mais est-elle totalement fausse ?
Comme
si ce n’était pas encore suffisant
pour composer un épisode extraordinaire,
viennent s’ajouter plusieurs gags absolument
irrésistibles, comme le pastiche des
croquignolettes autopsies de Scully (gore
un jour, gore toujours), le mobile home en
folie, Mulder chevauchant le cercueil ou cette
idée géniale de vampires devenus
de bons et inoffensifs citoyens, payant leurs
impôts. Cela contraste délicieusement
avec les poncifs sur les Fils de la Nuit habilement
disséminés au cours de l’histoire
(qui n’oublie pas de faire peur de temps
à autres), on se croirait parfois vraiment
à Sunnydale !
Gilligan
est vraiment un fan authentique d’une
série qu’il connaît sur
le bout des doigts et dont il parsème
de références l’épisode
(El Chupacabra, les vaches déjà
vues dans Ève, les graines de tournesol).
Gillian
Anderson et David Duchovny, tout à
fait exceptionnels, s’amusent visiblement
beaucoup à donner des versions aussi
comiques de leurs personnages et nous communiquent
pleinement leur bonne humeur. On se régale
devant leur originale prestation, exactement
comme on se réjouit de voir s’encanailler
Patrick Macnee et Diana Rigg dans Who’s
who ???. Luke Wilson (Scream)
accomplit lui aussi un brillant triple numéro
(shérif si délicieusement viril,
bouseux à moitié débile
et Prince des Ténèbres), l’étincelante
réussite de Bad Blood lui
doit beaucoup !
Au
total, même après l’avoir
vu et revu, c’est en riant ou en souriant
à chaque instant que l’on visionne
de nouveau cet épisode dont l’énergie
ne faiblit jamais. Ce n’est pas selon
moi l’épisode le plus drôle
de la série du fait de la pure démence
du Seigneur du magma (et puis la
Morgan’s touch reste tout de même
unique, même si on sait depuis Small
Potatoes que Vince Gilligan est un disciple
particulièrement éclairé,
non un vulgaire copiste) mais Bad Blood
arrive vraiment à une petite encablure
derrière ! Vive les épisodes
décalés !
La
secrétaire de Skinner (le seul à
garder la tête froide dans cette affaire,
la fréquentation du duo l’a blindé)
est interprétée comme souvent
par la propre épouse de Mitch Pileggi,
Arlene Warren Pileggi, qui servit aussi de
doublure à Gillian Anderson.
13/14.
PATIENT X
(PATIENT X / THE RED AND THE
BLACK)

  
One
more anal-probing gyro-pyro levitating ectoplasm
alien anti-matter story and I'm going to take
out my gun and shoot somebody.
Épisode
particulièrement dense et crucial pour
la Mythologie, Patient X voit cependant
son succès être entaché
d’irritantes faiblesses.
En
particulier, c’est ici que se manifeste
avec le plus d’éclat une des
pires idées de la série : l’incompréhensible
crise de scepticisme de Mulder (He doesn't
want to believe anymore). On reste stupéfait
de le voir bouleverser toutes ses convictions
à partir des simples déclarations
de Kristschgau. Cela ne fonctionne pas du
tout et entrave le développement de
l’histoire plus qu’autre chose,
sans rien apporter. D’ailleurs les auteurs
de la très décevante seconde
partie d’Emily ont tout simplement
tiré un trait dessus, ce qui constitue
une belle facilité mais demeure compréhensible
! Cela devient d’autant plus ridicule
qu’au fil de l’épisode
tout le monde, de Cassandra à Skinner,
l’exhorte avec
des arguments convaincants et que, lui, raide
comme l’as de pique, demeure totalement
hermétique. Mulder autiste, vous n’en
aviez pas rêvé, Patient X
l’a fait.
Le
summum est atteint quand Scully devient une
croyante à tout crin : on voit bien
que les auteurs se sont grisés avec
cette double inversion (la virtuosité
c’est parfois périlleux), mais
leur idée ne fonctionne pas et nous
vaut essentiellement des scènes verbeuses,
péremptoires et frustrantes. De surcroît
la fin de l’épisode amorce un
laborieux rétropédalage qui
en dit long sur la validité de cette
situation.
Le
corollaire de tout ce gâchis demeure
une inertie assez inouïe de Mulder et
Scully, qui passent la majeure partie du double
épisode à s’introspecter
et à bavarder de la réalité
de la nature de la Conspiration. Au niveau
de l’action Scully, à part une
énième séance d’hypnose
-ils y passeront tous- se contente de se rendre
au rendez-vous mortel et d'y échapper
miraculeusement (bon, ça c’était
inévitable !). Ajoutons tout de même
que les scènes avec Cassandra sonnent
très justes, Gillian Anderson trouvant
une remarquable partenaire avec Véronica
Cartwright (Alien, Les Oiseaux, Body Snatchers…),
une recrue de choix qui montre le renom désormais
atteint par la série. Mulder, confiné
dans son sublime isolement, n’entreprend
rien de bien concret et il faut vraiment que
Krycek vienne lui livrer l’affaire en
main pour qu’il se décide à
bouger. On s’étonne de le pas
le voir verser un pourboire à Alex
! La scène en résultant, assez
faible, est d‘ailleurs expédiée
dans les dernières minutes de l’épisode
et vaut essentiellement par l’apparition,
toujours spectaculaire du Bounty Hunter. On
se situe vraiment loin de la frénésie
d’Anasazi !
Et
puis on subit une inflation de la dimension
familiale de la Mythologie, alors qu’il
ne s’agit pas, selon moi, de la plus
intéressante. C’est ainsi que
l’on assiste à l’apparition
fugitive du certes lumineux
personnage de Cassandra et surtout à
l’entrée en scène de Jeffrey
Spender. Interprété avec subtilité
par Chris Owens, qui interprète également
l'Homme à la Cigarette jeune, Spender
s’affiche déjà tel que
nous le découvrirons davantage par
la suite : torturé par son passé
familial mais aussi très préoccupé
par sa carrière et sa réputation.
Très ambivalent ce personnage falot
au tragique destin n’aura guère eu
de chance dans son parcours et ses rencontres
(notamment avec Diana Fowley). Il demeure
encore ici en devenir et Patient X s’achève
sur la révélation foudroyante
(passablement éventée par la
citation de Don S. Davis au générique)
que l'Homme à la Cigarette est bien
vivant, et qu’il est son père.
Il serait donc le demi-frère de Mulder.
Toute une tragédie grecque… Rappelons
que Jeffrey était alors là pour
servir de remplaçant éventuel
à Mulder en cas de départ de
Duchovny (nous sommes en pleine crise «
Los Angeles »).
Et
pourtant, malgré les prestations décevantes
de Mulder et Scully, Patient X ne
manque certes pas d’attraits. En effet,
cette fois c’est l’intérêt
qui est ailleurs, dans les méandres
méphitiques de la Conspiration et le
bouleversement qu’elle affronte. L’inflexion
majeure que représente l’entrée
en lice d’une nouvelle puissance extraterrestre
s’avère passionnante et apporte
un renouvellement tombant à point nommé
(on n’avait rien vu de neuf depuis quelques
temps). Le seul bémol reste d’assister
à quel point Mulder prend fait et cause
pour la « Résistance »alors
même que celle-ci brûle vif les
gens comme d’autres cueillent des marguerites.
Une mise en perspective (résistance
et terrorisme) aurait été la
bienvenue, mais qu’importe, ces nouveaux
venus apportent une dimension supplémentaire
et complexifient la donne au bon sens du terme.
Plus
captivant encore demeure le déroulement
de la crise au sein de la Conspiration, avec
une éloquente évocation de la
perte que représente l’absence
du Fumeur. En effet, si les capacités
d’analyse et de réflexion paraissent
encore vivaces, c’est la panique au
niveau du passage à l’acte. Voir
les dirigeants ainsi décontenancés
représente une originalité de
plus. Les membres lambda ont des vapeurs,
tandis que le Elder sort du lot mais demeure
incapable d’une réaction dépassant
les jeux de pouvoir où il excelle.
Seul le vieil Anglais (génialissime
John Neville, grande figure du théâtre
canadien, OBE), avec une ténacité
très insulaire, relève réellement
le gant, notamment par son « alliance
» avec Krycek, scellée après
une scène mémorable. Un schisme
s’ouvre quand ils saisit la possibilité
d’une possible résistasse alors
que le reste du groupe demeure collaborationniste,
sous l’égide du Elder. Le conflit
débouchera sur la résolution
brutale de Fight The Future, qui
verra disparaître un adversaire de grande
classe, comme on en aura rarement vu dans
une sérié télé.
Toutes ces scènes de confrontations
se révèlent électriques
à souhait et constituent le meilleur
de l’épisode. On ne s’en
lasse pas !
L’ultime
attrait de l’épisode réside
dans le couple maudit de la série.
La relation Marita-Krycek, subodorée
lors de la dernière image de Zero
sum, apparaît ici au grand jour.
Le moins que l’on puisse dire est que
ces deux-là ne lambinent pas, comme
certains (suivez mon regard). Le grand humaniste
que restera continuellement Alex continue son flamboyant
parcours, constamment victime de son destin si
particulier le mettant toujours dans la pire
situation possible ! Même après
la trahison sa sombre association avec Marita
se poursuivra jusqu’à tard dans
la série. Marita résulte ici
plus énigmatique que jamais, entre
inféodation à la Conspiration
(elle y apparaît comme un biche cernée
par les loups) et sincère élan
humanitaire, qu’elle paiera d’ailleurs
très cher. Quoi qu’elle ait commis
par ailleurs la terrible expérience
subie le lui fera pardonner, comme le fera
Mulder lui-même ultérieurement.
Suivre la trajectoire et l’étonnante
association entre ces deux grands solitaires
apporte un vrai plus à l’épisode,
d’autant qu’ils sont interprétés
par les très inspirés Laurie
Holden et Nicholas Lea, que l’on adore
et qui apparaissent trop rarement dans la
série.
C’est
bien pour cette fascinante galerie de portraits
des adversaires d’un Mulder restant,
lui, aux abonnés absents, que Patient
X se regarde toujours avec le même
plaisir. On ne dira jamais assez à
quel point les méchants sont primordiaux
dans une série !
Les X-Files continuent d’approfondir
et d’enrichir leurs univers en plongeant
cette fois dans le passé du Services
des Affaires non classées. On apprend
ainsi d’où vient le fameux X (à
la différence du U de Unsolved, il y
a toujours de la place dans ce tiroir estime
la secrétaire !) mais, au-delà
du clin d’œil, cette balade dans
de très sombres années 50 permet
surtout une transposition très fine des
thèmes majeurs de la série.
C’est
ainsi que l’on retrouve la paranoïa
ambiante (autour du péril communiste
et du spectre nucléaire), une Source
assez trouble (le propre père de Mulder
!), la Conspiration (une monstrueuse expérimentation
mettant, déjà, en œuvre les
pratiques nazies), l’atmosphère
si particulière du FBI (il est très
amusant de découvrir l’immeuble
d’alors et Hoover compose un Skinner vraiment
particulier !) et bien entendu l’agent
en quête de vérité, avec
ce personnage très prometteur que constitue
Arthur Dales.
L’épisode
ne se contente pas de constituer un exercice
de style parfaitement abouti, mais nous conte
une histoire parfaitement terrifiante. Elle
se voit renforcée par l’habile
mise en scène de William Graham, mêlant
avec réussite une évocatrice reconstitution
d’époque et un sens consommé
de l’épouvante. On apprécie
de voir les Fifties décrites sans nostalgie,
entre Maccarthysme et FBI tout puissant. On
retrouve l’ambiance si fascinante du fabuleux
Quatuor de Los Angeles de James Ellroy ou de
l’excellent film Mulholland Falls,
un authentique plaisir ! L’intrigue mêle
astucieusement présent (enfin, 1990,
soit un léger flash-back) et passé
via le personnage de Bill Mulder, dont l’ambivalence
connue se montre ici particulièrement
évidente.
L’interprétation,
particulièrement brillante, ajoute un
attrait supplémentaire à l’épisode
puisque celui-ci nous permet d’apercevoir
Garret Dillahunt (le sombre Ross des 4400)
et surtout Fredric Lehne (le méchant
récurrent de Supernatural mais
aussi le Marshal de Lost !) qui nous
régale ici d’une composition enthousiasmante
de conviction. Mais, la grandiose surprise de
Travelers demeure l’apparition
de Darren McGavin qui fut, entre bien autres
choses, Kolchak the Night Stalker envers
qui Chris Carter avoua toujours une grande admiration
et qui constitua une des principales sources
d’inspiration des X-Files. Quelle
grande idée et quel bel hommage ! Sa
rencontre avec Duchovny fonctionne totalement
et résonne comme un passage de témoin,
tant entre interprètes qu’entre
personnages. On devine que Mulder va s’empresser
de passer aux affaires non classées ! Ainsi
va cette saison 5, certes composée en
patchwork, mais relevant haut la main le défi
de la faible présence des interprètes
principaux retenus par Fight The Future
et faisant de nécessité vertu
en déployant des trésors d’imagination.
Encore une fois on oublie totalement l’absence
de Gillian Anderson, ce qui, on en conviendra,
ne représente pas un mince exploit !
Arthur
Dales était un personnage trop formidable
pour que Chris Carter s’en tienne là
! Il le fera revenir dans Agua mala,
puis l’inouï The Unnatural.
À
noter un gag très étrange : avec
son imperméable, sa cigarette et sa coupe de cheveux, Mulder ressemble ici étrangement
à l'Homme à la Cigarette ! On remarque
aussi qu’il porte une alliance, mais que
les fans de la relation Mulder/Scully se rassurent,
il s’agit bien de celle de Duchovny !
Autres temps…
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16.
L'ŒIL DE L'ESPRIT
(THE MIND'S EYE)

 
Cet
épisode détonne clairement vis-à-vis des précédents.
Même si l'idée de base paraît
astucieuse, elle a été traitée
ailleurs, avec quelques variations, d'une
manière bien plus intense (Souvenirs
d'oubliette). Ici, l'histoire met beaucoup
de temps à évoluer une fois
indiqué le postulat, ce qui nous vaut
une succession d'entretiens Mulder/Marty,
certes individuellement réussis, mais
à force répétitifs. Il
ne se passe pas grand chose entre Mulder et
Scully, qui n'ont que quelques scènes
minimalistes ensemble. De plus, on remarque
que Mulder s'étonne d'entendre Pennock
lui reprocher son scepticisme alors même
qu'il vient d'en manifester un étonnant
d'exemple dans Patient X. Non seulement
cette idée ne fonctionne que très
médiocrement, mais en plus seulement
par intermittence.
Ce
manque de nervosité de l'intrigue se
voit renforcé par la mise en scène
un peu en retrait de Kim Manners, dynamisant
moins l’épisode que de coutume.
Même les effets spéciaux, une
des grandes forces de la série, se
révèlent ici peu heureux, les
visions de Marty demeurant laides et sans
cachet. Pour toute dire on goûte assez
peu cette incursion très prononcée
dans le domaine policier (on voit même
un assistant du procureur intervenir dans
une scène caricaturale au possible).
Les X-Files ont désormais
acquis leur propre ton, développé
leur propre univers, et l'on ne comprend pas
vraiment l'intérêt de s'aventurer
dans du policier hyper classique et peu relevé,
avec un argument fantastique tenant davantage
du prétexte qu'autre chose.
Fort
heureusement, l'épisode bénéficie
du renfort de comédiens que l'on aime
beaucoup : le vétéran et toujours
excellent Blu Mankuma (déjà
vu dans Ghost in the machine) dont
le métier permet de donner une dimension
supplémentaire au Détective Pennock,
personnage sinon dépourvu de toute
originalité, et surtout Lili Taylor
(Mystic Pizza, Six Feet Under...).
Celle-ci réalise une reconstitution
particulièrement convaincante de la
cécité mais sans se limiter
à ce déjà fort bel exploit.
Elle compose en effet un formidable personnage
féminin (une fois de plus dans cette
série) dont le courage et l'esprit
combatif forcent l'admiration, de même
que la volonté d'assumer ses actes.
Le
récit a l'habilité de ne pas
faire d'elle une victime, bien au contraire.
Ce n'est pas si souvent que l'on vainc Mulder
au concours de vannes et Marty y arrive haut
la main grâce à son humour caustique
apportant une vie dont l'épisode a
terriblement besoin. C'est grâce à
Lili que, dans sa toute dernière partie,
l'épisode trouve un second souffle
grâce à cette idée émouvante
d'une aveugle de naissance découvrant
le mystère et la beauté de la
vision, pour s'enfoncer de nouveau dans la
nuit de son propre chef. Malheureusement,
comme lors du très indigeste Si
j'étais toi où elle retrouvera
Duchovny, son beau talent ne suffit pas à
sauver cet épisode trop long à
éclore, mais lui permet d'éviter
une catastrophe absolue.
L'auteur,
le très imaginatif Tim Minear, saura
par la suite épurer et dynamiser son
écriture et fera les belles heures
de Angel, Firefly, Wonderfalls...
On
note au cours du récit plusieurs clins
d'œil à la première affaire
O.J. Simpson, qui vient alors de défrayer
la chronique.
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17.
L'ÂME EN PEINE
(ALL SOULS)

Ce
fascinant et superbe épisode prolonge
brillamment la thématique d’Emily,
en s’inspirant fort heureusement de
la première partie de ce double épisode
inégal.
En
effet, il s’attache de nouveau à
explorer la psychologie si richement dessinée
de Dana Sully, à travers sa douleur
devant la perte de son enfant et sa profonde
relation avec la foi catholique. L’ensemble
ressort écrit très subtilement,
en évitant toute espèce de caricature.
Le récit se voit également magnifié
par le jeu particulièrement sensible
et émouvant de Gillian Anderson, principalement
mise en avant ici, et qui réalise à
cette occasion une de ses prestations les
plus subtiles. Elle est servie par la structure
narrative de l’épisode, qui recourt
de nouveau à la technique si efficace
du flash-back narratif, ce qui nous vaut plusieurs
scènes très touchantes
au confessionnal, notamment une sublime conclusion
sur le deuil.
Assez
inévitablement Mulder (toujours accro
au porno) se voit relégué au
second plan. Cependant, même si son
registre sceptique apparaît moins riche
que la palette d’émotions ressenties
par Scully, il fonctionne ici beaucoup mieux
qu’envers la Conspiration. En effet,
Mulder s’est toujours montré rétif
devant le fait religieux (sauf lorsqu’il
s’agit de pleurer Samantha…),
on devine sa méfiance naturelle s’exacerber
devant toute vérité révélée.
Sa passion envers le paranormal se heurte
également à la relecture globalisatrice
et finalement rationaliste qu’en effectue
aujourd’hui l’Église. Ceci débouche
au cours du récit sur l’inversion
déjà observée dans Patient
X, mais fonctionnant avec davantage d’acuité
et de pertinence.
L’épisode
ne s’attache pas uniquement à
la personnalité de héros figurant
décidemment parmi les personnages de
série télé les plus subtilement
et profondément écrits, mais
nous offre une intrigue fantastique particulièrement
relevée par son intervention directe
du Divin. Au cinéma, comme en
littérature ou à la télévision,
ce genre d’histoire comporte toujours
une dimension supplémentaire, voire
transcendante pour peu que la qualité
et l’ambition soient au rendez-vous.
Et Dieu sait que c’est le cas ici !
Spotnitz et les autres auteurs vont chercher
leur inspiration dans le mythe si passionnant
des Séraphins et Néphilims qu’ils
retranscrivent avec virtuosité
et sensibilité.
La
mise en scène d’Allen Coulter
demeure également très efficace,
bénéficiant des apparitions
réellement spectaculaires du Séraphin
et de l’image aussi morbide qu’esthétique
de ces jeunes femmes foudroyées, une
des plus inoubliables de la série.
On pénètre ici dans une atmosphère
évoquant très clairement MillenniuM,
l’autre grande série de Chris
Carter. Mark Snow et sa musique réalisent
encore des miracles ! La fausse piste menée
loin dans l’épisode s’avère
redoutable… Les apparitions d’Emily
ponctuent superbement le récit, évitant
toujours d’en faire trop, le grand péril
de ce genre d’exercice. La séparation
définitive avec une Scully la laissant
partir reste un grand moment.
L’interprétation
des seconds rôles se montre également
au diapason, avec un triple numéro
d’Emily Perkins (Ginger Snaps, Juno)
forçant l’admiration. Se détache
également Glenn Morshower, qui campera
un autre Aaron dans 24h Chrono (un
clin d’œil des auteurs de cette
série ?), le Prétorien constituant
un des rares alliés sûrs de Jack
Bauer. Il compose ici un Satan particulièrement
convaincant, aussi habile dans la ruse qu’impitoyable
dans la violence. On note à cette occasion
la seule faute de goût de cet épisode
particulièrement abouti : les cornes
du Diable se reflétant sur le sol.
Cela paraît quelque peu enfantin, mais
il fallait bien un indice à Sully alors
que même Mulder n’y avait vu que
du feu ! Avoir mené l’enquête
avec le Malin sans se douter de rien restera
parmi les plus grandes contre-performances
du meilleur agent du FBI…
Si
l’univers des Néphilims vous
intéresse, allez jeter un œil sur
le jeu de rôle homonyme, superbement
écrit et très évocateur.
La série des « En remorquant
Jéhovah » de James Morrow introduit
également le Divin dans le fantastique
avec une Diabolique malice !
Assez
inexplicablement, (sans doute l’intervention
divine dans l’univers très SF
des X-Files n’a-t-elle pas convaincue
le public), cet épisode connaît
l’audience la plus faible de la série.
Bon, avec 13,4 millions de spectateurs, tout
est relatif !
18.
LES NOUVEAUX SPARTIATES
(THE PINE-BLUFF VARIANT)

 
Ne
touchez pas aux réglages de votre
téléviseur, vous êtes
bien en train de regarder un épisode
des X-Files…
Cette
histoire surprend car elle se rapproche
bien plus d’un récit très
classique mêlant des thématiques
de police et espionnage (symbolisé
par l’alliance du FBI et de la CIA)
que d’un épisode des
X-Files. On assiste ainsi à
une totale absence de surnaturel, tandis
que le complot suggéré ne
se rattache même pas véritablement
à la Conspiration (comme dans Les
Bandits Solitaires). Tout juste distingue-t-on
une reconstitution de la paranoïa
propre à la série. Pour
le reste nous avons droit à un
véritable catalogue de clichés
des deux genres : agents doubles, attaque
de banque hyper nerveuse, collègue
qui doute de l’autre, mais demeure
solidaire devant l’autorité,
mais en fait l’autre est en service
commandé, intrigue relativement
complexe, manipulation des individus…
Rien qui ne constitue des éléments
particulièrement identifiants,
moult fois vus ailleurs. L’amateur
de science-fiction, et des X-Files
tels que nous les connaissons depuis très
bientôt cinq saisons échues,
se demande ce qu’il fait là
et d’où peut bien sortir
ce proto épisode de 24h Chrono.
Certes,
ce n’est pas pour autant que l’on
s’ennuie en regardant Les nouveaux
spartiates. Intrigue, musique et
réalisation demeurent des modèles
d’efficacité, tandis que
le défilé de gueules pittoresques
chez les terroristes reste très
amusant. De plus, les auteurs, comme sentant
bien la faiblesse de leur propos, s’efforcent,
non sans succès, de le pimenter
par quelques coups d’éclat,
maintenant éveillée l’attention
du spectateur. Le somptueux parc, les
masques rigolos, la scène d’épouvante
du cinéma (les artistes de la série
s’en donnent à cœur
joie), l’étrange décor
à l’abandon où se
réunissent les Spartiates constituent
autant de faits hauts en couleurs destinés
à faire oublier la grisaille de
l’histoire. On note également
une guest star de luxe avec le toujours
impressionnant Sam Anderson (Lost,
Angel, Urgences, Picket Fences…)
dans un rôle finalement très
proche de l’inoubliable Holland
Manners de chez Wolfram and Hart. On en
frémit ! Au total l’épisode
paraît loin de représenter une
catastrophe, il s’en faut de beaucoup,
simplement quand on regarde les X-Files,
c’est pour retrouver Mulder et Scully,
pas Jack Bauer et Chloe O'Brian.
Le
rôle de la jeune caissière
est tenu par la fille de Tom Braidwood,
assistant de direction important des X-Files
et de MillenniuM, «
accessoirement » interprète
de l’inénarrable Melvin Frohike.
Kate Braidwood est apparue dans deux autres
épisodes ; les X-Files
étaient une grande famille !
Scully,
you have to believe me. Nobody else on this
whole damn planet does or ever will. You're
my one in five billion.
Cet
épisode particulièrement virtuose
se révèle un aussi troublant
que terrifiant voyage au pays du cauchemar.
Dans un premier temps, l'histoire, suprêmement
habile, distille savamment l'ambiguïté
entre surnaturel et folie, autour du personnage
de Gary Lambert.
Mais
Vince Gilligan ne se contente pas de cette
interrogation certes brillante mais à
l'issue prévisible, après tout
nous sommes dans les X-Files ! Il
apporte une dimension supplémentaire,
tout à fait déstabilisante par
sa description de la folie, dans laquelle
le paranormal agit uniquement comme facteur
déclenchant.
Car
Gary Lambert n'est pas un héros comme
David Vincent qui, après avoir aperçu
l'horreur derrière le voile rassurant
de la vérité consensuelle, se
montre capable d'une riposte rationnelle.
Dépourvu du statut de héros,
sa fuite dans l'irrationnel, explicitée
par Mulder, nous touche d'autant plus qu'il
s'agit d'un simple individu comme nous. Son
basculement se voit traduit par une grande
conviction grâce au jeu très
ardent de Brian Markinson (Dark Angel,
The L World), mais aussi par une mise
en scène au terrible impact de l'un des
monstres les plus terrifiants de la série
et des maquillages de zombie méphitiques
à souhait, bien supérieurs à
ce que l'on a pu souvent voir sur grand écran.
En patron sympathique et sincère, John
Apicella accomplit également une belle
performance, accroissant le doute sur la nature
paranormale de l'affaire.
Les
jeux de lumière, les gros plans sur
les visages et les travellings concourent
efficacement à cette atmosphère
de cauchemar éveillé, portée,
sublimée par la musique d'un Mark Snow
toujours incroyable. L'épisode se double
aussi d'une critique caustique de l'entreprise
moderne, de ses open-spaces déshumanisants
comme de son management méprisant,
au mieux paternaliste. Univers déshumanisant,
folie et individus insectoïdes, les auteurs
nous offrent en fait une variation « X-Filienne
» très aboutie de Kafka, un immense classique
à lire et à relire.
L'intrigue
se montre toujours plus ambitieuse en décrivant
de manière très parlante cette
fameuse folie à deux, soit la transmission
du dérèglement mental de Lambert
à Mulder. Notre héros évolue
ainsi au fil de l'épisode selon un
dégradé aussi terrifiant qu'inexorable. De prime abord sceptique, Mulder
voit d'abord son intention éveillée
par un détail lié aux Dossiers
X relevant comme d'une idée fixe chez
lui, puis cette affaire l'intéressant
toujours davantage, il appelle Scully en renfort,
avant la rencontre avec Lambert (joli parallèle
avec la prise d'otage de Duane Barry, où
cette fois la conviction était partagée
au préalable).
Après
la révélation le cours des choses
s'accélère, et Mulder finit
par apparaître aussi instable (notamment
avec Skinner) et paniqué que Lambert.
Et ce alors même qu'il a traversé
sans défaillir tant de périls
insensés et jusqu'ici réservé
ces crises à Samantha et à ses
ennemis de la Conspiration ! La nature si hors
normes du monstre, plus effroyable encore
que le Flukeman, rend parfaitement crédible
cette évolution conduisant à
la scène terrifiante de l'hôpital,
filmée comme une pure abomination onirique.
Nous
sommes bien ici face à l'un des épisodes
les plus inquiétants et fascinants
de la série, où l'effondrement
de Mulder, raconté comme un pur cauchemar
paranoïaque, terrorise davantage que
le Monster of the week lui-même.
Ultime exploit du récit, celui-ci nous
montre comment la contagion vient finalement
se briser sur les murailles du cartésianisme
de Scully, après avoir ici également
semé habilement le trouble : autopsie
jouant le rôle de catalyseur telle la
phrases « se dissimuler dans la lumière
» pour Mulder, paroxysme final de la
scène de l'ascenseur... C'est bien
grâce à l'obstination raisonnée
de notre héroïne que le cycle
infernal se trouve finalement brisé.
On a assez raillé le scepticisme scientifique
de Scully tout au long de ces cinq saisons,
tout en célébrant l'ouverture
d'esprit de Mulder, pour ne pas saluer cette
audace ressentie comme une justice enfin rendue !
Les Affaires Non Classées c'était
un travail d'équipe, rappellera fort
justement Mulder dans I Want To Believe...
On
remarque que Mulder porte encore des attelles
suite à ses doigts brisés par
les Spartiates, c'est à ce genre de
petit détail que l'on devine qu'une
série est écrite avec sérieux !
Mulder
évoque le Syndrome d'Helsinki, alors
qu'il s'agit de celui de Stockholm !
La
"folie à deux" n'est pas un terme choisi
au hasard, il recouvre une forme de démence
partagée (expérience commune
de schizophrénie), syndrome étudié
et traité en psychiatrie.
Roger
R. Cross (24h Chrono) réalise
sa quatrième apparition très
efficace dans la série, toujours dans
un rôle de policier !
Enfin,
on s'autorisera un petit instant d'émotion
lorsque l'épisode nous offre encore
un superbe paysage de la région de
Vancouver. Encore 50 minutes et ce sera la
Fin !
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20.
LA FIN
(THE END)

  
La
Fin, comme ultérieurement
Le Commencement lançant la saison
6, souffre d’un cahier des charges
très contraignant : introduire Fight
The Future sans empiéter sur
son déroulement, clore la période
Vancouver.
On
y retrouve donc les défauts traditionnels
des épisodes de présentation
: très longue exposition des nombreux
nouveaux personnages (Fowley, Gibson Praise,
Spender qui connaît ici son vrai lancement)
et sacrifice concomitant de l’intrigue,
celle-ci se résumant ici à
peu d’éléments. L’espace
s’étendant entre la scène
de début et l’accélération
finale demeure bien trop statique et prolongé.
Heureusement, il se ponctue de quelques
moments forts, comme les si chaleureuses
et émouvantes retrouvailles des membres
de la Conspiration et du Fumeur. Pour son
retour dans la série, à l’issue
d’une cinquième saison dont
il fut quasiment absent, William B. Davis
remporte encore la partie grâce à
une composition foudroyante d’intensité
et de talent. Un authentique récital.
La dimension supplémentaire que l'Homme
à la Cigarette, et son interprète,
octroient à la série s’avère
décidemment indéniable. On
observe également que l’association
très improbable entre Le vieil Honorable
Anglais madré et raffiné avec
le jeune Américain impulsif et sanguinaire
fonctionne en fait à merveille. Dommage
qu’elle doive si vite prendre fin…
La trouvaille des messages insérés
dans des emballages de Morley s’avère
une très bonne idée !
Mais
l’intérêt de l’épisode
semble surtout résider dans
la qualité et la profondeur pour
la présentation desquelles il sacrifie
son intrigue. Tout en représentant
une intrigante énigme, Gibson nous
émeut tant il paraît fragile face
aux prédateurs le convoitant. Ses
scènes avec Mulder, et surtout avec
Scully, s’avèrent touchantes
et subtilement écrites. Bien loin
de se poser en comparse ou en simple utilité,
Spender existe et s’impose avec des
sentiments et des tourments à fleur
de peau. Malgré son côté veule
et arriviste, on ne peut s’empêcher
de le prendre en pitié face à
son incompréhension devant
cet univers étrange et inquiétant
pour le quel il n’est visiblement
pas taillé. Le voir autant dominé
par Mulder devient presque pénible,
surtout que la révélation
paternelle n’occasionne qu’un
trauma supplémentaire et qu’il
s’apprête à tomber dans
les crochets d’une redoutable mante
religieuse.
Car
la grande révélation de La
Fin demeure bien entendu l’entrée
en scène de Diana Fowley, qui va
bientôt devenir l'être le plus
universellement honni de la série.
N’en déplaise à ses
détracteurs (détractrices)
le personnage montre de solides qualités
personnelles, dont le charisme et l’intelligence
non dénuée de cynisme, avec
une Mimi Rogers lui apportant une présence
et une autorité très naturelles.
C’est
bien à une adversaire d’une
toute autre trempe que la fugace Phoebe
Green qu’est désormais confrontée
Scully, d’autant que Mulder (qui conserve
inutilement un piteux silence sur son passé
avec Fowley) semble décidemment toujours
très proche de ses ex ! Le match
débute d’ailleurs d’emblée
avec une Diana débinant Scully en
toute solidarité auprès de
Mulder et tâchant de se placer (ce
n’est pas gagné) tandis que
Scully interrompt la discussion sur l’affaire
en cours pour interroger les Bandits Solitaires
à propos de sa rivale ! Quoiqu’elle
s’en doutait visiblement déjà,
sa mine quand lui est révélée
cette relation passée vaut le coup
d’œil (jolie performance de Gillian
Anderson). Prudemment, les Bandits Solitaires
s’abstiennent de tout commentaire…
Hélas,
ces personnages demeurent essentiellement
pour l’instant à l’état
de promesses, et ne contrebalancent que
partiellement la vacuité de l’histoire.
L’épisode est cependant
sauvé grâce à une brusque accélération
en fin de parcours, où l’on
retrouve enfin comme un écho du rythme
infernal du triptyque Anasazi.
Le parallèle entre la partie d’Échecs
initiale et la partie remportée par
le Fumeur aux dépends de Mulder reste
fort bien troussé. Malheureusement
l’épisode ne se conclut pas
par l’époustouflant cliffhanger de rigueur, car bien entendu le public de Fight The Future ne devait pas
se limiter aux fidèles de la série
! La déchirante scène finale
n’y pallie pas intégralement,
malgré un grand Duchovny.
Ainsi
se conclut cette cinquième saison
comportant nombre d’excellentes surprises,
mais surtout la première période
de la série car Fight The Future
a déjà été tourné
à Los Angeles. Les X-Files,
même s’ils vont perdurer et
parfois trouver de nouvelles inspirations
en Californie, vont laisser une partie de
leur âme entre les sublimes et impénétrables
forêts canadiennes, les inaccessibles
montagnes et la si paisible et raisonnable
cité de Vancouver, au climat perpétuellement
gris et pluvieux, où l’irruption
du paranormal ne s’y manifestait qu’avec
d’autant plus d’impact. Quand
j’évoque la série c’est
toujours cette atmosphère que je
retrouve, bien davantage que la suivante en
tout cas. L’épisode salue élégamment
cette cité en y débutant explicitement,
pour la première fois, avec 12 000
fans locaux spécialement conviés
à la scène initiale, et plus
tard en tournant plusieurs vues du Vancouver
Science World. Mais il en faudra bien plus
pour calmer la légitime ire de ses
habitants, qui forcera encore Duchovny à
s’en expliquer quand I Want To
Believe viendra y prendre ses quartiers
!
Après
le générique, on apprécie
également le post-it dédié
à Samantha sur le poster légendaire
et les photos de Tooms et de Duane Barry
sur le mur du bureau. Une manière
raffinée de faire le bilan au moment
où la page se tourne. Le spectaculaire
incendie s’explique également
par cette migration. Le décor devant
être détruit puis reconstruit
à Los Angeles, Carter craignait que
les fans les plus intégristes de
la série ne s’indignassent
des inévitables différences.
L’excuse est ainsi toute trouvée
pour justifier les modifications !
TOP
5 SAISON 5
1)
Les Bandits Solitaires
2) Prométhée
post-moderne
3) Le shérif
a les dents longues
4) Folie à deux
5) Compagnons de route
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Crédits
photo : FPE.
Images
capturées par Estuaire44.
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